mardi, mars 30, 2010

Franco Phil: la baladodiffusion du 26 mars

Je n'ai toujours pas eu le temps de trouver une nouvelle méthode d'archivage des baladodiffusions, car le site habituel fait des folies. En même temps, et très simplement, le site de CIBL vous permet de télécharger l'émission, ou alors de l'écouter en streaming. Il s'agira par contre d'un seul fichier d'environ 2 heures, avec les publicités de la station. Après écoute, il y a quelques soubresauts du son, mais ça s'évapore par la suite. Au menu:

Première heure
- Marie-Pierre Arthur (Elle)
- Francis d'Octobre (L'Homme à la mer)
- La Patère rose (Duet Tacet)
- Tricot Machine (Défier les rites)
- Bruno Rodéo (Country Boy)
- Jeanne Cheral (Mon corps est une cage)
- Stacey Kent (Au coin du monde)
- Benoît Paradis (Le Printemps)
- Gigi French (Adieu, au revoir, bye bye)
- Émilie Proulx (Chasser l'ennui)
- Les Frères Goyette (Tenessee)
- Frederic Gary Comeau

Deuxième heure
- Karma Atchykah et Paul Cargnello (Ne pleure pas)
- Lac Estion (À l'abandon)
- Karkwa (Marie tu pleures)
- Karkwa (Moi-Léger)
- Moussette (Feuilles vertes)
- Gaëtan Roussel (Mon nom)
- Vulgaires Machsin (Parasites)
- Payz Play (Il était 2 fois)
- Rocé (Carnet de voyage d'un être surplace)
- Sandie Trash (Tes cuisses)
- Jesuslesfilles (Fous le camp)
- Radio Radio (Dekshoo)

Téléchargez la baladodiffusion en cliquant ici. Bonne écoute!

Karkwa - Musiciens de grands chemins




Des kilomètres et des kilomètres de territoire sont passés sous les roues et sous les ailes de la formation montréalaise Karkwa depuis la parution de son troisième disque, Le Volume du vent, il y a deux ans. De Montréal jusqu'au Liban, en passant par la France, les cinq rockeurs ont usé leurs bottines jusqu'à la corde — au paradis, paraît-il, c'est pas la place pour les souliers vernis. Mais la route, grand paradoxe, c'est aussi parfois l'enfer, c'est un terrain glissant, épuisant autant qu'inspirant.

Leur plus récent disque, d'ailleurs enregistré en France dans les creux de tournées, s'intitule Les Chemins de verre. «Dans un camion de glaise, la braise sur le moteur / Mutants couverts de terre à l'intérieur / Nos dents fines et longues déchirent le décor / nos yeux vides et froids escortent la mort», dit la pièce-titre du quatrième disque disponible en magasin aujourd'hui, aux allures davantage folk et bercé de nombreuses voix, plus aiguës que par le passé.

Dans les gros et vétustes sofas moelleux de leur local de pratique, le chanteur et guitariste Louis-Jean Cormier, le claviériste François Lafontaine, le bassiste Martin Lamontagne et le batteur Stéphane Bergeron se tournent tous vers le percussionniste Julien Sagot, auteur des Chemins de verre. «Je nous trouvais dégueulasses quand j'ai écrit ça, je nous trouvais comme des grosses bibites, qui dépensent du gros gaz, raconte-t-il. On sort, on est puants, on s'en va faire des shows, on boit, on fume, on se la pète. Un moment donné, ça me répugnait. Il y avait des coins magnifiques et des coins fragiles, et c'était comme si on brisait ça.»

Tout le monde hoche la tête. «C'est un terrain glissant aussi, ajoute Louis-Jean Cormier. En même temps que nous autres on dépérissait, qu'on devenait cernés, blanc-gris, il y avait un amour grandissant du public. Plus ça allait, plus les salles étaient pleines, plus on jouait, tremblotants, fébriles, et les gens nous prenaient un peu pour des héros. C'était bizarre, un osti de paradoxe pareil...»

Enregistrer sur la route
C'est dans les quelques temps morts de sa tournée en France que le groupe a enregistré la majorité de l'album, au studio La Frette, une espèce de manoir imposant dans les environs de Paris. Et question de sortir de leurs ornières, les créateurs d'Échapper au sort et d'Oublie pas ont décidé d'arriver en studio sans faire de préproduction, sans préparation. Quelques bouts de guitare en tête ici, un motif de piano là, c'est tout.

Chacun de la vingtaine de jours passés là-bas a permis d'accoucher d'une chanson. «Il fallait capter le moment, là, sur place», explique Stéphane, tambourinant sur le sofa avec ses baguettes de bois. «On faisait une structure, et on enregistrait, avec qui voulait bien participer aux premiers essais, détaille Cormier, aussi réalisateur de Douze hommes rapaillés, le disque-hommage à Gaston Miron. Des fois c'était percussion-guitare, des fois piano-basse, des trucs un peu bizarres. Et s'il y avait deux gars qui enregistraient, les autres étaient la plupart du temps dans la régie, écoutant, prenant des décisions.»

À cinq musiciens branchés en même temps, tout le monde se force pour trouver quelque chose à jouer, raconte François Lafontaine, qui signe encore la plupart des musiques de l'album. Ici, donc, Karkwa a laissé de l'air, a épuré, simplifié. Très folk, Marie tu pleures a «des allures de Give Peace a Chance», dixit Cormier, la ténébreuse Dors dans mon sang ne tient pratiquement qu'au piano, alors que Moi-léger est cousu d'une délicate guitare et d'un piano aérien.

«Avant, on faisait des pistes de base, et par la suite, la piste prenait le bord et on partait ailleurs. Là, si c'est la guitare du début qui porte la chanson, ça finissait là», explique Lafontaine.

Des voix, mais pas de frontières
Le résultat de cette réalisation, c'est que Karkwa avait de l'espace pour les voix, plus présentes encore que sur Le Volume du vent. En plus des cordes vocales de Cormier, Lafontaine et Sagot, en multiples couches, on entend par-ci la voix de leur ami Patrick Watson, et aussi celle d'Émilie Laforest, qui tient ici un peu le rôle de Marie-Pierre Arthur.

«Avant on trouvait qu'on avait une bonne chimie, mais là, je trouve que c'est une espèce de trip de groupe, lance Louis-Jean. Beaucoup de voix, on dirait que ça amène cet aspect-là. Les Beach Boys, les Beatles, les groupes Motown...»

La main au menton, François Lafontaine l'interrompt. «T'as beau faire l'album le plus "pété" qu'il y ait, la majorité des auditeurs s'attachent surtout à la voix. Moi, je trouve que cet aspect-là est très important. Et on l'a vraiment mis en évidence, on est allés à fond là-dedans.»

Si Karkwa veut certes aller chercher de nouveaux auditeurs, le dernier-né du groupe n'est pas racoleur, et va plutôt chercher un son qui pourra traverser les frontières. «Le côté barrière de langue peut prendre le bord, croit Cormier. Comme pour Trompe-l'oeil, de Malajube, qui a eu un rayonnement à l'international assez impressionnant.»

Loin d'être riches malgré leur bonne réputation et les trophées — «On les a déjà tous!», dit en rigolant Sagot —, les trentenaires, dont trois pères, font le pari depuis plusieurs mois de réinvestir leurs profits dans les tournées, en Europe surtout. «On vit pas richement, on survit; on ne peut pas s'acheter de REER, dit Bergeron. Mais on fait le pari qu'investir dans les autres marchés, ça peut nous rapporter plus gros.» La route, alors, risque de s'étirer encore longtemps devant eux.

lundi, mars 29, 2010

Puissance d'antenne: CIBL a besoin de votre appui

CIBL est une radio formidable, qui fait écho à l'intelligence et à la curiosité des Montréalais. Pour des raisons techniques, trop d'entre nous ne réussissent pas à la capter sur nos radios. Il y a plusieurs mois -- voire années! -- déjà que le 101,5 FM travaille à l'amélioration de la qualité de son signal. L'heure est venue d'en augmenter la puissance, pour qu'enfin les auditeurs puissent l'écouter sans tracas.

C'est exactement à ce moment où vous entrez en jeu, lecteurs, lectrices, auditeurs et auditrices de Franco Phil habitants sur l'île de Montréal. Pour convaincre le CRTC du bien-fondé de notre demande d'augmentation de puissance, il est extrêmement important que tous ceux parmi vous qui ne recevez pas de manière satisfaisante notre signal nous écrivent une courte lettre expliquant pourquoi vous aimeriez enfin nous capter, en mentionnant votre lieu de résidence -- ou votre lieu de travail, si c'est là que vous ne nous entendez pas.

Comme à CIBL on est quand même bon pour vous, on vous propose un modèle sommaire à télécharger avec quelques arguments, que vous pouvez reprendre en partie ou en totalité. Sinon, laissez parler votre coeur et votre raison, diantre.

Vous pouvez envoyer votre lettre signée à l'attention de Sarah-Geneviève Perreault au 1691 Pie-IX, Montréal, Qc H1V 2C3, ou à l'adresse courriel administration@cibl1015.com avant le 9 avril.

C'est un geste personnel qui aura des effets collectifs. Je vous en remercie d'avance.

jeudi, mars 25, 2010

Vidéoclip: La Patère rose - Duet tacet

Il était temps que La Patère rose lance son plus récent clip, puisqu’il se déroule en plein hiver, alors que Dame Nature avait encore sur le dos son blanc manteau -- quelle poésie, n'est-ce pas.

Le titre Duet Tacet est un des plus beaux morceaux du disque de La Patère rose, une pièce un peu cachée dans le dernier tiers de l'album. C'est tout simple, pratiquement que du piano et de la voix, avec un texte sur la jalousie.

Olivier Picard et David Pierrat ont réalisé le vidéoclip. Le duo a entre autres dans leur C.V. les vidéos pour Oublie pas, de Karkwa, Pawnsheüp et Pow Pow té mort de Gatineau et Beau comme on s'aime de Yann Perreau. La trame narrative tient à une marche triste, et à un piano qui brûle comme un coeur jaloux.

La patère rose Duet Tacet from Dare To Care Records on Vimeo.

Francouvertes: les détails des demi-finales

La deuxième ronde des Francouvertes, les demi-finales, va avoir lieu trois jours consécutifs, les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 avril, toujours au Lion d'Or. Les soirées débutent à 20h, et il en coûte 8 $ par billet. Une aubaine.


Les compteurs y sont remis à zéro. Il n'y a donc pas d'impact des résultats en préliminaires sur la suite des choses. Un nouveau jury et le public auront encore une fois chacun 50 % du poids du vote. Les chances sont donc les plus égales possible, seules les performances feront la différence.
Les artistes ont visiblement été séparés en soirées thématiques, ou ce qui s'en rapproche le plus avec un choix de 9 artistes qui ont aussi parfois d'autres concerts à leur agenda.

12 avril: Bernard Adamus // Caloon Saloon // Micros Armés
13 avril: Louis-Philippe Robillard // Monogrenade // Violett Pi
14 avril: L'Ours // Philémon chante // Alex Nevsky

Le jury de l'industrie sera composé de : Michel Faubert (auteur-compositeur-interprète), Nicolas Tittley (Musiqueplus), Eli Bissonnette (Grosse Boîte), Cynthia Bellemare (Conseil des Arts de Montréal), Jenny Thibault (FME – Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue), Michel Cécyre (Bande à part – Radio-Canada), Mylène Tapp (9e Vague) et Philippe Renault (Rue Frontenac.com). Les membres doivent s'abstenir de voter lorsqu'ils sont en conflit d'intérêts, du genre Eli Bissonnette ne votera pas pour Adamus.

** Crédit photo: Louis-Étienne Doré

mercredi, mars 24, 2010

Vidéoclip: Marie-Pierre Arthur - Elle

Ça fait quand même un petit bout de temps que je n’avais pas écouté Marie-Pierre Arthur. Son premier album éponyme a vécu sa vie dans mon iPod où ça bouge quand même pas mal selon les arrivages. Et ce n'est pas en écoutant le prochain Karkwa, qu'on l'entendra, puisqu'elle a été "remplacée" par une dénommée Émilie Laforest.

J'ai chipé sur le forum IndieQuébec le nouveau clip d'Arthur, pour la pièce Elle. Tout en noir et en blanc, le vidéo montre la chanteuse dans un état plutôt avancé de grossesse. On y voit aussi une multitude d'"elle", de jeunes femmes, prises de front, qui chantent. Ça fait penser à la finale de Black or White, de Michael Jackson, ou à peu près.

Critique: Antonio - Antonio 2

Instrumental
Antonio 2
Antonio
La Tribu / Dep

David Brunet, que l'on connaît d'abord comme réalisateur de disques (Coeur de pirate, Tricot Machine, Daniel Boucher), lance mine de rien son deuxième disque avec son projet de musique instrumentale Antonio. Brunet reprend là où son premier opus nous avait laissés, dans une trame sonore un peu western et psychédélique. Mais sur ce récent effort, tout explose: c'est une véritable fanfare sur le LSD. Le chef d'orchestre, ses 18 musiciens (beaucoup de cuivres) et quelque 25 choristes nous plongent quelque part entre la B.O. d'un film des années 1970 mettant en vedette Donald Pilon, du Ennio Morricone, des airs à la Mission impossible et les criardes voix féminines sur Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Les orgues vibrent rondement, les xylophones sautillent, le mélodica chante, les bongos jouent aux espions. Le tout n'est pas sans humour, mais est fait avec le plus grand sérieux. Il ne reste plus qu'à prendre ces 12 morceaux et de s'en faire son propre cinéma!

mardi, mars 23, 2010

Francouvertes, 7e et dernier soir

La fébrilité était au rendez-vous pour cette dernière soirée de la ronde préliminaire des Francouvertes. Dans le Lion d'Or, la foule était nombreuse et on y voyait aussi beaucoup des participants de l'édition, venus pour entendre le palmarès final.

C'est Bujo qui a lancé la soirée (et son nouveau EP, à télécharger au bujorock.com), avec un rock trempé dans l'électro. Malheureusement, les deux genres étaient amenés avec une touche très datée, et, à mon goût, pas des meilleures années. Sa pièce Qu'est-ce que t'en dis est peut-être celle avec la mélodie la plus accrocheuse, les autres souffrant du "syndrôme du manque de velcro". Le chanteur et son groupe talentueux ont donné une bonne dose d'énergie tout de même, même si à quelques reprises, les poses et les gestes trop maniérés me faisaient décrocher, tout comme certains textes plus maladroits. Points bonis pour le clavier tapé sur la guitare.

Précédé semble-t-il d'une bonne vibe -- faut croire que j'ai manqué celle-là -- Alex Nevsky, protégé de Yann Perreau et signé sur Audiogram, m'a déstabilisé. Parce que d'un part, le chanteur, pianiste et guitariste a montré hier qu'il pouvait composer des pièces touchantes, des chansons un peu fleurs bleues certes, mais qui s'écoutent plutôt bien. Et de l'autre, il avait l'air de se moquer, de jouer un personnage branchouillard, notamment sur L'Amour n'est pas un slogan, et son shalala-oh-oh aussi ridicule que savoureux. Chanteur bipolaire? Si la musique a été bien, il échoue où Damien Robitaille réussit. Nevsky a une bonne plume tout de même, mais pourrait la pousser davantage, et enlever au passage les bouts en anglais.

En clôture des Francouvertes, le groupe hip-hop Micros Amés était un peu nerveux, le genre musical ne faisant que rarement un tabac dans le concours. Et en plus, ça a commencé avec une panne de lecteur CD, donc pas de beats. Après quelques instants de panique, les 3 MC du groupe ont rapidement improvisés avec du beat-box et quelques textes spontanés, galvanisant une foule impressionnée par le réflexe de pro. Une fois les bogues réparés, Micros Armés a pris d'assaut la scène, et nous en donnant autant pour les yeux que pour les oreilles. Si les rythmes étaient convenus et un brin vétustes et les textes engagés stéréotypés, les rappeurs, la choriste, le bassiste, le DJ et les trois danseurs nous en ont mis plein la gueule. Brouillon? Certes. Mais ça sautait, ça claquait, ça vibrait.

Alex Nevsky et Micros armés ont réussi à se hisser dans le top-9, qui ira en demi-finale les 12, 13 et 14 avril, toujours au Lion d'Or. Voici les finalistes.

1. Bernard Adamus
2. Caloon Saloon
3. Monogrenade
4. Micros Armés
5. L'Ours
6. Louis-Philippe Robillard
7. Philémon chante
8. Violett Pi
9. Alex Nevsky

lundi, mars 22, 2010

Critique: Moussette - Le Club alpin

Rock
Le Club alpin
Moussette
Indépendant
Au formatage radiophonique et à l'aseptisation de notre musique pop et rock, la formation Moussette est un des baumes les plus efficaces du moment. Le quintette mené par le chanteur Michel Moussette et où figurent entre autres deux musiciens d'Avec pas d'casque (le frère du chanteur, Nicolas, et Joël Vaudreuil) offre avec Le Club alpin une proposition audacieuse, quoique tout à fait accessible. Empreintes d'une séduisante nonchalance, les pièces du quatrième disque de ce groupe jusqu'alors plutôt confidentiel n'ont pourtant rien de paresseux, oscillant entre une pop intelligente (Feuilles vertes), de fines envolées exploratoires (Les Panneaux solaires), du rock déconstruit à la sauce Labyrinthes, de Malajube, et des relents «stoner». On vous avertit, on n'entend que dalle des textes, pourtant très forts en images, chantés avec une voix fragile de circonstance. À écouter en ligne ou à télécharger pour quatre maigres dollars au www.moussette.bandcamp.com.
Philippe Papineau

Franco Phil: la baladodiffusion du 19 mars

Cette semaine à Franco Phil, on fait un clin d'oeil à Jean Ferrat, on propose du nouveau Tricot Machine, du nouveau Karkwa, on critique Moussette et Antonio, et on se trompe pleins de fois dans les heures. Au menu:

Première heure
- Michèle O. (Assise dans ma tête)
- Feber E. Coyote (Coeur coeur coeur)
- Tricot Machine (Trente ans hier)
- Antonio (Bichebeat)
- Nicolas Haas (S'abstenir)
- Les Trois Accords (Le Bureau du médecin)
- Jean Ferrat (La Montagne)
- Chocolat (Jean Ferrat)
- Jean-François Lessard (Toronto)
- Bernard Falaise et Frank Martel (Pachyderme guenille)
- Moussette (Les Ruisseaux)
- Lac Estion (Fais moi fuir)

Deuxième heure:
- Bujo (Qu'est-ce que t'en dis)
- Alex Nevsky (Mille raisons)
- Micros Armés (On représente)
- Karkwa (Les Chemins de verre)
- Le Husky (Dis-moi)
- Gaëtan Roussel (Clap hands)
- Les Vulgaires Machins (Pointer l'orage)
- Les Fidel Castrols (Le Bas de la ville)
- Gigi French (Expirer)
- Polipe (Régulier)
- Sandie Trash (Copyright)
- Bravofunken (Les Animaux)
- Mille Monarques (Coeur saignant)

Téléchargez la baladodiffusion en cliquant ici. Abonnez-vous aussi via iTunes en cliquant là. Bonne écoute!

dimanche, mars 21, 2010

Pierre Crube n'est plus un Mille Monarques

À suivre Mille Monarques, on a presque l'impression de visionner un épisode de Virginie, avec plein de rebondissements en peu de temps. Après le départ de la claviériste Annie Rousseau annoncé début février par le collègue Olivier Lalande, Franco Phil vous apprenait il y a un mois que c'était Pïerre Crube qui pianoterait les touches noires et blanches avec le groupe.

Rebondissement! Selon ce qu'à appris le chroniqueur du Voir Olivier Lalande, Crube a accroché ses claviers (ou alors il s'est fait accrocher ses claviers, ce n'est pas clair) et ne ferait plus partie de la formation. Le leader Mathieu Denoncourt invoque des différences d'objectifs.

Au Voir, le groupe a expliqué qu'il n'était pas certain de le remplacer. «C'est assez flou pour nous, encore. Si le Dieu des claviers nous envoie un de ses disciples, on va être bien contents! Sinon, on va patenter le band en conséquence», a commenté Denoncourt.

Faut croire que Crube n'a pas pigé le bon numéro. Excusez-la.

jeudi, mars 18, 2010

Critique: Espace émergence vol.1

Compilation
Espace émergence Vol.1
Artistes variés
http://www.espace-emergence.com/

Les amateurs de musique du champ gauche ont une nouvelle compilation d'artistes de la relève à se mettre sous la dent, intitulée Espace émergence, du nom du site Internet qui regroupe et vend en ligne les albums d'artistes indépendants sans contrat de disque. Vingt-quatre chansons sont rassemblées sur un disque double aux sonorités assez dispersées. On y trouve quelques noms un peu plus connus (Benoit Paradis, Ève Cournoyer, L'Indice, Les Frères Goyette), quelques belles découvertes (Archigéant, Chasing Bright Lights, Michèle O.), mais aussi beaucoup d'artistes qui sont encore plutôt verts, et pas toujours ou pas encore à la hauteur. Le problème est peut-être que cette compilation ne s'abreuve que des artistes inscrits au site Web, ce qui limite grandement les choix et n'offre pas un réel portrait de la scène actuelle. Le disque gratuit à commander au www.espace-emergence.com/ souffre en ce sens de la comparaison avec les défuntes compilations Québec émergent.

mardi, mars 16, 2010

Francouvertes, soir 6

Le Lion d'or débordait hier soir, alors que les groupes venus y compétitionner avaient rameuté leurs troupes. Il y avait tellement de monde que certains tentaient de s'asseoir à la table des jurys! Les têtes d'affiche de la soirée étaient Max Ricard, Viollett Pi et Bernard Adamus.

Max Ricard a commencé avec ce qui s'est révélé sa meilleure pièce, 111, chanson en deux temps composé de psychédélique et ensuite d'un magnifique bout de texte à la Desjardins. Alors pile dans le ton, Ricard a manqué de tonus pour la suite de la soirée, les autres morceaux étaient très timides, laissant de côté les explorations du début. Dommage. Même son titre Hochelaga, qui joue pas mal à CIBL, n'était pas à la hauteur des petites attentes que j'avais. La foule habituellement très attentive des Francouvertes était plutôt dissipée, rien pour aider Max Ricard, qui a tenu son bout jusqu'à la fin tout de même.

Violett Pi, drôle de bibitte échevelée à la barbe rousse, avait une partie du public avec lui, et a du moins piqué la curiosité des autres. Ses airs hip-hop-rock, avec quelques séquences électroniques étaient surprenants, essoufflant, mais ne laissaient pas indifférents. Y'a beaucoup de mots pour peu de temps, on en perd beaucoup, mais il réussit avec ses mimiques et ses textes assez sombres à se créer un univers. Malgré un manque d'originalité au niveau des sonorités, on a quand même aimé.

Le clou de la soirée était Bernard Adamus, attendu depuis que l'on sait qu'il participera aux Francouvertes. Sa présence est questionnée par plusieurs -- en a-t-il besoin, de ce concours --, mais comme son inscription a été faite dans les règles de l'art avant le boom qu'il a connu, il ne restait plus qu'à le voir jouer. Eh ben, c'était franchement très bon. Pas de sparages de sa part, pas de commentaires politiques, lui et ses cinq musiciens (banjo, contrebasse, percussions, trombone et une choriste) sont montés sur scène et ont joué leur chansons brunes et bringuebalantes avec brio. J'étais bien content d'avoir la version a capella de Rue Ontario, plus dans le ton. Une demi-heure de plaisir, le sourire accroché au visage, avec une foule vendue d'avance qui criait Bruuuuun la couleurr de l'amouuuurr.

En ce moment, les 6 premiers groupes du palmarès sont assurés d'être de la demie-finale.


Le top 9 actuel
1. Bernard Adamus
2. Caloon Saloon
3. Monogrenade
4. L'Ours
5. Louis-Philippe Robillard
6. Philémon chante
7. Violett Pi
8. Michèle O.
9. Jesuslesfilles

lundi, mars 15, 2010

Tricot Machine - Défier les rites

Le deuxième album de Tricot Machine n'est même pas encore en magasin (ce le sera demain 16 mars) que voici un premier clip, pour la pièce Défier les rites, "l'extra-terrestre" musical de cet album. Catherine Leduc trouve que quelque part, ce titre est l'équivalent de L'Ours, qui, avec son esprit plus folk, avec guitare acoustique, détonnait dans le premier disque.

Comme sur le CD, on retrouve la signature du duo, avec un petit extra, quelque chose de plus authentique. Il y a bien le bouillon de lainage, mais il y a aussi ces pas de danse et ses mimiques qu'on les imaginerait faire sur le dancefloor du Latulipe à 2h du mat.

En tout cas, ici, pas question de peaux de lièvres, et surtout pas de peaux de chagrin, mais plus de peau de matou, qui aura la leur.

Tricot machine Défier les rites from Dare To Care Records on Vimeo.

Franco Phil: la baladodiffusion du 12 mars

Cette semaine à Franco Phil, on vous parle du nouveau Tricot Machine, on se trompe de chanson de Xavier Caféïne et on le corrige même pas en ligne, et on écoute du nouveau Karkwa, du récent Jean-Louis Murat et on se fait plaisir avec du vieux Band de garage et du Gatineau. Au menu:

Première heure:
- Lac Estion (À L'Abandon)
- Malajube (Ursuline)
- Mickey 3D (Playmobil)
- Jean-Louis Murat (M. Maudit)
- Bernard Falaise et Frank Martel (Le Samouraï)
- Tricot Machine (Défier les rites)
- Yves Desrosiers (Le Chanteur devant le micro)
- Yan Perreau (Le plus beau rêve)
- Karkwa (Les Chemins de verre)
- Lèrang (Parmi)
- Feber E. Coyotte (Ode à Régis)

Deuxième heure
- Max Ricard (Hochelaga)
- Viollett Pi (Biscuit Chinois)
- Bernard Adamus (La Question à 100 $)
- Moussette (Les Fauves)
- Navet Confit (Quatre jours par semaine)
- Xavier Caféïne (L'aéroport... euh non... Corbeaux)
- Band de garage (Sunbird)
- Gatineau (Rap Maudit)
- Radio Radio (Guess What?)
- Les Dales Hawerchuk (J'écoeuré)
- Les Vulgaires Machins (Presque complet)
- Fred Fortin (Le Mur)

Téléchargez la baladodiffusion en cliquant ici. Abonnez-vous aussi via iTunes en cliquant là. Bonne écoute!

dimanche, mars 14, 2010

Entrevue: Tricot Machine - Après l'ouragan







«J'étais un grand coup de vent / j'étais un accident / je t'attendrai maintenant / tout au bout du deuxième rang.» Ce sont ces mots en forme d'invitation qui résonnent dès la première pièce du nouveau disque de Tricot Machine, le bien nommé La Prochaine Étape, qui se veut à la fois un album de transition et sur la transition.

Catherine Leduc et Matthieu Beaumont en savent un brin sur les bouleversements de la vie. Il y a trois ans, le biologiste et la couturière sont passés en quelques semaines de l'anonymat complet jusqu'aux feux de la rampe, et ce, grâce à un premier album un peu naïf où palpitaient des histoires d'amour sur fond d'hiver québécois. Après une pause d'un an, plus de 250 concerts, 39 000 disques vendus et le Félix de la révélation de l'année 2007, le toujours très humble duo Tricot Machine s'est inspiré de sa propre «tempête» pour passer à La Prochaine Étape.

«C'est un album qui parle d'une période de transition, il a été écrit entre un ouragan et le néant qu'il y avait en avant de nous, raconte la bavarde Catherine. Ç'a inspiré beaucoup de choses sur le disque; pas tout, mais y'a pas mal de chansons qui font référence à cette situation-là, où on est bien, mais où on est anxieux et on ne sait pas ce qui nous attend.»

Un peu partout dans la pochette à bricoler de La Prochaine Étape, on peut lire les références à leur parcours personnel et professionnel, aux airs et aux chansons, à une certaine perte de contrôle et à la volonté de remettre le grappin dessus. C'est l'album d'un groupe qui change, d'un couple qui avance, de deux humains qui vivent des changements. «Il peut s'appliquer à d'autres aussi, parce que tout le monde vit des périodes de transition ou d'insécurité, explique Catherine. Je pense aux gens de notre génération qui vont changer de métiers plusieurs fois, qui vont se poser mille questions.»

Toujours réalisé par David Brunet, ce second disque n'est pas une révolution musicale pour le groupe, dont on reconnaît la signature malgré des arrangements plus amples de nouvelles sonorités. Le duo a osé des choeurs, des cordes, du mélodica, de l'harmonica et de l'orgue. Le frère de Matthieu, Daniel, compose encore plusieurs textes et on note aussi la présence d'une chanson de Stéphane Lafleur, du groupe Avec pas d'casque. «L'album est aussi moins concret que le premier; il raconte plus des états que des histoires concrètes avec un punch à la fin», constate la chanteuse. Exit, aussi, les mitaines, la neige, les boutons à quatre trous, qui cèdent leur place au bois et aux allumettes, question de survie, peut-être.


Faire à sa tête
«En tout cas, il y avait tout le temps l'idée de ne pas faire ce qu'on pensait qu'on voulait qu'on fasse, lance Catherine, philosophe. Il y avait la volonté de se sentir bien dans tout et de ne rien faire contre notre gré. De le faire à notre manière, et pour le simple plaisir.»

Quand on lui parle de ceux qui froncent les sourcils au simple nom de son groupe, on imagine la chanteuse lever les yeux au ciel de son côté du combiné. «Ben oui, mais c'est de même avec n'importe qui. As-tu déjà vu quelqu'un que tout le monde aime? Je ne voudrais pas être dans ses culottes! Et nous, on est devenus l'emblème de la polarité, se désole Catherine sans colère. En même temps, on a aussi une certaine personnalité, on n'est pas conformes aux règles, on ne chante pas avec un accent vraiment travaillé, on parle comme on parle, on n'est pas des mannequins... On est comme on est, et on fait à notre tête!»


***
Tricot Machine: La Prochaine Étape sera en magasin le 16 mars

jeudi, mars 11, 2010

Des billets pour Polipe et Ariel

-- NOTE: Bravo aux gagnants, merci de votre participation! --

Toujours dans l'objectif -- dans ce contexte de postcrise économique et de quasi bulle immobilière -- de vous faire sauver de précieux billets du Dominion, ne voilà-t-il pas que Franco Phil, le coeur sur la main, vous offre à nouveau des billets pour aller au concert.

Je vous donne donc deux paires de billets pour aller voir Polipe et Ariel dans le cadre de Révèle la relève, vendredi prochain le 19 mars, à la maison de la culture Maisonneuve, à 20h30. Ce qui équivaut à deux dons de 12 $, soit environ la moitié du salaire annuel des musiciens de la scène locale, ou 5 contenants de liquide brun chez Van Presse Dépôt Café.

Ariel a remporté la plus récente édition des Francouvertes avec un rock énergie, un peu sombre et mystérieux. Leur premier album complet sera lancé le 27 avril, sur étiquette Tacca. Polipe a aussi participé aux Francouvertes, et a fait paraître un premier disque il y a quelques mois, l'excellent Tropiques du cancer, musicalement lumineux.

mardi, mars 09, 2010

Des Français à la pelle aux Francos

Les FrancoFolies de Montréal annonçaient aujourd'hui une première série de spectacles en salle en prévision de sa 22e édition, et les Français y sont à l'honneur.

Le vétéran Jacques Higelin, qui n'est pas venu en ville depuis 11 ans, viendra défendre son nouveau disque Coup de foudre, dont on vous a fait joué la pièce titre à Franco Phil il y a deux semaines. Il sera au Théâtre Maisonneuve le 18 juin. Un autre qui n'est pas né de la dernière pluie, Jean-Louis Murat, sera à L'Astral le 12 juin, avec en main son nouvel opus Le Cours ordinaire des choses.

Miossec sera aussi des Francos, le 12 juin au Métropolis en doublé avec Vincent Vallières, un mélange homogène. Christophe Miossec a lui aussi un nouveau disque à venir défendre, tout comme Gaëtan Roussel, l'ex-Tarmac et ex-Louise Attaque, qui sera au Club Soda le 11 juin. Il défend son premier album solo, Ginger, avec toute une bande de musiciens. En passant, Roussel a bossé pas mal sur le dernier Bashung, Bleu pétrole, où il a laissé sa marque.

Vous voulez encore des Français. Parfait. Il y aura également miCkey [3d], avec, en première partie Cécile Hercule, qui fait aussi partie de son groupe. On sauve sur les billets d'avion, quoi. Ce sera le 13 juin, au Club Soda. Côté hip-hop, la rappeuse Diam's montera sur la scène du Métropolis, le 13 juin.

S'ajoutent finalement à la liste préliminaire Salif Keita, Plume Latraverse, Renée Martel, Mara Tremblay, et Damien Robitaille.

Francouvertes, soir 5

C'était une soirée tout en folk hier soir au Lion d'Or, alors que le concours les Francouvertes tenait sa cinquième soirée de préliminaires. Il y avait des chapeaux, des bretelles, des chemises carreautées, et beaucoup de guitares.


La soirée a débuté avec Domaine Alary, le projet musico-thérapique de Martin Alary. Ce dernier a pondu un album il y a quelques temps où il raconte en chansons les tourments causés par la maladie qui a frappé sa famille. Sa mère est morte de la sclérose en plaques, et son père, diminué par un ACV, s'est suicidé dans son garage. Ça partait avec un lourd propos à livrer. La voix nouée en début de concert, Alary a pris le dessus avec le temps, et a offert une performance bien correcte, malgré la timidité. Sur scène avec lui, on retrouvait Dany Placard et son groupe, Toots Macbeth, Michel-Olivier Gasse, et Jean-François Mineau. En fait, c'était pratiquement un show de Placard, lui qui était très présent sur scène, chantant fort, jouant la guitare principale en début de concert. À l'inverse d'un Vander avec Mad'moizèle Giraf, où le bassiste reste derrière bien discret, Placard a pris beaucoup de la lumière. Malgré tout notre amour pour la musique de Placard, hier, on aurait aimé entendre davantage Domaine Alary.


Personne n'a été vraiment déstabilisé par le changement de musiciens qui a suivi, puisque Caloon Saloon est entre autres composé de Michel-Olivier Gasse et Toots Macbeth, accompagné d'un guitariste et d'un batteur. Leur musique et leur bretelle sur chemise blanche nous plongent dans les années 1920. Les airs étaient parfois bien folk, parfois bluegrass, à la Lake of Stew. Une performance qui a oscillé entre énergie et émotion. On aurait aimé de leur part un peu plus de boue sur leurs bottes, et pas mal plus de basse dans nos oreilles, mais c'était une des belles demi-heures de musique entendues dans cette édition.

En clôture, Michèle O. a fait monter le rythme, portée par une foule vendue d'avance malgré le fait que la chanteuse aux allures rockabilly vienne de Val-d'Or. Il devait y avoir du trafic sur la 117 hier. D'un côté, Michèle O. a le cran pour gratter bien fort sa guitare et faire briser sa voix nasillarde en fin de phrase -- très western comme chant, pensez à Mara Tremblay. Elle regarde la foule, et dégage un sentiment de contrôle total. Elle mériterait toutefois de varier la cadence, de faire quelques pauses ici et là, et de varier les structures de chansons, souvent similaires. Tout de même un bon bout de party.

Le top-9 actuel se lit comme suit:


La semaine prochaine: Max Ricard, Violett Pi et Bernard Adamus

lundi, mars 08, 2010

Franco Phil: la baladodiffusion du 5 mars

À Franco Phil, cette semaine, on brasse les cartes des nouveautés et des classiques des derniers mois. On a du nouveau de Gigi French, de Mohammed, d'Antonio, et d'Ève Cournoyer, entre autres. Au menu:

Première heure:
- Les Moindres (Dans mon appartement)
- Fred Fortin (Le Mur)
- Philémon chante (Je te mange)
- Sammy Decoster (Tu me hantes)
- Lac Estion (Vers l'abîme)
- Mohammed (Je sais pas)
- Damien Robitaille (On est né nu)
- Gigi French (Jardinier)
-Chocolat (T'aurais voulue)
- L'Orosité (J'adoucis)
- Antonio 2 (Imbécile heureux)

Deuxième heure:
- Domaine Alary (Yvette)
- Caloon Salloon (La balade de Jessie Ranger)
- Michèle O. (Assise dans ma tête)
- Vulgaires Machins (Longer les murs)
- We Are Wolves (Magique)
- Moussette (Feuilles vertes)
- Ève Cournoyer (Hana)
- Carl-Éric Hudon (Papadapa!)
- J-Robin (Prière)
- Karma Atchykah et Jérôme Minière (Universel)
- Radio Radio (Kenny G non-stop)
- Max Ricard (111)

Téléchargez la baladodiffusion en cliquant ici. Abonnez-vous aussi via iTunes en cliquant là. Bonne écoute!

Critique : Lac Estion - XXIe siècle

Chanson-rock
XXIe siècle
Lac Estion
Poulet neige

Selon les dires du groupe Lac Estion, leur deuxième disque, XXIe siècle, «n'est pas l'album de la maturité». Fausse modestie? Tactique de psychologie inverse? Pourtant, le quintette installé à Montréal n'a pas à avoir honte de ses 12 nouveaux titres, qui forment une suite plus qu'honorable à leur premier disque Affranchi, déjà très bien fait malgré plusieurs maladresses. Quelque part entre un indie-rock en vogue, un folk bien québécois et une musique progressive aux claviers dopés à l'hélium, XXIe siècle comprend des textes plus pertinents que par le passé, laissant de côté le jeu de mots pour le propos, aussi cynique soit-il: l'époque reçoit une claque, mais ce n'est jamais lourd. Lac Estion marque pas mal de points avec des mélodies contagieuses, des structures qui sortent des sentiers mille fois empruntés, et un chanteur dont la voix forte n'a rien à envier à celle de Louis-Jean Cormier, de Karkwa. Et le plus beau là-dedans, c'est qu'il y a encore de la place pour mieux. Ce sera peut-être pour leur disque de la maturité.

mercredi, mars 03, 2010

Vidéoclip: On est né nu - Damien Robitaille

On aime beaucoup le dernier album de Damien Robitaille, Homme autonome, plongé dans les cuivres, le soul, le motown. Voici qu'il fait paraître un vidéoclip pour la pièce On est né nu. Réalisé par Renaud Gauthier, le clip montre Damien, ses musiciens et ses danseuses dans de faux décors dignes des pires/meilleurs films de série B. La randonnée de Ski-Doo, la danse en raquette avec de jolies squaws, l'habit de neige ouvert pour laisser voir le poil de chest... On n'a pas lésiné sur le kitsch!

Une bouteille sur le coco aux JO: le chanteur des Breastfeeders raconte

Vous avez peut-être entendu entre les branches qui bourgeonnent que Luc Brien, le chanteur des Breastfeeders, a reçu une bouteille en plein visage lors du concert du groupe aux Jeux olympiques de Vancouver. Le vidéo de l'événement est presque troublant, personnellement je me crispe à chaque visionnement. Brien n'a rien de grave, heureusement. Le chanteur a par ailleurs raconté cette "aventure" à Éric Parazelli. Je vous invite à aller lire son récit, étonnant d'indulgence.

mardi, mars 02, 2010

Franco Phil, la baladodiffusion du 26 février

Ouhla, oui je sais je suis en retard pour cette balado, mes excuses. J'ai bien tenté de la mettre en ligne hier, mais elle se faisait capricieuse... Cette semaine au menu, donc, quelques nouveautés fortes, comme une nouvelle de Moussette, de Vulgaires Machins, de Radio Radio. On a tonton Georges qui chante aussi, comme quoi tout est dans tout. Au menu:

Première heure:
- Bernard Adamus (Brun, la couleur de l'amour)
- Isabeau et les chercheurs d'or (Fleur des champs)
- Toutes les filles -- Magnolia (Quand il fait froid)
- Renan Luce (Le Clan des Miro)
- Georges Brassens (Cupidon s'en fout)
- Moussette (Les Commodores)
- Dumas (Passer à l'ouest)
- Émilie Proulx (Chasser l'ennui)
- Le Husky (Dis-moi)
- Benjamin Biolay (Assez parlé de moi)
- Creature (Le Son des haut-parleur)
Deuxième heure
- Philémon chante (Vaincre l'automne)
- Dominic avec un c (Ça part pas au savon)
- Louis-Philippe Robillard (Réflexions d'un bon citoyen)
- Lac Estion (Lamentable)
- Galaxie 500 (Big Bang)
- Les Fidel Castrol (Le Bas de la ville)
- Les Vulgaires Machins (Je m'excuse... je t'aime)
- Fred Fortin (Massacre à l'harmonica)
- Radio Radio (9 piece luggage set)
- Karma Atchyka et Paul Cargnello (Ne pleure pas)
- Chinatown (Du jazz avec l'apocalypse)
- Geneviève et Matthieu (El Noranda)

Francouvertes, soir 4

C'était le quatrième soir des Francouvertes, hier au Lion d'Or, et on pensait la soirée toute en chanson. Si Philémon chante était pile dans les attentes, Dominic avec un c et Louis-Philippe Robillard ont plutôt fait monter le tempo.

Philémon chante n'en est pas à ses premières armes, roulant sa bosse dans l'émergence depuis plusieurs années, lentement. Hier, malgré un look de jeune premier timide, il s'est révélé d'une grande force. Sa musique a le courage d'être discrète, calme, laissant de l'espace au silence. Portées par une voix en falsetto dont on a toujours l'impression qu'elle va casser mais qui ne le fait presque jamais, les chansons de Philémon sont fortes, touchantes, bien composées et appuyées par des textes franchement pas mal, exception faite de quelques phrases malhabiles. Un peu de variété dans le son ne lui ferait pas de tort, mais sur 30 minutes, c'était franchement bien. Un coup de coeur.

Dominic avec un c a offert un melting pot d'enrobages pour ses chansons dont on était pas sûr du ton. Comiques? Sérieuses? Ironiques ou émotives? Le chanteur qui porte la moustache et qu'on verrait bien comme remplaçant dans Les Appendices a joué avec intensité, mais il manquait ce je ne sais quoi qui fait que la sauce prend. Le guitariste et le bassiste pouvaient agacer, multipliant les grimaces d'intensité, les yeux fermés la tête vers le ciel. Tout de même une belle bande de tripeux.

La soirée s'est terminée avec Louis-Philippe Robillard, qui même la voix maganée par un virus a pris part au concours. Côté intensité et présence sur scène, le gars sait vraiment ce qu'il fait, même que ça sent un peu la recette. Robillard a offert une musique "festive", rythmée, aux textes remplis de pommes, de plantes et de sol. Au point originalité, on ne peut pas lui donner beaucoup, car ça sonne trop comme Les Colocs, Polémil Bazar et une multitude de groupe des années 1990. Un espoir, tout de même, Le Soulier des saisons détonnait du lot, offrant quelque chose proche de Bashung, franchement bien tourné. Trop peu trop tard pour moi, mais la foule a beaucoup aimé. Chapeau pour l'énergie malgré tout.

Le palmarès actuel, après 4 des 7 soirées
1. Monogrenade
2. L'Ours
3. Louis-Philippe Robillard
4. Philémon chante
5. Jesuslesfilles
6. Meta Gruau
7. Mono/Stereo
8. Shampouing
9. Karma Atchykah and The Consequences

lundi, mars 01, 2010

Radio Radio - Naviguer sur de nouvelles fréquences

Le chiac, c'est chic. Deux ans après avoir fait écarquiller bien des yeux et avoir réveillé plusieurs paires de tympans en chantant des lignes comme: «J'ai une grousse Jacuzzi, juste coumme dans les movies», les rappeurs acadiens de la formation Radio Radio lancent 12 nouveaux titres bigarrés, plus en finesse que sur leur premier album Cliché Hot, mais encore forts amusants. L'intrigant titre de ce disque? Belmundo Regal.

Autour de la table d'un bruyant café du Mile-End, il n'est pas si simple de tout capter d'une jasette avec les trois membres de Radio Radio, Jaques Doucet (Jacobus), Alexandre Bilodeau (LX) et Gabriel Malenfant (Tekstyle) — Timo ayant quitté le groupe aux accents de Beastie Boys et d'Omnikrom il y a plus d'un an. Les phrases sont polyglottes, l'accent, prononcé et les images, pour le moins colorées. Mais on ne s'ennuie clairement pas.

«Cliché Hot, c'était le party; celui-là, c'est les vacances, lance Alexandre pour résumer le dernier opus. Y'a encore des partys dans les vacances, mais c'est pas juste le party.» Pile dans le mille, puisque Belmundo Regal est moins électronique, moins agressif que pouvaient l'être Jacuzzi, Radio au carré et autres pièces de Cliché Hot. «C'était comme un chien. Tu lui tires le bois, il te le ramène, tu lui tires, il revient... mais au bout d'une heure, t'as envie d'y dire: "Give me a break, pis enjoy la vue!"», ajoute Gabriel.

De l'air et du cinéma
Le trio provenant de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick a laissé plus d'air (salin) dans ses compositions, délaissant un peu les machines électroniques au profit de vrais instruments joués par des musiciens invités. On y entend un peu d'orgues, et pas mal de cuivres. Sur le titre Sur la galavante, les rappeurs parlent de «sailor, disco, gypsy, jazz». Alexandre se mouille pour expliquer. «T'as le sailor, le côté voilier, robuste. T'as le disco, le beat dansant influencé par la musique afro-américaine. Gypsy, c'est le côté plus nomade. Le jazz, c'est l'élégance.»

C'est peut-être parce qu'on trouve sur Belmundo Regal de nombreuses références au cinéma qu'on a l'impression que Radio Radio s'est fait le sien. L'imagerie du globe-trotter, du nomade et de l'espèce de chasseur de trésors aura inspiré le trio pour la pochette et le livret, mais aussi pour la création. Tout ça aurait été déclenché par la rencontre avec ledit Belmundo, un vieux marin croisé en Nouvelle-Écosse une semaine avant de commencer la préproduction.

«Belmundo, on l'a pris et on l'a glorifié, explique Jacques, qui avouera plus tard du bout des lèvres la ressemblance avec le nom de Jean-Paul Belmondo. C'est une personne âgée qui a beaucoup voyagé, on pense qu'il vient de l'Argentine. Là, il faisait de la recherche sur le trésor d'Oak Island... Toutes nos aspirations, nos rêves, on les a un peu mis au miroir de ses histoires.»

Mythe ou réalité, donc, ce Belmundo? Peu importe, semble nous répondre le groupe, fort en métaphores. «Après que tu vois quelqu'un comme ça qui est passé à travers les vallées de la vie, c'est inspirant pour ta musique, conclut Alexandre. Sur un bateau, des fois y vente, des fois y vente pas, mais ton bateau avance toujours, tu vas te rendre anyway.»

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En magasin le 2 mars. Lancement au Cabaret du Musée Juste pour rire le jeudi 4 mars, à 20h30. Entrée: 10 $ + frais.

Les Vulgaires Machins: Montrer les dents, mais ouvrir son coeur



Aux sourds qui ne veulent pas entendre — ce sont les pires, il paraît —, les quatre rockeurs des Vulgaires Machins ont quelques mots à dire. Et pour être certain que le message passe, le groupe est revenu à un son plus punk et a pris un ton plus personnel que jamais.

Il suffit de quelques notes du cinquième album des Vulgaires Machins, en magasin dès demain, pour comprendre que les vétérans rockeurs à la plume acérée ont gratté pas mal de vernis sur leur musique. Requiem pour les sourds est plus puissant et plus brut que leur précédent album, Compter les corps, celui qui les a vraiment fait connaître du grand public, surtout avec la pièce Puits sans fond.

Assis dans un vieux sofa de la Casa del Popolo, boulevard Saint-Laurent, les deux chanteurs du groupe, Guillaume Beauregard et Marie-Ève Roy, hochent la tête quand il est question de ces sonorités qui rappellent beaucoup plus du vieil Offspring que Simple Plan. «L'idée, ce n'était pas d'être plus agressif, c'était beaucoup l'idée d'être authentique par rapport à la formation, précise Guillaume, l'auteur de l'ensemble des textes des Vulgaires Machins. On est quatre musiciens, et on avait envie de respecter cette logique-là, qu'en écoutant le disque, les gens aient l'impression d'écouter un band dans un local. Après Compter les corps, qui était très léché, il y avait un désir d'être plus "lousse", et de s'en aller vers quelque chose de plus... authentique, c'est le seul mot qui me vient à l'esprit».

C'est le réalisateur Gus van Go (Hollerado, Priestess, Les Trois Accords) qui a réveillé le groupe d'une torpeur qui les avait envahis après la tournée du populaire Compter les corps. «On avait un peu les pieds dans le ciment, raconte Marie-Ève. On se demandait ce qu'on pouvait faire, ce qu'on devait faire. À un moment donné, Gus a appelé et nous a demandé: "coudonc, qu'est-ce que vous attendez? Vous avez envie de faire un nouvel album? Go!". Il a comme allumé la switch. Et on a laissé tomber la pression qu'on s'était mise, les attentes, les barrières...»

Plus de «je»
En même temps que l'on retrouve sur Requiem pour les sourds une agressivité certaine, on note parallèlement une approche beaucoup plus personnelle, émotive, et des textes écrits à la première personne. On ne voit plus seulement le doigt qui pointe, mais aussi les âmes derrière. «J'avais envie d'être plus spontané, de laisser parler le coeur, d'être un peu plus viscéral, plus instinctif, confie Guillaume. On vit beaucoup d'émotions les quatre ensemble dans cette aventure-là, et il y avait un désir que ça ressorte sur l'album.»

Reste que la surconsommation, le système démocratique, l'industrie du disque et l'immobilisme passent encore et toujours à la moulinette des Vulgaires Machins. «On s'inclut dans la problématique, parce qu'on en fait partie, on est tous dans le même bateau, explique le chanteur. On ne prend pas les thématiques de haut, on les prend comme on les vit. La pièce Parasites est un bon exemple. C'est une critique de l'industrie de la musique, mais on fait partie de cette même industrie, on est un groupe qui doit faire des compromis, qui vit des paradoxes.»

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Lancement gratuit à Montréal mercredi à L'Astral, à 19h. Ouvert au public: arrivez tôt!