mardi, août 31, 2010

Alex Nevsky, d'amateur de hip-hop à pop star sur le tard







Lors de la dernière édition du concours musical des Francouvertes, les projecteurs se sont la plupart du temps braqués — et à raison — sur le gagnant, Bernard Adamus. Mais un halo de lumière a également attiré l'attention sur le médaillé d'argent, Alex Nevsky, drôle de bête qui n'a laissé personne indifférent avec ses airs pop parfois hyper-romantiques, parfois très sombres.

Le jeune homme de 24 ans, foulard au cou, cheveux hirsutes tendance «coupe Longueuil» décorés d'un bouquet de plumes, était alors dur à cerner. Lors de la finale des Francouvertes, nous écrivions: «Nevsky est-il une espèce de Pierre Lalonde du Mile-End, qui fait des "sha-la-la-la" racoleurs, ou alors ce chanteur ténébreux à la Yann Perreau capable de très beaux moments? On en vient à ne plus savoir ce qui est drôle ou pas, ce qui est premier degré ou ironique. Confus, tout ça.»

Aujourd'hui même, le chanteur fait paraître son premier disque De lune à l'aube, réalisé par Yann Perreau, justement. Attablé au sympathique Café Santropol dans le Mile-End —, ça ne s'invente pas — Alex Nevsky se souvient du papier du Devoir. Et tranquillement, il nous fait la démonstration qu'il ne joue pas à un jeu mais qu'il exacerbe plutôt deux facettes de sa personnalité et de son histoire.

Parti avec en poche une série de pièces où il broyait du noir, le natif de Granby s'est mis à écrire des odes bleu poudre après être tombé amoureux d'une belle anglophone. «Ça m'a fait composer des pièces naïves, raconte Nevsky. Je n'aimais pas trop écrire de cette façon-là, mais j'y ai pris plaisir, c'était une émotion tellement vraie et puissante que je n'ai pas eu le choix de les écrire.»

Adolescent, Nevsky était franchement plus intéressé par le hip-hop d'IAM, d'Oxmo Puccino et de la Fonky Family que par la chanson, dont il avoue encore apprivoiser les ramifications et les structures. De lune à l'aube est quelque part le choc de deux univers. «On a poussé les arrangements vers les extrêmes, au risque que ça soit éclectique, au risque que les pièces fleur bleue soient super fleur bleue, et que les morceaux dark soient vraiment dark. On voulait creuser le plus loin possible, juste pour voir jusqu'où on pouvait aller, et pour me délimiter un large terrain de jeu.»

Le «on», c'est lui et Yann Perreau, dont on sent bien la touche sur ce disque. Nevsky l'a rencontré au début de son parcours musical, à l'École nationale de la chanson de Granby il y a quatre ans. L'élève était doué, mais jugé un peu paresseux par ses professeurs. «C'est vrai que je ne faisais pas tant d'efforts pour me sortir de ma carapace. C'est vraiment quand j'ai commencé à travailler avec Perreau que ça a changé. Avec lui, c'était vraiment des claques dans la face, on a vraiment travaillé de front.»

Côté scène, c'est encore une fois avec Yann Perreau qu'Alex Nevsky a appris le plus, lui qui a fait plusieurs premières parties pour l'auteur de Beau comme on s'aime. «C'est ingrat les premières parties, surtout que je les faisais en solo juste avant Yann, une bête de scène. Mais ça m'a vraiment aidé!»

C'est au désormais incontournable Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscaminque, qui commence jeudi, qu'Alex Nevsky effectuera son lancement sur scène, avant de passer par Montréal, Sherbrooke, Granby et Québec en septembre. Pour savoir où et quand chanter des «sha-la-la-la», consultez son site.

samedi, août 21, 2010

Alexandre Belliard - Prendre conscience de l'éphémère

Le 2 septembre 2008 n'a pas été une très bonne journée pour Alexandre Belliard. Ce jour-là, son grand-père, de qui il était très proche, s'éteignait. Pour l'auteur-compositeur-interprète, le 2 septembre 2008, c'est aussi le point de départ d'une réflexion sur le temps et la mort, dont le fruit est distillé sur son plus récent disque, Des fantômes, des étoiles, à paraître mardi.

Après un premier opus très confidentiel au tournant du millénaire, Alexandre Belliard a laissé sa marque chez les Québécois avec ses disques Piège à con (2005) et Demain... la peur (2007), alors qu'on découvrait un chanteur passionné de poésie, inspiré par la chanson française, capable de belles mélodies.

Des fantômes, des étoiles, réalisé par Éric Goulet (Les Chiens, Monsieur Mono), est l'occasion de voir un Belliard franchement plus proche de lui-même que de ce qui l'entoure. «Quelques semaines après la mort de mon grand-père, ma grand-mère a suivi aussi, raconte le chanteur deux fois papa. C'étaient mes premiers contacts avec ce genre d'émotions là. Ça m'a amené une nouvelle réalité, j'ai pris conscience qu'il y avait une ligne du temps et que je marchais dessus.»

Les chansons ont ensuite déboulé. La première écrite par Alexandre Belliard, L'Immortalité, ferme l'album. «J'ai rêvé d'immortalité / j'ai du mal à réaliser / Que je ne te verrai plus.» «C'est ma préférée de l'album, c'est la pierre d'assise de ce disque.» Naît ensuite Thôt, oublie-moi, où le passionné de mythologie demande un peu de répit au dieu de la mesure du temps. La Complainte d'outre-tombe raconte l'histoire d'un fantôme qui serait bien resté en vie, tandis que Marie-les-ombres rend hommage à la poète Marie Uguay, morte à 26 ans au début des années 1980. «C'est jeune pour l'oeuvre qu'elle a laissée, une oeuvre majeure au Québec.»

Duo
Le trépas a beau être en trame de fond, on n'écoute pas Des fantômes, des étoiles recroquevillé dans un coin sombre. «Ce n'est pas un manifeste contre la mort, c'est juste un processus de guérison, précise Belliard. Même qu'au-delà de la mort, il y a aussi beaucoup l'idée de couple qui est présente.» Celui formé par ses grands-parents, d'abord, puis le sien. Sa conjointe, l'artiste Emmanuelle Bressan, a d'ailleurs signé la toile que l'on retrouve sur le disque. Belliard lui chante Et toi et moi, qui met en vedette une panoplie de duos en tout genre, de Rimbaud et Verlaine à Pamela et Tommy.

«Même dans Je refuse de grandir, mon adaptation d'I Don't Wanna Grow Up de Tom Waits, il y a la notion de couple. Ce n'est pas une chanson d'amour, mais une pièce qu'il a faite avec sa femme», Kathleen Brennan.

Parlant de duo, Alexandre Belliard a travaillé avec un allié de taille, Éric Goulet, qui a joué pratiquement tous les instruments sur l'album. Leur union devait d'abord se faire pour un projet de disque de reprises de Renaud, mais la paire a plutôt décidé de bosser d'abord sur les nouvelles compositions de Belliard. Ensemble, ils ont livré un disque qui a certes la touche du réalisateur de Vincent Vallières, d'Alexandre Champigny et de Yann Perreau, mais où Belliard ne perd pas son ton personnel. «C'était comme quand un enfant apprend à faire de la bicyclette. Tu enlèves les petites roues, mais tu tiens le banc en arrière au cas où! Éric te laisse aller, il te donne des directives, et si ça dérape, il te reprend.»

Alexandre Belliard sera sur la microscène du P'tit Bar, à Montréal, les lundis de septembre, avant de prendre la route pour une vingtaine de dates un peu partout au Québec en version duo. «C'est un concert avec les chansons presque telles qu'elles ont été faites. Ça va être un bon spectacle pour révéler l'essence du disque.»

vendredi, août 20, 2010

Critique: La Patère rose - Waikiki

Chanson
Waikiki
La Patère rose
Grosse Boîte

La Patère rose roule en Cadillac ces jours-ci. Après avoir accompagné le chanteur Mika en tournée européenne au printemps, voici que le trio sherbrookois fera paraître son premier disque sur le Vieux Continent à la mi-septembre sur étiquette Naïve. Pour faire patienter leur public québécois, Fanny, Jules et Thomas font paraître mardi un mini-album de quatre titres, intitulé Waikiki, nom d'un quartier de Honolulu. Le EP propose une version estivale de leurs airs pop-électro habituels, à l'instar du récent Au soleil, de Yann Perreau. La Patère rose a rangé dans le placard les échantillonnages et les platines pour sortir le ukulélé, le banjo, le piano jouet et la guitare slide. Chocolove reste relativement fidèle au ton de son disque, tandis que Petit ours et Waikiki ont une franche touche hawaïenne, le bruit des vagues en prime. En clôture, le groupe offre une version «country beach» de Décapote. Sympa, même si on aurait préféré une autre nouveauté. En vente mardi sur iTunes, sur le site de Grosse Boîte et un peu partout en magasin pour environ 7 $.

mardi, août 10, 2010

Avec pas d'casque à l'Anse à la barque

Dans le grand ordre des choses de la vie, il y a toutes sortes de salles pour voir de la musique. Les grandes officielles, genre Métropolis, les charmantes kitsch, genre le National ou le Rialto, les bars humides, genre Divan orange. Il faut ajouter à ça, les salles en plein air au bord de l'eau où il n'y a pas de chaises et où il faut se rendre en Kayak. Elles sont rares, j'en conviens, mais il en existe une. À Tadoussac.

Depuis deux ans, le Festival en chanson de Tadoussac offre la chance à une poignée de visiteurs de voir un concert à l'Anse à la barque. Quelques minutes de navigation sont nécessaires pour s'y rendre, mais l'effort semble en valoir la peine. En 2009, c'était David Marin qui y avait chanté. Cette année, le 12 juin, c'était au tour d'Avec pas d'casque.

Le groupe folk a mis en ligne ce qui semble être le premier d'une série de capsules faisant découvrir cet événement. Il y a déjà des extraits un peu croche sur You Tube, mais cette vidéo est plus, disons, officielle (et stable).

http://vimeo.com/14008465 from Dare To Care Records on Vimeo.

mercredi, août 04, 2010

Waikiki, le nouveau EP de la Patère rose

Les choses vont "grassement" pour le trio La Patère rose. Après avoir fait plusieurs dates en première partie de Mika, l'Europe leur sourit. Ils y lanceront leur premier disque éponyme le 14 septembre.

Ce qui veut dire en quelque sorte qu'on devra patienter pour un nouvel album complet. Tout de même, Fanny, Roboto et KiloJules lanceront au Québec le 24 août un EP de 4 titres, sur lequel on retrouvera trois nouveaux morceaux et une version de la pièce Décapote. Le mini-album s'intitulera Waikiki.

Waikiki est à Hawai, mais ça sonne drôlement autochtone. Ils ont souvent joué avec cette imagerie, y'a qu'à voir les plumes sur la photo. En novembre, le groupe avait joué de nouveaux titres, dont Aborigènes Bitches, On est fait pour aller ensemble et Avec toi dedans. Se retrouveront-elles sur le EP? On verra bien.

Le groupe en fera le lancement avec une perfo le 24 août, au parc Saint-Viateur.

dimanche, août 01, 2010

Marie-Pierre Arthur gratuitement

Ça, c'est une bonne nouvelle pour vous, amateurs de folk d'ici. On apprenait hier sur le blogue du Voir que la chanteuse Marie-Pierre Arthur offre jusqu'au 2 août son premier disque gratuitement, via le site Bandcamp. On vous suggère fortement de jeter une oreille à ces onze titres, qui ont été parmi mes préférés de l'an passé.