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dimanche, septembre 05, 2010

FME, jour 3: Musique sous un ciel fâché

L'éclaircie ne pouvait durer éternellement. Les nuages sombres ont couvert samedi le ciel de Rouyn-Noranda, qui accueille cette fin de semaine la 8e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME). Petit crachin qui remplit les lunettes le temps de traverser la rue Murdoch, un vent hypocrite qui fait retourner les parapluies...

Conséquence? Pendant les «cinq à sept», les habitués des terrasses se sont réfugiés à l'intérieur, engorgeant ainsi les cafés et les bars qui accueillaient La Patère rose, Damien Robitaille et Bernard Adamus. En marge de ses gros noms de la scène montréalaise qu'on a vu déjà souvent, nous avons fait la découverte du groupe abitibien Le Carabine, qui offre une musique instrumentale faisant parfois penser aux airs poussiéreux de Psychocaravane, parfois aux airs profonds de Pawa Up First. À défaut d'être clairement original, c'était fort bien livré. En plus, il faisait des projections sur acétate, comme dans le bon vieux temps du secondaire.

Le FME offrait deux choix de concerts à 20h: un carte plus douce à l'Agora des arts avec Voilà!, Leif Vollebekk et Karkwa, et une soirée lourde avec The Melvins au Petit Théâtre. Les quatre vétérans du stoner rock des Melvins ont taillé leurs puissantes et bruyantes mélodies avec une précision chirurgicale. Le groupe a deux batteurs sur scène, et l'impact de leurs pièces n'en est que plus musclé, si une telle chose se peut. Côté cheveux, les Melvins ont soulevé un débat profond chez les festivaliers: perruques ou capilaire naturel? Le chanteur et guitariste a une touffe blanche frisottée tandis que le bassiste a un giga afro. Le mystère demeure.

Le contraste sonore était frappant à l'Agora des arts. Si le groupe post-rock Voilà! manquait de personnalité, leur dernier morceau joué, Bosnie-Herzegovine, a rattrapé un peu le tout. On a compris par la suite pourquoi le patron du FME, Sandy Boutin, avait souligné en gras le nom de Leif Vollebekk sur notre programmation. Sur scène, le bilingue chanteur a impressionné avec ses douces pièces folk et sa voix aux accents de Patrick Watson. On a hâte d'en revoir plus. Karkwa a ensuite pris la scène, s'excusant presque d'avoir fait attendre les festivaliers 8 ans depuis leur dernier passage au FME, lors de la première édition. «Notre gérant (le directeur du festival) ne voulait pas. Conflit d'intérêts, a lancé le chanteur Louis-Jean Cormier. Mais cette année on a poussé fort, ç'a marché.» Karkwa n'a pas eu une soirée très facile, devant s'interrompre à quelques reprises en raison de problèmes de son sur scène. L'ambiance en a payé le prix, d'autant que le groupe n'a pas donné son meilleur concert. Mention spéciale aux éclairages, qui enfin ce soir-là étaient à la hauteur.

La fin de soirée s'est révélée plus intéressante encore. The Sadies étaient de retour sur scène pour un deuxième soir de suite. Sous des airs détachés, les Canadiens font preuve d'une énergie country rock impressionnante et d'une maîtrise de leurs instruments digne de mention. Un voisin musicien croisé à Rouyn en avait les yeux encore tout écarquillé en fin de concert. Au Cabaret de la dernière chance, au même moment, le trio Parlovr a ravi une foule compact et suante. Le groupe fait penser à Clues pour la force des mélodies et des voix, mais avec beaucoup plus de joie de vivre. Et surtout, le groupe était visiblement ravi de jouer: ça ne pouvait que déteindre sur nous.

Le Devoir

samedi, septembre 04, 2010

FME, jour 2: Du bon, du croche et une surprise

Revirement de situation météorologique, vendredi à Rouyn-Noranda. Si la ville s'est réveillée tel que prévu sous l'averse, que dire l'orage, les mélomanes inquiets pour les conditions pendant le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) ont eu le bonheur de voir le ciel se dégager dès les premières heures de l'après-midi.

Au commencement des spectacles, à 17h, les conditions étaient donc parfaites pour se promener de salle en salle, question de ne rien manquer. S'il est vrai qu'il faut des billets pour les concerts de la soirée, les 5 à 7 sont ouverts au public gratuitement.

C'est un Alex Nevsky un peu nerveux qui a fait découvrir ses pièces aux festivaliers. Un stress bien compréhensible : c'était son lancement de disque, sa guitare lui a donné du fil à retordre, et la salle, L'Abstracto, ne laisse aucune place aux artistes pour se cacher: la foule entoure la scène et les spectateurs les plus proches sont à moins d'un mètre des artistes. Faut assumer. Chose réussie pour Nevsky, qui a franchement pris corps avec son groupe depuis la finale des Francouvertes. Si tout va bien pour le jeune chanteur de pomme, on lui prédit bien des bonnes choses.

Nos pas nous ont ensuite mené vers Chez Bob, où Salomé Leclerc livrait ses pièces en duo avec Philippe B. Leclerc a du potentiel et une voix solide, mais pas plus ici qu'aux dernières FrancoFolies de Montréal elle ne nous a asséné le coup de grâce avec son folk-rock. Peut-être ne lui manque-t-il au fond que de meilleures mélodies auxquelles s'accrocher. Plus loin, à la toute nouvelle salle Évolu-Son -- la peinture est à peine sèche! -- nous avons capté la toute fin du concert d'Emilie Clepper. Elle qui chante habituellement en anglais a fait une pièce en français au rappel, et sa voix a pris une toute autre dimension -- pour le mieux, dirait-on.

Le début de la soirée s'est déroulé comme jeudi, en alternance entre le Petit Théâtre et l'Agora des arts, à un jet de pierre de là. On avait entendu beaucoup de bien des Peelies dans les derniers mois sur la Toile, mais le test de la scène a été cruel. Le rock garage des quatre filles était simpliste, joué de manière hyper carré, sans grande présence sur scène. À côté de Jesuslesfilles qui suivait, c'était le jour et la nuit en matière d'énergie, d'attitude, d'aisance.

À l'Agora des arts, on avait hâte de voir Gigi French, ex des Hot Springs, qui avait déclaré forfait aux FrancoFolies et au spectacle de l'Autre Saint-Jean cet été pour des raisons personnelles. Mal à l'aise dans sa robe de soirée de velour noir, Giselle Weber a passé plus de temps à retenir ses seins dans sa robes qu'à nous convaincre du sérieux de son projet de chanson jazzée. Faut croire qu'une rockeuse, même dans une robe chic, ça reste une rockeuse. Après elle, le vétéran Howe Gelb, de Giant Sand, a réécrit la définition de «liberté» sur scène. Un peu chaotique par moment, le pianiste et guitariste aux airs de Dylan a réussi à nous faire entrer dans son univers particulier. Une pièce qui s'arrête en plein milieu, des pièces de métal déposées sur les cordes du piano, des histoires décousues, des ponctuations rock à travers des balades folk... Mais comme Gelb était en parfait contrôle, on a suivi et on a aimé.

Question d'arrêter de courir un peu, la suite des choses s'est uniquement déroulée au Cabaret de la dernière chance -- le «cab» pour les habitués -- pour entendre Fred Fortin. Accompagné d'Olivier Langevin et de Justin Allard, Fortin a secoué le bar rempli à pleine capacité avec des arrangement plutôt rock des pièces de ses deux derniers disques - Conconne, Le Cinéma des vieux garçons, Massacre à l'harmonica, T'es grosse pis t'es belle. Le guitariste Langevin ne nous a pas souvent déçu dans le passé (voire jamais), mais cette fois il était particulièrement inspiré. Chapeau au trio.

À la sortie du «cab», le mot a commencé à circuler: un concert-surprise aurait lieu quelques minutes plus tard au Bar des Chums, une taverne où les locaux ont leurs habitudes depuis des années. Le groupe-maison a cédé la scène aux Frères Rivaux, le duo comico-country composé de Sunny Duval et de Damien Robitaille. La salle s'est remplie en un clin d'oeil et s'est solidement bidonnée de l'absurdité des chansons, doublée de l'étrangeté de la situation. Ça, c'est une fin de soirée qu'on oubliera pas.

vendredi, septembre 03, 2010

Premiers pas au FME

La 8e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue s'est mis en branle hier après-midi à Rouyn-Noranda sous un ciel clément, même si tous les festivaliers appréhendaient en secret la suite des choses: les jours suivant seront froids et pluvieux.

Pas grave, on a apporté manteau, foulard et jeans, des shorts au cas. Et on est pas fait en chocolat, hein! Hein?

Je suis arrivé un peu trop tard après la longue route pour entendre un bout de Chantal Archambault. Dommage, les quelques pièces folk déjà entendues de son nouveau disque m'ont bien plues. D'abord fait à compte d'auteur, on apprenait dans les dernières heures qu'Indica a adopté l'abitibienne. Une bonne nouvelle pour elle, c'est certain.

Après une bouchée du traditionnel méchoui de lancement du FME, je regarde l'horaire avec les collègues/amis pour se faire un plan de match. Dans les marches de l'Agora des Arts, une nouvelle salle installée dans une église, une reporter Web lance à la caméra: "Finalement, le plus dur au FME, c'est de faire des choix". Euh... non! Au FME, c'est l'inverse: pas besoin de faire de choix. c'est pas Pop Montréal tout de même. Ici, on peut se promener de salle en salle, du Petit Théâtre au Cabaret de la dernière chance, de la 7e Rue à l'Abstracto sans peine.

Mon festival a débuté avec le spectacle extérieur de la rentrée, sur la 7e rue. Le site est mieux installé que l'an passé, avec la scène face aux visiteurs qui entrent et un vaste bar où on attend peu. La progression des groupes est super (Ariel, La Descente du coude et Vulgaires Machins), sauf la finale avec Pascale Picard Band, qui ne pouvait qu'être plus soft que les Vulgaires Machins, qui nous ont démoli les tympans avec leurs bombes hyper-efficaces. J'imagine que Picard voulait passer dernière, quoi.

J'ai fait la navette vers l'Agora des arts tout au long. J'ai malheureusement presque tout raté des Français Gablé et leur genre d'électro-acoustique dur à prévoir. Tous les collègues étaient emballés. On note et on se reprendra. Avant eux, Bateau noir nous ont livré leurs lourdes pièces instrumentales progressives. On en retient beaucoup le jeu de batterie fascinant de Jean-François Mineau, le mur de 3 guitares et le colosse à la basse, qui doit être le fils illégitime de Requin dans James Bond. Plus tard, The Besnard Lakes jouait davantage dans le crescendo. Les morceaux démarraient tout doucement, souvent avec la voix haut-perchée du bizarre Jace Lasek, avant de prendre du coffre et de finir en force. Paraît que vers la fin, le guitariste qui semblait avoir des problèmes de son en a eu son quota et a dit "ciao-bye".

Pour conclure la première soirée avec un surplus de basse lourde et de décibels, High Tone et Le Catcheur et la Pute était dans le bon ton. Belle découverte que ce duo Français étrange qui mix côte à côté, déguisés en lutteur masqué et en fille de joie... Ça buche dans l'électro, ça mélange à ça du rock (Smashing Pumpkins, Nirvana), et ça détruit un peu plus notre capacité auditive. Encore ce matin, ça buzz un peu!

La suite demain!

mardi, juillet 13, 2010

FME: de la musique variée sur un site modifié



Le Festival de musique émergente (FME) de la toujours très culturelle Rouyn-Noranda accueillera cette année encore des artistes offrant une vaste palette sonore, du rock lourd des Américains des Melvins au folk de Martha Wainwright, en passant par l'électro des Français d'High Tone et par la chanson de Pierre Lapointe.

Le FME a invité, du 2 au 5 septembre, des artistes tels que Karkwa, Fred Fortin, Les Vulgaires Machins, Pascale Picard et Damien Robitaille à venir faire leur tour dans la capitale nationale du cuivre. Mais, fidèle à son habitude, le festival a greffé aux noms un peu plus connus des pousses plus vertes, comme Salomé Leclerc, Misteur Valaire, Le Husky, Gigi French, We Are Wolves et La Descente du coude.

La filière du concours des Francouvertes prend régulièrement la route 117 depuis quelques années, et cette édition du FME ne fera pas exception. Le gagnant ainsi que le finaliste de 2010, Bernard Adamus et Alex Nevsky, y seront, tout comme Michèle O. et Jesuslesfilles — qui a reçu le prix du FME lors des plus récentes Francouvertes. Ariel, champion de la cuvée 2009, y sera aussi, tout comme l'Abitibienne Chantal Archambault et les vainqueurs de 2008, La Patère rose.

Il faudra également surveiller les Anglos du Québec. The Besnard Lakes — en nomination au prix Polaris pour le meilleur album canadien — seront à Rouyn-Noranda, comme The Peelies, Leif Vollebekk et Parlovr.

Le FME, nommé événement de l'année au gala de l'ADISQ 2009, laisse encore cette année une place de choix au métal, au hip-hop et à la musique électronique, qui sera pour cette édition l'affaire des invités français (Chapelier fou, Le Catcheur et la pute).

Brasser ses cartes
Pour cette 8e édition écourtée d'une journée, le FME a dû jongler avec quelques changements de salles. Le Paramount ayant fait faillite dans l'année, les organisateurs se sont rabattus sur l'Agora des arts, une salle établie dans une église que le festival avait testée l'an dernier. Aussi, la ville verra naître dans les prochaines semaines une toute nouvelle enceinte, la salle Évolu-son, «un mini-Cabaret Juste pour rire, avec une mezzanine, qui peut accueillir environ 200 personnes», explique le directeur du FME, Sandy Boutin. L'endroit permettra d'ajouter un concert de plus par jour lors des 5 à 7.

La scène extérieure de la 7e Rue prendra du galon. «Habituellement, on faisait le spectacle de la rentrée de l'UQAT sur son terrain, mais l'endroit est en rénovation, explique Boutin, également gérant de Karkwa. Alors, on déménage tout sur la 7e Rue le jeudi et on ne bouge plus de là jusqu'à la fin.»

La matinée du samedi matin sera occupée par le nouveau volet «Arts de la rue», qui se veut davantage «une façon de dévier un peu du spectacle conventionnel, avec quelques petits tests, des installations», explique le directeur. Les formations françaises Cabine et Transat s'en chargeront — possiblement sur le toit d'un édifice, si tout se passe comme prévu. En après-midi, le Piknic Électronik sera de retour sur la presqu'île du lac Osisko.

Différents forfaits et passeports seront mis en vente demain, à midi, dans le site du FME.

Détails et programmation complète au www.fmeat.org

lundi, novembre 02, 2009

La Blogothèque dans la nature abitibienne jusqu'au cou




Lors du dernier Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, le site français La Blogothèque avait dépêché sur place une petite équipe pour capter des performances en prises directes de groupes provenant en majorité de chez nous.

On y joue le jeu du vidéaste déstabilisé par des conditions pas habituelles, qui aimerait bien filmer des trucs bien simples dans des salles. On peut y voir des scènes magnifiques avec Mother Mother, Alfa Rococo, Camaromance, Random Recipe, Montgomery, Clues, Ariane Moffatt, Lake of Stew, Thus Owls, Mother Mother, le Roi Poisson, Clues, Berithan Berrio, Malajube et Marie Pierre Arthur.

C'est filmé dans des champs, sur l'eau, sur la glace de l'aréna Dave Keon... Ça s'appelle Abitibi or not to be, et ça s'écoute par ici.
(Ici bas, Marie-Pierre Arthur et sa bande font du canot et jouent de la zizique.)

lundi, septembre 07, 2009

Dimanche au FME

Rendu au dimanche, le festivalier qui navigue à travers le FME commence sérieusement à sentir les effets des longues journées et des longues nuits qui sont déjà derrière lui. Je ne suis arrivé que vendredi et déjà le corps est fatigué. L'esprit aussi, les blagues n'ont même plus besoin d'être si drôles pour être rigolé. Comme cette histoire d'homme-couverture, par exemple. Ou alors ce running gag de Dan Bigras. Pas grave, on en gardera d'excellents souvenirs de toute façon.


Je commence ma soirée de concert à l'Abstracto, où la Manitobaine de naissance Geneviève Toupin monte sur scène en compagnie de Benoit Morier (Ben et Mimi) et Olaf Gundel qu'on a vu faire un tabac avec Thomas Hellman sur cette même scène il y a 3 ans. Toupin a une belle voix, et ses balades folk sont douces et agréables, même s'il me manque un chouia d'originalité ou une teinte plus écarlate pour vraiment embarquer. À suivre tout de même, son album sera lancé cette année.

Je retourne aussi voir Orange orange, pour en voir un peu plus que la veille. Le duo commence son spectacle terriblement en retard, même que le prédisent du festival, Sandy Boutin, lâche un "bon ben là il faudrait que ça commence!" Le duo prend un temps fou à faire décoller l'énergie -- peut-être un mauvais pacing -- mais finit par sauter, se déhancher et monter sur le mobilier. D'ailleurs si quelqu'un a un truc pour m'enlever Sors moi de la tête, j'apprécierais.


Le Paramount accueille en soirée nul autre qu'Oliver Jones, monstre du jazz. Je réussis à me faufiler vers l'avant pour le voir et l'entendre comme il faut. À 75 ans, Jones rate bien ici et là quelques trilles, mais sa maîtrise est impressionnante, menant ses pièces avec brio. Chapeau à son contrebassiste et à son batteur, tous deux de grand talent. Je file vers le Petit Théâtre, devant lequel se termine la soirée hip-hop en plein air. J'arrive alors que Movèzerbe termine son set. Ah non ils disent que c'est fini, mais ils rejouent. Ah voilà ils nous saluent... pour mieux revenir avec une p'tite dernière. Y'a plein de bons trucs dans ce collectif qui oscille entre le hip-hop et le reggae, mais comme spectateur, je trouvais ça assez broche à foin sur le stage. Les MC et les musiciens semblent se promener un peu partout, nous tournent le dos, oublient peut-être qu'on est là. Ça se corrige aisément.

Je fais un saut de puce au concert métal avant de terminer ma soirée au Cabaret avec Radio Radio. Maintenant en format trio, les rappeurs ont vraiment offert un bon concert, devant peut-être la foule la plus nombreuse de la salle pendant le festival. Ça saute, ça jette ses mains en l'air, il faut chaud, et le beat est bon. Pas moyen de mieux finir ce FME.

dimanche, septembre 06, 2009

FME: samedi en Abitibi

Le FME offre plus que jamais des concerts extérieurs cette année. Vendredi soir, Malajube et Le Nombre qui jouaient sur la 7e Rue. Samedi, le festival offrait pour une deuxième année un concert familial pour les gens du coin, cette fois-ci avec Madame Moustache. Une réussite, puisque pleins d'enfants dansaient et jouaient devant la scène pendant que les parents écoutaient le country du groupe. Madame Moustache était peut-être un peu lendemain de veille, mais sous le splendide soleil de Rouyn, leurs chansons et leurs reprises (Johnny Cash, Zébulon) était ce qu'il fallait pour lancer la journée.

Dès 2 heures, la randonnée extérieure s'est poursuivie avec les Piknik électronik, qui s'arrêtaient à Rouyn dans le cadre de leur tournée québécoise. Une petite scène et des haut-parleurs avaient été installés sur la presqu'île du Lac Ossisko, et la jeunesse locale est venu se faire griller la bedaine en écoutant des gros beats. Avec la vue plendide sur la ville, c'était de bons moments, qui se sont poursuivis pendant quelques heures avec entre autres Le Matos, Poirier et Omnikrom.

Suivaient les 5 à 7, qui comme quelques concerts lors du FME ont pris une petite tendance sala-rossienne, commencant une quarantaine 40 minutes après l'heure d'appel. J'ai oscillé entre Orange orange et Le Roi poisson. Je n'ai entendu que deux pièces des orangés, mais c'était mieux que le dernier concert que j'avais vu d'eux l'an dernier. Ils seront à nouveau sur scène dimanche, j'essaierai d'y faire un tour. Quant au Roi poisson, les membres étaient entassés sur la petite scène du café Chez Bob. Belle énergie, bonnes compositions, mais il leur manque un petit quelque chose pour me harponner vraiment.

Retour rapide au camp pour se sustenter et boire une petite bouteille de rouge en groupe, en renverser un peu, éponger les dégâts comme on peut, et ne prendre qu'une seule portion de dessert. Plus tôt, j'ai mis la main sur le prochain Fred Fortin, disque qui a déjà joué à quelques reprises dans nos oreilles pendant les radonnées d'automobile. Piste 4, à 1m35, ca torche. On s'en reparlera.

Le soleil tombe et la musique prend son envol au Paramount. Je préfère Berithan Berio, Feathership et Thus:Owls au trio plus dépeignant du Petit Théâtre (Les Guenilles, Bison BC et Priestess). Mené par Brad Barr, Berithan Berio nous a vraiment surpris. En format chanteur/guitariste, harpe et batterie, le trio était franchement bon. D'abord très folk -- quoiqu'un peu sombre --, Barr et sa bande ont ensuite viré presque world -- pensez aux bouts "africains" de Plants and Animals. Oh il vous faudra écouter pour bien comprendre, mais Berithan Berio est une de mes plus belle découverte du FME.

Feathership ne m'aura pas fait le même effet. Techniquement sans faille, c'est toutefois un peu anonyme et sans grande personnalité. Ça passe mais ça ne reste pas accroché à nos tympans. L'inverse de Thus:Owls, groupe suédo-suisso-montréalais, qui jouait ensuite. Robbie Kuster et Simon Angell de Patrick Watson sont dans le groupe, avec une pianiste et un chanteuse. Quelque part entre Lykke Li et Patrick Watson, avec une voix à la Lhasa, Thus:Owls séduit avec un univers musical apaisant et magique.

Il est minuit et quelques et je capte un bout de Lake of Stew, qui dans le vieux El Paso renomé et rénové, fait lever la foule. Une chansons à répondre au sujet d'un ours viendra sceller le pacte entre la foule et le groupe folk-roots. Lac de ragoût est suivi par Left Lane Cruiser, duo guitare batterie décapant de rock/rockabilly/métal. Ils font quelques reprises, dont Black Betty, et c'est totalement accrocheur, un bon dosage entre énergie et bruit.

La soirée se termine avec un concert improvisé de Random Recipe chez Morasse, le greasy spoon 24h du coin, où toute la faune festivalière se retrouve presque tous les soirs (c'est ce qu'on m'a dit, évidemment, moi qui ne mange que de la salade et des quiches). Le groupe attire pas mal de curieux, plus d'une centaine. Belle idée applaudie chaudement par la foule pendant que les employés de la place, âgés en moyenne de 16 ans, ne pouvait pas vraiment arrêter la chaîne de production de gras trans pour contrôler la situation.

samedi, septembre 05, 2009

Un vendredi au FME

Arrivé à Rouyn-Noranda vendredi sur l'heure du midi, je me rends au camp du Lac Flavrian, situé à une vingtaine de minutes de la ville, là où les journalistes et plusieurs groupes sont logés dans le cadre du FME. La petite terrasse à côté de la cafétéria est en plein soleil, et les âmes s'y éveillent doucement, amochées par les agréables abus de la veille. Y'a encore quelques miettes de déjeûner, mais c'est déjà le repas suivant pour d'autres.

Le temps est magnifique, et je me rends en ville un peu avant le début des concerts de 17h, on bricole notre horaire avec les collègues. Le FME a mis à notre disposition des vélos pour se déplacer d'une salle à l'autre. Philippe Renault, de Rue Frontenac, et moi on agrippe un de ces véhicules, prêtés par la police locale (des vélos volés quoi.) La gang des BMX terrorise Rouyn, jusqu'à ce que le bolide de Renault rende l'âme abruptement. Courte gloire, gros fou-rire.

À L'Abstracto, à 17h, Stereo Total prend son temps pour se lancer sur la petite scène. Les deux berlinois, qui lancent un album pour le Québec ce mardi, ont des attitudes différentes, Brezel étant en feu et lancant son gilet en l'air, Françoise étant beaucoup plus statique, sans enthousiasme évident. Pas convaincu. Je file ensuite à L'Écart, la galerie d'art de la ville tranformée en salle de concert. C'est Géraldine et Les Cagoules Duguay qui y jouent un rock étrange mais amusant. Quelque part entre la performance et la musique, Géraldine, cagoulée comme tout son groupe --Navet Confit, Vincent Blain --, chante dans un ventilateur pendant qu'un autre cagoulé filme le tout. Voyez le genre.

Plus tard au Paramount, je rate malheureusement Camaromance, dont on me dit de bons mots. Pleins de nouvelles chansons, qui paraîtront dans les prochains mois, nous assure la principale intéressée. Après, c'est Marie-Pierre Arthur qui monte sur scène, avec une nouvelle bande de musiciens -- Sandy Belfort n'y est plus, et on y trouve Olivier Langevin et Joseph Marchand. Arthur assure de mieux en mieux, nouvelle formation ou pas. Elle est revenue plus tard pour une chanson lors du concert de Patrick Watson, qui lui était venu avec un quatuor de cordes. Encore une belle performance, très proche de celle de son lancement au La Tulipe, à Montréal. Il est ici aussi descendu dans la foule avec son espèce de sac-à-dis/haut-parleurs.

Vers les minuit, dans un Petit Théâtre à moitié-vide, j'ai aussi vu Rotor Jambreks, homme-orchestre à la Bloodshot Bill mais en moins trash. Belle énergie, mais manque d'unicité. Au Cabaret de la dernière chance, j'ai découvert Clues. Je les avais entendu sur disque, mais il ne m'était resté peu de traces de leur musique. Hier soir, surprise, je reconnaissais les titres, et c'était franchement bien. Le groupe joue avec la tension entre le doux et le bruyant, et les 5 musiciens -- dont deux batteurs/percusionnistes - s'échangent les instruments entre presque chaque chanson.

La soirée s'est terminée avec un bout de concert d'Afrodizz, dans une église équipée de gros sofas et d'éclairages bien cool. Les morceaux s'étirent, font des boucles, du bonbon. Retour au camp, sommeil léger, portes qui ouvrent et ferment, rêve weird et voix de Patrick Watson qui dort à 2 portes. C'est un peu ça aussi, le FME. Mais qui s'en plaindrait. Pas moi en tout cas.

vendredi, septembre 04, 2009

Franco Phil au FME

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue a pris son envol mercredi, puis pris sa vitesse de croisière, avec le début de la déferlante de concerts.

J'y suis cette année encore et je tâcherai de vous tenir informer des activités du FME. L'horaire sera chargé durant les soirées, mais je tâcherai de vous rendre compte de mes coups de coeurs et coups de gueules jusqu'à lundi.

Salutations de Rouyn-Noranda!

mercredi, août 12, 2009

Le FME complète sa programmation

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue a finalisé sa programmation, la dévoilant par le fait même au public mélomane. Les grandes lignes avaient déjà été dévoilées.

S'ajoutent donc au menu du très agréable festival abitibien des artistes comme Stereo Total, qui sera deux soirs en concert gratuit, Le Roi poisson, Ariane Moffatt, les Français de Montgomery, le Canadien Bison BC, Random Recipe, The Cougarettes, Clues et plusieurs autres artistes du champ gauche québécois.

Le FME tiendra aussi une séance des Piknic Électronik à la Presqu’île du Lac Osisko. Y seront, pour vous faire danser, les DJ’s Williamson, Le Matos, Pax Kingz, Poirier featuring Face-T et Omnikron.

L'événement se déroule du 2 au 6 septembre à Rouyn-Noranda. Les billets et les différents forfaits sont en vente sur leur site Web, où vous pourrez retrouver tous les détails de la programmation. http://www.fmeat.org/

mardi, septembre 02, 2008

Bilan final: Rouyn-Noranda la prospère

Texte bilan paru dans Le Devoir du 2 septembre.


***








Le marché de l'emploi va bien, les maisons se construisent en grand nombre, le prix des ressources minières est en hausse: tout est nickel pour l'économie de Rouyn-Noranda. En tout cas, c'est-ce que nous ont raconté en choeur tous les résidants de la capitale nationale du cuivre croisés pendant la 6e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME), qui prenait fin dimanche soir. Et comme tout est dans tout, l'événement a aussi profité du ciel bleu qui plane sur la ville, au propre comme au figuré, car le FME a affiché une nouvelle hausse des ventes à la billetterie.

Le festival a pratiquement atteint sa vitesse de croisière, croit son président Sandy Boutin. Les quelque 12 500 entrées comptabilisées cette année lors des cinq jours du FME représentent en quelque sorte un climax dans l'histoire de l'événement. «Il y avait une journée de plus à cette sixième édition, et on a fait jouer Loco Locass à l'extérieur, ce qui explique l'augmentation de 1000 entrées par rapport à l'an dernier, explique Sandy Boutin. Mais je ne veux pas dénaturer le festival en ajoutant, par exemple, de gros concerts extérieurs partout juste pour le rendre plus gros.»

Parce que le charme de cet événement qui mélange les artistes de la relève québécoise et quelques gros noms venus d'ailleurs réside en son humanité, en sa simplicité et en la proximité entre le public et les musiciens qui viennent y jouer. Ils ont été nombreux à le dire, Rouyn, c'est «spécial». Dans le café-bar L'Abstracto, bondé, Yann Perreau a résumé le tout: «Ici, on se sent écouté.» Les deux Américains Laura Veirs et Elvis Perkins, qui font dans le folk, l'ont aussi bien senti, raconte le président de l'événement. «Après leur concert de dimanche, ils ont comparé la foule à un geyser. Ils écoutent, ils écoutent, puis dès qu'une chanson est terminée, ils explosent!»

Sur les planches
La programmation de cette édition du FME s'est révélée riche en belles découvertes et nous a permis de confirmer le talent d'autres artistes. David Marin, par exemple, malgré un début de concert difficile, s'est vu remettre par le jury de l'événement le prix Télé-Québec, bon pour un passage payé à Belle et Bum, alors que c'est le groupe Beast qui recevra le prix Étoile Galaxie et sa bourse de 3000 $.

Notre premier coup de coeur a eu lieu vendredi soir, au Petit-Théâtre, alors que les Montréalais de Duchess Says, et particulièrement sa chanteuse, ont pris tout l'espace qui leur était possible de prendre dans la salle. La chanteuse du groupe rock a parcouru la salle de long en large, et même de bas en haut, profitant d'une séance de bodysurfing pour se hisser sur un des tricycles -- le logo de cette édition du festival -- accrochés au plafond. De la bombe puissante et criarde. Après eux, We Are Wolves avait presque l'air tranquille, mais le trio gagnait en subtilité ce qu'il perdait en brutalité.

Plus tard dans la nuit, le groupe instrumental Torngat a aussi fait tourner plusieurs têtes lors d'une performance inspirée au Cabaret de la dernière chance. Les âmes moindrement concentrées ont plané et flotté sur leurs airs cinématographiques où les cuivres ont le beau rôle. Tout près, au El Paso, les New-Yorkais du groupe country-punk O'Death ont offert un concert mémorable, jouant de leur instrument avec une fougue aussi fascinante que contagieuse. Imaginez un guitariste, un violoniste, un joueur de banjo et un batteur sur les drogues dures, si vous le pouvez.

Le lendemain, les amateurs de rock à l'aube de la trentaine attendaient le groupe californien Fu Manchu, pionniers du stoner rock. Déception, la formation affichait peu de plaisir à l'ouvrage. Le chanteur s'est demandé à voix haute où il pouvait bien être, avant qu'un proche du groupe ne sorte des coulisses pour interdire au cameraman du FME de filmer leur performance. Une attitude de superstar aux antipodes de celle qui règne sur ce festival abitibien.

Il faut aussi souligner la qualité du concert de Krista L.L. Muir -- et son «merci beaucoup!» supersonique --, ainsi que celle du spectacle de clôture, où nous avons pu voir pour la première fois Laura Veirs et Elvis Perkins, deux artistes dont on vous souhaite le retour le plus tôt possible. Malheureusement, ce sera loin du geyser de Rouyn-Noranda la prospère.

lundi, septembre 01, 2008

FME: mes coup de coeurs

Arrivé vendredi à Rouyn-Noranda, j'ai raté les concerts de jeudi, qui semblaient fort intéressants. Rien ne servait de regarder derrière: allons voir des shows! Voici quelques coups de coeur.

Accompagné de quelques membres de la communauté des lendemains de veille, mon festival commença avec le concert de Yann Perreau à L'Abstracto, un charmant petit café. Comme la scène est placée au centre du mur le plus long de l'endroit, quand on est devant, on est très proche. C'était mon cas, assis par terre à un mètre de la scène. Perreau, toujours vêtu de son chapeau de paille et de son chandail de marin en col en V, cassait ses nouvelles chansons, comme il l'avait quelques jours plus tôt à Montréal. Accompagné de 3 musiciens, il a rodé ses nouveaux titres, dont un, L'ange sur la mezzanine, fournie par la Française Camille et un autre, Le bruit des bottes, inspiré par un texte de Michel X. Côté. Le concert passe très vite, étonnant pour une soirée de nouvelles chansons. Perreau ne manque pas de souligner qu'à Rouyn-Noranda, le public est spécial. "On se sent écouté". Peut-être, mais il sait s'y prendre pour qu'on l'écoute.


Plus tard, c'est Duchess Says qui m'a grandement impressionné. Sur disque, c'était déjà assez dansant, presque tribal, mais sur la scène du Petit-Théâtre, c'était quelque chose. En fait, on devrait dire dans la salle, c'était quelque chose, car la chanteuse du groupe a passé pas mal de temps avec la foule, la quadrillant de gauche à droite, et même de haut en bas. Elle s'est hissée, avec l'aide de quelques valeureux, sur un des tricycles -- le logo du festival cet année -- qui était accroché au plafond. Miraculeusement, rien n’a lâché, sous les regards amusés des festivaliers.


Un mot sur le groupe de New York O'Death, qui a cassé la baraque au El Paso. Ils jouent du country à la vitesse d'un band punk, avec beaucoup d'entrain et peu de t-shirts. Les gars avaient l'air complètement partis -- le whiskey coulait à flot dans la loge -- mais ils jouaient avec aplomb. Une belle découverte pour beaucoup de gens au FME.

Plus de détails demain, c'est maintenant le moment de reprendre des forces après ces jours remplis de pas-de-sommeil.

Le FME et les conservateurs

Dans le guide du FME, dans les premières pages, se trouvait un petit mot de la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner. Ses récentes compressions dans les programmes culturels ont eu des échos jusque dans les rues de Rouyn-Noranda.

Le président de l'événement, Sandy Boutin, a joint sa voix à celle de plusieurs artistes et mélomanes croisés au FME. Sur la scène du Petit-Théâtre, dimanche lors du concert de clôture, Boutin y est allé d'un cri du coeur contre le gouvernement de Stephen Harper. Si les musiciens québécois ont peine à parcourir leur propre province malgré l'aide que Québec leur donne avec le programme d'aide à la tournée, comment parviendront-ils à faire rayonner leur art partout dans le monde si les subventions fédérales ne sont plus au rendez-vous, se questionne-t-il.

"Je n'ai pas la prétention de vous dire pour qui voter, mais j'ai la prétention de vous dire de les câlisser dehors!", a-t-il lancé au public.

Hier, en entrevue téléphonique, Sandy Boutin nous a dit qu'il ne dépendait pas des subventions fédérales pour le FME. Les 10 000 $ qu'il ne recevra peut-être plus servaient en fait à inviter des programmateurs d'un peu partout dans le monde. Ceux qui perdraient le plus, résume-t-il, ce sont les artistes, qui ne pourront se faire voir par ses programmateurs, et donc qui perdront des occasions précieuses de jouer ailleurs qu'au Québec.

Cette année, à la suite de leur concert au FME, Torngat aurait déjà intéressé deux festivals européens.

FME: la communauté des lendemains de veille

Au-delà des spectacles et du travail, le FME c'est surtout quelques personnes avec qui l'on passe pas mal de temps, au fond.

La plupart du temps, ils ont les yeux légèrement vides, les cheveux en bataille, un sourire accroché aux lèvres.

Ils ont passé plusieurs heures devant le feu de camp du Lac Flavrian, là où sont logés la plupart des invités du festival. Quand ils se sont couchés, ils n'ont souvent pas dormis plus de 4 ou 5 heures, mais ils s'en foutent un peu, parce que le soir d'avant, ils se sont pas mal amusés, emmitouflé sous un chandail chaud, le visage brûlant à cause du feu, sous les 10 000 étoiles, les pieds presque dans le lac, avec, en trame sonore, les huards qui se font entendre quand le soleil se lève à l'horizon.

Le matin, à la cafétéria, ils mangent lentement leurs oeufs-bacon-saucisses-rôties. Les chanceux ont pu soutirer à la machine à café le précieux liquide brun, entre deux détartrages et quelques clacs étranges. Ils se rassemblent comme par réflexe autour de la table de pique-nique, où peu de mots suffisent à faire rire tout le monde.

C'est la communauté des lendemains de veille.

FME: sur les tablettes

vendredi, août 29, 2008

FME, j'arrive

Ce vendredi, je quitte Montréal pour Rouyn. Direction: FME, le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. De vendredi à dimanche, je serai sur le terrain, et je tenterai de vous raconter ce qui s'y est passé dès que j'en aurai la chance.

Sur ce, bonne listériose.

dimanche, juillet 20, 2008

La programmation du FME 08




















Après avoir fêté sa cinquième année sous le signe de la consolidation financière, le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) revient avec des reins visiblement assez solides pour prolonger l'événement pendant une journée de plus qu'à l'habitude, soit du mercredi 27 au dimanche 31 août.

Le festival, qui prend place dans différents cafés et salles de concerts de Rouyn-Noranda, offre une programmation très inspirée, en débutant par le passage en terre abitibienne des moins en moins émergents Jérôme Minière, Yann Perreau, Ghislain Poirier, Loco Locass, Les Dales Hawerchuck, sans oublier Philippe B. et le rappeur algonquin Samian, deux produits de la région.
Les autres invités du FME font presque tous partie de la crème de ce que la scène alternative québécoise - et, dans une moindre part, la scène canadienne - a vu passer depuis les 12 derniers mois. Mille Monarques, Les Handclaps et Bonjour Brumaire ont tous brillé aux Francouvertes, Plants And Animals sont en nomination au prix Polaris, et la réputation du groupe Miracle Fortress n'est plus à faire chez les amateurs d'indie-pop anglophone.

Les formations We Are Wolves, Duchess Says, The Blue Seeds, Les Amis au Pakistan, The National Parcs, El Motor, Navet Confit, Torngat, Krista L.L. Muir (aussi connue sous le nom de Lederhosen Lucil), David Marin et The United Steel Workers of Montreal seront entre autres de l'événement.

Du côtés des invités venus d'outre-frontières, mentionnons le passage de la chanteuse folk américaine Laura Veirs et des Français Jean-Philippe Debroize et Spade & Archer.
Le FME organise toujours sa nuit électro - une occasion rare pour la population - et offrira encore une fois un concert gratuit en plein air, le samedi après-midi. Après le succès de Tricot Machine l'an dernier, ce sont les frères Diouf qui joueront à ciel ouvert.

Le festival mettra ses billets en ventes le 28 juillet, et offre différents forfaits incluant l'hébergement et le transport, pratiques pour les mélomanes curieux de partout au Québec. Renseignements: www.fmeat.org

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Des photos de l'édition 2007 du festival, prises par Christian Leduc, sont en ce moment en exposition au Vices & Versa, boulevard Saint-Laurent, tout près de Saint-Zotique.

mardi, septembre 04, 2007

FME: un bilan de la 5e édition

«Est-ce que je peux émerger comme je le souhaite, câlice!» La phrase, lancée par Plume Latraverse dans un Petit Théâtre bondé et bouillant, a résumé en quelques mots l'ambiance qui a régné sur Rouyn-Noranda pendant la 5e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, qui s'est terminée dimanche. Pendant les quatre jours de l'événement, les mélomanes venus en grand nombre ont effectivement eu droit à une programmation éclectique, qui, malgré quelques abstentions de dernière minute, a offert une belle vitrine à toute une scène musicale dynamique, originale et, il faut le dire, parfois culottée.

La plupart du temps, culotté a rimé avec audacieux lors de ce FME. Geneviève et Mathieu ont d'ailleurs donné le ton de notre virée, vendredi, avec un spectacle hors du commun. Le couple, qui mélange musique et performance artistique, débordait d'énergie lors de ce récital de chansons d'amour, Geneviève se balançant sur un trapèze, frappant une pinata à coups de bâton et offrant à toute la salle une coupe de champagne (bon, du mousseux, mais quand même!) pour fêter les cinq ans du festival, les 10 ans de leur couple et les 15 ans de L'Écart, le centre d'art de la ville. Déjà, ça pétillait à Rouyn-Noranda.

Plus tard, sur la scène du Cabaret de la dernière chance, tout près de l'immense fonderie et de ses tours illuminées, le groupe rap Gatineau a fait très forte impression sur les festivaliers. Son énergie contagieuse, ses rythmes efficaces et la présence sur scène du chanteur Séba ont vite fait de convaincre la foule compacte, qui a colporté la bonne nouvelle un peu partout en ville. Il faut dire que le rappeur a terminé le concert légèrement vêtu. Culotté, disait-on.

Le lendemain, c'est Frank Martel qui a surpris les curieux rassemblés à l'Abstracto en début d'après-midi. Ses fables animalières, son amour des mots et de leur déconstruction et sa sincérité ont fait mouche. En soirée, au Paramount, c'est le groupe montréalais Land of Talk qui a le plus titillé notre intérêt. La chanteuse et guitariste Elizabeth Powell a une voix absolument craquante et un style de jeu inusité, se contentant très rarement de simples accords plaqués. Dommage qu'elle accordait son instrument entre chacune des chansons, car cela brisait tout le rythme du concert. Les Breastfeeders, eux, n'avaient pas ce problème-là, enchaînant les bombes rock'n'roll à une vitesse infernale. On leur connaissait cette fougue, et ils n'ont pas déçu. Les festivaliers étaient toutefois entassés comme des sardines dans le Cabaret de la dernière chance, où il faisait une chaleur étouffante.

Dimanche, nous étions un peu essoufflé, mais toujours en vie, aidé par les nombreux et très généreux bénévoles du FME. C'est aussi Socalled, sympathique musicien qui cuisine sa musique traditionnelle juive avec du hip-hop et une bonne rasade d'humour, qui nous a remis sur pied. Armé de son accordéon et d'une boîte à rythmes, Socalled était accompagné de la délicieuse Gisèle, des Hot Springs. Un mélange explosif qui a permis à Socalled de gagner le prix Galaxie, d'une valeur de 3000 $. L'autre prix remis par le festival a été remporté par Luke Doucet, qui pourra monter sur la scène de Belle et Bum lors de la saison à venir.

Le festival s'est officiellement terminé quelques heures plus tard avec le concert de Plume Latraverse, un des gros noms à l'affiche du FME. Plus très émergent, il a quand même profité de l'occasion pour tester quelques nouvelles pièces et pour livrer des titres plus obscurs, pour la plupart tirés de son album Chansons nouvelles. Couvre-chef de paille sur la tête, grosse barbe poivre et sel, il a enchaîné ses chansons en chapelet, à coup de deux ou trois à la fois. Tout le monde n'a pas aimé, nous, nous lui levons notre chapeau.

Il restait tout de même quelques concerts de fin de soirée à se mettre sous la dent. Omnikrom a clôturé la soirée hip-hop, non sans quelques difficultés techniques. Au tout début de leur performance, les haut-parleurs de la salle ont lâché prise, et il a fallu de longues minutes pour que le spectacle puisse reprendre. Seule une poignée de jeunes fans du groupe sont restés jusqu'à la fin de cette prestation tout de même sympathique. Puis, vers minuit, Johne-5 et Les Psychos Riders ont entamé sous le signe du rock le dernier sprint du FME, avant que ne s'abaisse pour de bon le rideau sur le festival.

Bilan chiffré
Le bilan financier final de cette 5e édition du FME n'est pas encore disponible, mais l'organisateur de l'événement, Sandy Boutin, assure avoir pris les moyens nécessaires pour éviter un déficit. Une croissance plus maigre de l'offre de concerts et les doubles concerts de certains artistes ont permis d'épargner quelques dollars. «Cette année, on a tout fait pour contrôler la croissance du festival, explique Boutin. La seule grosse nouveauté était le concert extérieur du samedi midi.» Cette innovation, ajoutée à la croissance des visites en salle, a permis au FME d'enregistrer près de 11 500 entrées, en comparaison des 9000 de l'an dernier.

Le FME a reçu cette année une enveloppe de 31 000 $ de la SODEC, un montant cinq fois plus gros que par les années passées.Pour Sandy Boutin, c'est clairement le fruit de la rencontre que les organisateurs ont eue avec la ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, plus tôt cette année. Aussi, les revenus en provenance de la vente de billets, de marchandises et de bière ont légèrement augmenté et les commanditaires ont été plus généreux que jamais. Quand le secteur privé s'y met, c'est souvent signe de prospérité, et l'avenir semble plutôt lumineux pour le FME.

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Photos prises sur le blogue Rock'n'doudou (merci)

FME: la rage au volant du jeune Papineau

Samedi, Rouyn-Noranda. Le ciel est magnifique, le soleil tape fort, le thé glacé coule à flot sur la terrasse au deuxième étage du club de go-kart. De cette hauteur, nous voyons la piste où dans quelques instants nous lutterons. J'analyse les virages, établit ma ligne de course, pense à ma stratégie d'arrêts aux puits, utiliserais-je les gommes tendres... Je tente aussi d'intimider mes adversaires, faisant des gros yeux à François et Marc-André, de Band de garage, minant la confiance de Cynthia Bellemare de la SOPREF, montant la foule contre ma collègue cibélienne Antonine, et tentant d'offrir des pots de vins à Anne-Marie Bergeron.

Boy, quand la course commence, t'as envie de dépasser tout le monde. Le frein? Pourquoi le frein, sinon pour déraper? Mes stratégies de déconcentration semblent fonctionner, puisque je gagne 3 places lors de course de qualification pour la finale. Malheureusement, je termine 4e, et seulement les 3 premiers se rendent en grande finale.
Mentionnons que cette année, ce n'est pas Olivier Robillard-Laveaux qui a remporté la course. Cela le punira pour m'avoir asséné une sauvage et disgracieuse descente du coude en plein milieu de la nuit pendant mon sommeil. Il y a une justice dans la vie.
Ici, à gauche sur la photo volée à Rock'n'doudou, on peut presque voir mon style inimitable, le capuchon au vent, l'oeil vif, et la lunette scintillante.

FEM: enfin mon lit douillet

Le Festival de musique émergente a pris fin dimanche soir, et je suis de retour, transi, mais heureux. C'est que là-bas, celui qui se couche à 3 heures du matin est une mauviette, celui qui se couche à 4h du matin est un peu moumoune, celui qui se couche à 5 h du matin commence à être un homme, celui qui se couche à 6h du matin attirera le respect des autres. Ultimement, c'est quand le ciel est clair qu'il faut aller au lit pour être cool.

C'est donc les yeux un peu petits que je vous reviens, même pas grippé, même pas blessé, mais la tête pleine de souvenirs et de bonne musique.