L'éclaircie ne pouvait durer éternellement. Les nuages sombres ont couvert samedi le ciel de Rouyn-Noranda, qui accueille cette fin de semaine la 8e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME). Petit crachin qui remplit les lunettes le temps de traverser la rue Murdoch, un vent hypocrite qui fait retourner les parapluies...
Conséquence? Pendant les «cinq à sept», les habitués des terrasses se sont réfugiés à l'intérieur, engorgeant ainsi les cafés et les bars qui accueillaient La Patère rose, Damien Robitaille et Bernard Adamus. En marge de ses gros noms de la scène montréalaise qu'on a vu déjà souvent, nous avons fait la découverte du groupe abitibien Le Carabine, qui offre une musique instrumentale faisant parfois penser aux airs poussiéreux de Psychocaravane, parfois aux airs profonds de Pawa Up First. À défaut d'être clairement original, c'était fort bien livré. En plus, il faisait des projections sur acétate, comme dans le bon vieux temps du secondaire.
Le FME offrait deux choix de concerts à 20h: un carte plus douce à l'Agora des arts avec Voilà!, Leif Vollebekk et Karkwa, et une soirée lourde avec The Melvins au Petit Théâtre. Les quatre vétérans du stoner rock des Melvins ont taillé leurs puissantes et bruyantes mélodies avec une précision chirurgicale. Le groupe a deux batteurs sur scène, et l'impact de leurs pièces n'en est que plus musclé, si une telle chose se peut. Côté cheveux, les Melvins ont soulevé un débat profond chez les festivaliers: perruques ou capilaire naturel? Le chanteur et guitariste a une touffe blanche frisottée tandis que le bassiste a un giga afro. Le mystère demeure.
Le contraste sonore était frappant à l'Agora des arts. Si le groupe post-rock Voilà! manquait de personnalité, leur dernier morceau joué, Bosnie-Herzegovine, a rattrapé un peu le tout. On a compris par la suite pourquoi le patron du FME, Sandy Boutin, avait souligné en gras le nom de Leif Vollebekk sur notre programmation. Sur scène, le bilingue chanteur a impressionné avec ses douces pièces folk et sa voix aux accents de Patrick Watson. On a hâte d'en revoir plus. Karkwa a ensuite pris la scène, s'excusant presque d'avoir fait attendre les festivaliers 8 ans depuis leur dernier passage au FME, lors de la première édition. «Notre gérant (le directeur du festival) ne voulait pas. Conflit d'intérêts, a lancé le chanteur Louis-Jean Cormier. Mais cette année on a poussé fort, ç'a marché.» Karkwa n'a pas eu une soirée très facile, devant s'interrompre à quelques reprises en raison de problèmes de son sur scène. L'ambiance en a payé le prix, d'autant que le groupe n'a pas donné son meilleur concert. Mention spéciale aux éclairages, qui enfin ce soir-là étaient à la hauteur.
La fin de soirée s'est révélée plus intéressante encore. The Sadies étaient de retour sur scène pour un deuxième soir de suite. Sous des airs détachés, les Canadiens font preuve d'une énergie country rock impressionnante et d'une maîtrise de leurs instruments digne de mention. Un voisin musicien croisé à Rouyn en avait les yeux encore tout écarquillé en fin de concert. Au Cabaret de la dernière chance, au même moment, le trio Parlovr a ravi une foule compact et suante. Le groupe fait penser à Clues pour la force des mélodies et des voix, mais avec beaucoup plus de joie de vivre. Et surtout, le groupe était visiblement ravi de jouer: ça ne pouvait que déteindre sur nous.
Le Devoir
dimanche, septembre 05, 2010
FME, jour 3: Musique sous un ciel fâché
Publié par
Philippe Papineau
à
10:19 a.m.
samedi, septembre 04, 2010
FME, jour 2: Du bon, du croche et une surprise
Revirement de situation météorologique, vendredi à Rouyn-Noranda. Si la ville s'est réveillée tel que prévu sous l'averse, que dire l'orage, les mélomanes inquiets pour les conditions pendant le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) ont eu le bonheur de voir le ciel se dégager dès les premières heures de l'après-midi.
Au commencement des spectacles, à 17h, les conditions étaient donc parfaites pour se promener de salle en salle, question de ne rien manquer. S'il est vrai qu'il faut des billets pour les concerts de la soirée, les 5 à 7 sont ouverts au public gratuitement.
C'est un Alex Nevsky un peu nerveux qui a fait découvrir ses pièces aux festivaliers. Un stress bien compréhensible : c'était son lancement de disque, sa guitare lui a donné du fil à retordre, et la salle, L'Abstracto, ne laisse aucune place aux artistes pour se cacher: la foule entoure la scène et les spectateurs les plus proches sont à moins d'un mètre des artistes. Faut assumer. Chose réussie pour Nevsky, qui a franchement pris corps avec son groupe depuis la finale des Francouvertes. Si tout va bien pour le jeune chanteur de pomme, on lui prédit bien des bonnes choses.
Nos pas nous ont ensuite mené vers Chez Bob, où Salomé Leclerc livrait ses pièces en duo avec Philippe B. Leclerc a du potentiel et une voix solide, mais pas plus ici qu'aux dernières FrancoFolies de Montréal elle ne nous a asséné le coup de grâce avec son folk-rock. Peut-être ne lui manque-t-il au fond que de meilleures mélodies auxquelles s'accrocher. Plus loin, à la toute nouvelle salle Évolu-Son -- la peinture est à peine sèche! -- nous avons capté la toute fin du concert d'Emilie Clepper. Elle qui chante habituellement en anglais a fait une pièce en français au rappel, et sa voix a pris une toute autre dimension -- pour le mieux, dirait-on.
Le début de la soirée s'est déroulé comme jeudi, en alternance entre le Petit Théâtre et l'Agora des arts, à un jet de pierre de là. On avait entendu beaucoup de bien des Peelies dans les derniers mois sur la Toile, mais le test de la scène a été cruel. Le rock garage des quatre filles était simpliste, joué de manière hyper carré, sans grande présence sur scène. À côté de Jesuslesfilles qui suivait, c'était le jour et la nuit en matière d'énergie, d'attitude, d'aisance.
À l'Agora des arts, on avait hâte de voir Gigi French, ex des Hot Springs, qui avait déclaré forfait aux FrancoFolies et au spectacle de l'Autre Saint-Jean cet été pour des raisons personnelles. Mal à l'aise dans sa robe de soirée de velour noir, Giselle Weber a passé plus de temps à retenir ses seins dans sa robes qu'à nous convaincre du sérieux de son projet de chanson jazzée. Faut croire qu'une rockeuse, même dans une robe chic, ça reste une rockeuse. Après elle, le vétéran Howe Gelb, de Giant Sand, a réécrit la définition de «liberté» sur scène. Un peu chaotique par moment, le pianiste et guitariste aux airs de Dylan a réussi à nous faire entrer dans son univers particulier. Une pièce qui s'arrête en plein milieu, des pièces de métal déposées sur les cordes du piano, des histoires décousues, des ponctuations rock à travers des balades folk... Mais comme Gelb était en parfait contrôle, on a suivi et on a aimé.
Question d'arrêter de courir un peu, la suite des choses s'est uniquement déroulée au Cabaret de la dernière chance -- le «cab» pour les habitués -- pour entendre Fred Fortin. Accompagné d'Olivier Langevin et de Justin Allard, Fortin a secoué le bar rempli à pleine capacité avec des arrangement plutôt rock des pièces de ses deux derniers disques - Conconne, Le Cinéma des vieux garçons, Massacre à l'harmonica, T'es grosse pis t'es belle. Le guitariste Langevin ne nous a pas souvent déçu dans le passé (voire jamais), mais cette fois il était particulièrement inspiré. Chapeau au trio.
À la sortie du «cab», le mot a commencé à circuler: un concert-surprise aurait lieu quelques minutes plus tard au Bar des Chums, une taverne où les locaux ont leurs habitudes depuis des années. Le groupe-maison a cédé la scène aux Frères Rivaux, le duo comico-country composé de Sunny Duval et de Damien Robitaille. La salle s'est remplie en un clin d'oeil et s'est solidement bidonnée de l'absurdité des chansons, doublée de l'étrangeté de la situation. Ça, c'est une fin de soirée qu'on oubliera pas.
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Philippe Papineau
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12:23 p.m.
mardi, juin 01, 2010
Les Francos extérieures: du bon, en grattant
Au gré des éditions, les FrancoFolies ont régulièrement offert une belle tribune à l'alternatif et à l'émergent, mais le festival vise d'abord une sphère grand public. C'est su, connu, accepté. C'était déjà flagrant avec la programmation en salle, remplie de Français (Higelin, Miossec, Roussel, des raretés) mais peu audacieuse outre ça. Les Montréalais ont déjà vu jouer en ville Mara, Damien, Pierre Lapointe, Andréa Lindsay, Gilles Valiquette, et on n'a pas particulièrement une envie dévorante d'y voir Marc Hervieux, Kevin Parent, Renée Martel, Robert Charlebois, Les Misérables et autres Big Bazar. Peut-être que le contexte financier difficile enlève le goût de prendre des risques.
On se rabat donc, comme souvent, sur la programmation extérieure. J'avoue avoir eu un peu peur hier en lisant le texte de La Presse canadienne avec une collègue assoiffée de trucs à découvrir. Diane Dufresne? Sauf une ou deux chansons, j'ose le dire, moi ça me laisse de glace. France d'Amour avec Sylvain Cossette? William "Moisi moé'ssi" Deslauriers? Hugo Lapointe? J'adore Thomas Fersen, mais il semble venir ici aux 3 mois faire des shows.
Mais pas de panique (ou pas trop), c'est en grattant qu'on y trouve des perles. Dans l'ordre ou le désordre : WD-40 (?!!), Les Breastfeeders, Patrick Pleau, Nul si découvert, Jeune Chilly Chill, Mohammed, Zéphyr Artillerie, Moussette, pleins de monde des Francouvertes (Monogrenade, Alex Nevsky, Louis-Philippe Robillard, Philémon chante, Karma Atchykah, Shampouing), Stephen Faulkner (yé!), Jimmy Huny, Bravofunken, Sunny Duval, Polipe, Émilie Proulx, Yann Perreau avec plein de monde qu'on aime dont Bernard Adamus... et je saute pratiquement tout le trad et le world dans cette liste. (Si vous avez des points saillants, écrivez-les dans les commentaires!)
Je souligne en passant le spectacle de clôture, le Rock party des Francos (au nom un peu anglo...), samedi le 19 juin. La soirée va rassembler Les Trois Accords, Fred Fortin, Gigi French et Ariel, et sera diffusée en direct sur les ondes de CIBL. Le signal sera aussi retransmis pour tous les auditeurs des radios communautaires francophones du Québec et d’ailleurs. À Blanc-Sablon. À Rimouski. À Toronto. À Anticosti. À Radisson. Fou!
Tous les détails au http://www.francofolies.com/. N'hésitez pas à me laisser vos coups de coeur.
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Philippe Papineau
à
10:48 a.m.
Libellés : 2010, extérieure, FrancoFolies, programmation
mardi, avril 06, 2010
Les Francos complètent la programmation en salle
Les FrancoFolies de Montréal avaient déjà fait connaître une partie de leur programmation en salle il y a quelques semaines, en mettant de l'avant les artistes Français, qui devaient être davantage présents avec les nouvelles dates du festival (du 10 au 18 juin).
Voici la suite des choses pour les concerts en salle. On vous épargne les 12 représentations des Misérables et les huit du Nouveau Big Bazar (qu'on imagine des pompes à billets) pour vous annoncer qu'il y aura quand même autre chose que des comédies musicales aux Francos. Dans le désordre, tiens.
La présence de Bernard Adamus aux Francouvertes paraît encore moins utile lorsqu'on apprend qu'il sera deux soirs à L'Astral, les 16 et 17 juin, avec Benoit Paradis Trio en première partie. Après son concert extérieur de l'an dernier, c'était bien la moindre des choses, quand même. Malajube, chouchou des Francos depuis quelque temps et avec raison, présentera un concert intitulé Cubes rubiques, que l'on dit unique, sans donner plus de détails. Ce sera quand même au Théâtre Maisonneuve, le 14 juin, mais ca ne coûtera pas la peau des fesses (25 $ plus les maudits frais).
Mara Tremblay sera au Club Soda le 17 juin, et aussi la veille dans la carte blanche à Renée Martel. Damien Robitaille sera lui aussi au Club Soda, le 18 juin, avec Benoît Rocheleau en première partie. Dans la même salle, Pierre Lapointe sera deux soirs sur les planches, le 15 et le 16 juin, avec le français JP Nataf en première partie (il était déjà venu avec Albin de la Simone il y a quelques années). Lapointe sera aussi en solo le samedi 19, au Théâtre Maisonneuve.
Parlant d'Albin, sa douce moitié Jeanne Cheral défendra son dernier disque à L'Astral, le 15 juin. Tricot Machine sera aussi dans la salle de la rue Sainte-Catherine le 18 et le 19 juin avec Le Husky en première partie qui pourra défendre son 2e disque à paraître le 20 avril.
Alors qu'Oxmo Puccino sera de retour au Métropolis le 17, Radio Radio sera aussi aux FrancoFolies en salle, au Cabaret Juste pour rire le 13 juin, alors que Les Vulgaires Machins seront au Métropolis le 16 juin, avec Les Saintes-Catherines pour réchauffer la salle. Les amateurs de punk rock hexagonal seront ravis au Bal des enragés, le 18 juin, au Cabaret Juste pour rire, avec une panoplie de groupe reprenant des standards du genre.
J'en passe, allez faire un tour sur le site des Francofolies pour tous les détails. Les billets seront en vente dès jeudi midi.
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Philippe Papineau
à
2:00 p.m.
Libellés : 2010, FrancoFolies, programmation, salle
lundi, février 08, 2010
Début des Francouvertes ce soir
Pour reprendre la célèbre formule, la 14e édition des Francouvertes prend son envol ce soir au Lion d'Or, alors que monteront sur scène trois formations au son rock.
Jesuslesfilles, Turbo Distortion et Meta Gruau joueront tour à tour pendant une trentaine de minutes, pendant que la foule et le jury voteront chacun pour 50 % de la note. La foule, c'est vous, et pour les préliminaires, le jury est composé d'Andrea Lindsay (auteure-compositrice-interprète), Antonine Salina (CIBL), Richard Pelletier (Disques Pixelia), Éric Tremblay (Audiogram), Marc-André Pilon (Bande à part), Oliver Lalande (Nightlife – VOIR Montréal), Marc-André Sarault (FrancoFolies de Montréal), et de moi-même.
Le groupe Jesuslesfilles est composé de cinq membres (une fille et quatre gars) et qualifie sa musique de Rock -Folk- Grunge. Sur le EP de cinq titres déjà paru sur l'étiquette Méga Fiable (Les Prostiputes, Les Crapules, Le Monde dans le feu...), leur musique est bruyante, dispersée, garrochée, mais avec, greffées quelque part, des mélodies. Comme si on avait trempé Dumas dans le goudron de la distortion. Leur pièce Mercredi est téléchargeable ici.
Avec ses harmonies vocales, Turbo Distortion a un côté moins brouillon quoique plus punk. Le groupe, qui porte le nom d'une pédale d'effet pour la guitare électrique, joue vite, et crie ses mélodies sur la grippe AH1N1, les Ovnis ou sur le monde du hockey.
Meta Gruau s'amuse davantage avec les claviers, souvent saturés à la sauce électro. La guitare n'est pas absente, mais prend moins de place que chez les deux autres groupes de la soirée. Meta Gruau compte entre autres dans ses rangs Julien Michalak et Julien Bakvis, qui étaient jadis dans Jacquemort avec Thomas Augustin, le claviériste de Malajube. Ils partagent une influence un peu prog, mais Meta Gruau a aussi un côté Georges Leningrad qui brouille les références.
La soirée débute à 20h00, et ça ne coûte que 6 $.
Le reste de l'horaire des Francouvertes
- 15 février: Tire le Coyote, L’OURS, Monogrenade
- 22 février:, Karma Atchykah et The Consequences, Mono/Stereo, Shampouing
- 1er mars: Philémon Chante, Dominic avec un c, Louis-Philippe Robillard
- 8 mars: Domaine Alary, Caloon Saloon, Michèle O.
- 15 mars: Max Ricard, Violett Pi, Bernard Adamus
- 22 mars: Bujo, Alex Nevsky et Micros Armés
Publié par
Philippe Papineau
à
11:17 a.m.
Libellés : 2010, francouvertes, préliminaires
