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jeudi, septembre 30, 2010

Les Francouvertes en mode recrutement avec de nouvelles règles

Le concours de l'alternative musicale Les Francouvertes entame le recrutement pour sa 15e édition, qui se déroulera du 7 février au 3 mai. Ce sont Marie-Pierre Arthur et La Patère rose (les gagnants de 2008) qui seront les porte-parole cette année.

Pour la gang de musiciens franco-canadiens pas connus qui se trouvent pas pires et qui lisent Franco Phil (non, pas toi Marie-Mai, ni toi Justin Bieber), sachez que vous avez jusqu'au 29 octobre pour soumettre votre candidature. Après ça, ça fait un grand schlak sonore et vous n'aurez plus qu'à attendre à l'an prochain.

Les inscriptions se font en ligne en se rendant au http://www.francouvertes.com/ ou au http://www.bandeapart.fm/. Selon les Francouvertes, "l’artiste accède à une fiche dans laquelle il peut insérer tous les éléments pertinents et nécessaires à son inscription : chansons, photos, vidéo, textes, dossier de presse, etc., et même y faire son paiement. " Les coûts d’inscription sont de 75 $.

De nouvelles règles
De nouvelles règles d'éligibilité s'appliquent cette année. Il y a plusieurs éditions que le concours songe à modifier certains règlements, et le cas particulier de Bernard Adamus l'an passé à poussé l'organisation à restreindre davantage l'accès à la compétition. Voici les nouveautés, qu'il a fallu un peu décrypter pour vous:

1- Le premier tri se fait ainsi. Les artistes ne doivent pas avoir signé de contrat de disque, pas même en licence, avec un producteur reconnu, avant la fin de la période d'inscription (29 octobre, vous vous souvenez du "schlak"). Dans l'éventualité où un groupe est sélectionné, il ne doit pas y avoir d'entente avant le premier passage de l'artiste sur scène aux Francouvertes. Ce qui peut être, au plus tard, le 21 mars, si le groupe passe dans la dernière vague de préliminaires.

2- Ensuite, si vous passez le premier tamis en tant que pépite d'or assez petite, les Francouvertes ajoutent un autre filtre: celui de la quantité. Les productions indépendantes -- les seules qui restent après la règle 1 --, seront acceptées si elles ont vendu moins de 1000 albums, physiques et numériques additionnées, selon les décomptes officiels et reconnus.

Pour les ventes numériques, le concours se fie sur les chiffres de Radio Star, qui comptabilise les statistiques chez iTunes, Zik.ca, Bluetracks et autres vendeurs officiels de matos numérique. Bandcamp, par exemple, n'est pas comptabilisé. Une vente d'album numérique compte ici pour l'équivalent de trois albums physique. Donc, en théorie, si un artiste indé vent 333,33 disques en numérique, il est exclu des Francouvertes. Tout comme s'il vend 400 CD physiques et 200 CD numériques.

***
Ce coup-ci, vous pourrez pas dire que Franco Phil ne vous a pas prémâché l'info pour vous éclairer tel un phare dans la nuit. Mais consultez quand même la liste complète des règlements sur le site des Francouvertes, il y a d'autres critères.

mardi, mai 04, 2010

Bernard Adamus couronné aux Francouvertes


Depuis la première semaine de la ronde préliminaire des Francouvertes, c’était écrit dans le ciel en lettre de bois attachées par de vieux clous: le folk aux accents blues de l’auteur-compositeur-interprète Bernard Adamus, déjà comète locale depuis plusieurs mois, a bel et bien triomphé hier soir au Club Soda, lors de la grande finale du concours de l’alternative musicale francophone, remportant du coup le gros lot de 10 000 $. Alex Nevsky et le groupe Monogrenade ont terminé respectivement deuxième et troisième, remportant chacun leur lot de prix secondaires.

La présence de Bernard Adamus aux Francouvertes a fait jaser dans les cercles d’amateurs musique émergente, le chanteur étant selon plusieurs dans une classe à part – il était déjà le champion de la dernière édition du Festival en chanson de Petite-Vallée. La réalité leur a donné raison, puisque Adamus, poulain de l’étiquette Grosse Boîte, a mené chacune des rondes du concours, jusqu’à la victoire. «J’étais mitigé à savoir si je devais participer au concours, a avoué le chanteur au Devoir quelques minutes après sa victoire. Mais ça aurait été stupide de ne pas le faire, c’est quand même un petit marché ici. Je vis bien avec la victoire, mais je suis content de voir que les autres finalistes ont déjà des maisons de disques, sinon ç’a aurait été plus "malaisant".» Alex Nevsky est encadré par Audiogram, alors que Monogrenade travaille avec Bonsound.

Dernier à monter sur scène, Adamus a d’entrée de jeu avoué être nerveux devant une foule qui s’élevait jusque dans les hauteurs du Club Soda. Le chanteur et sa bande se sont entassés au milieu de la grande scène, «épaule contre épaule», livrant avec aplomb ses pièces folk bien grasses, des hybrides entre l’énergie vocale des Colocs et l’irrévérence de Plume. La voix un peu nouée en début de performance, Adamus a vraiment pris son envol avec une version contrebasse-voix réussie de Rue Ontario, son hymne pas très rose mais extrêmement contagieux sur l’artère montréalaise. La pièce lui a permis de gagner le prix de la SOCAN pour la meilleure chanson. Il a aussi remporté le prix du public.

Avant lui, le chanteur Alex Nevsky avait beaucoup plus d’aisance sur scène que lors de la ronde préliminaire. Mais on a toujours autant de difficulté à le cerner. Nevsky est-il un espèce de Pierre Lalonde du Mile-End, qui fait des « sha-la-la-la» racoleurs, ou alors ce chanteur ténébreux à la Yann Perreau capable de très beaux moments (Tristessa)? On en vient à ne plus savoir ce qui est drôle ou pas, ce qui est premier degré ou ironique. Confus, tout ça. Nevsky a tout de même remporté trois prix qui lui permettront de jouer aux FrancoFolies de Spa, au Coup de cœur francophone et à la ChantEauFête de Charlevoix. Quant à Monogrenade, qui a gagné le prix de la meilleure composition musicale ainsi qu’une performance aux FrancoFolies de Montréal, il devra tenter de s’éloigner de ses influences trop évidentes – Radiohead, Patrick Watson, Karkwa, etc. C’est lors des moments plus rock et plus libres que le groupe était à son meilleur.

samedi, mai 01, 2010

Finale des Francouvertes - un concours en mutation



À quelques jours de la grande finale des Francouvertes, qui aura lieu lundi au Club Soda, on peut dire sans se tromper que la 14e édition du concours musical a été fort belle, mais plutôt mouvementée. Si, dès le départ, la présence de la comète Bernard Adamus parmi les 21 participants avait fait tiquer les amateurs de musique émergente, qui jugeaient le guitariste trop connu, voici que les trois finalistes ont déjà paraphé des ententes avec des maisons de disques. L'organisation, elle, songe déjà à changer quelques règlements.

Cette année, la foule et les jurys de l'industrie — qui se partagent chacun 50 % du poids du vote — ont fait passer en finale Alex Nevsky, le groupe Monogrenade ainsi que Bernard Adamus.

Nevsky, un chanteur dur à cerner, aussi décalé que fleur bleue, a une entente en poche avec Audiogram (Pierre Lapointe, Ariane Moffatt). Il a déjà fait quelques premières parties pour Yann Perreau, qui l'a pris sous son aile. Le groupe Monogrenade, que la pièce Ce soir et son beau vidéoclip ont fait connaître aux férus de découvertes, fait un folk rock à la mode de Karkwa, tout en montagnes russes. La bande s'est entendue pendant le concours avec Bonsound (Radio Radio, Marie-Pierre Arthur). Quant à Bernard Adamus, recruté il y a plusieurs mois par Grosse Boîte (Tricot Machine, Coeur de pirate), il a déjà vendu quelques milliers d'exemplaires de son premier disque folk-blues de galerie, Brun.

La directrice des Francouvertes, Sylvie Courtemanche, est à l'écoute des critiques, tout en y voyant la preuve que la vitrine qu'elle propose est précieuse pour beaucoup d'amateurs de musique. «Personne ne doute du besoin ou de l'objectif des Francouvertes, mais y'a des gens qui remettent en cause une partie de notre façon de faire, précise-t-elle. C'est clair qu'on va modifier des choses, entre autres dans les critères de sélection. Mais ce n'est pas que le fait de cette année, c'est la goutte de plus qui nous a fait dire qu'il était vraiment temps qu'on s'ajuste.»

L'industrie de la musique se métamorphose à grande vitesse. D'une part, les maisons de disque sont davantage sur le terrain et sont plus «agressives», mais aussi, Internet a changé la donne. Si les ventes de disques chutent en partie à cause du téléchargement illégal, le Web permet par ailleurs de créer des engouements plus rapidement, et aussi de vendre la musique en ligne. Les Francouvertes refusent les inscriptions des artistes ayant vendu plus de 1000 exemplaires d'un disque au moment de la soumission du dossier, critère respecté par tous les participants. «Mais en ce moment, on ne tient pas compte des ventes sur Internet.»

Est-ce que le gros lot de 10 000 $ — plus une multitude de prix en tout genre — n'ira pas, au fond, dans les poches d'une maison de disques? Sylvie Courtemanche est catégorique: «Non. C'est un chèque qu'on fait à l'artiste, et jamais à la compagnie. Ce montant-là doit être rattaché à un projet artistique précis, avec un budget. Et en général, plus l'artiste investit dans son disque, plus il reçoit rapidement des redevances de la vente des albums.»

Au-delà de cette récente crise de légitimité, Les Francouvertes devront peut-être jongler avec une autre crise, financière cette fois. La radio satellite Sirius, principal commanditaire du concours au budget d'environ 300 000 $, n'a pas encore confirmé son financement pour l'an prochain. Et la directrice devra aussi faire sans un programme fédéral de 20 000 $ qui a été modifié et qui prive plusieurs concours de ce montant. «Pour l'instant, on est sur la corde raide. C'est notre 15e anniversaire l'an prochain, et j'avais quelques projets en tête, mais on les a mis sur la glace.»

***
Au Club Soda, lundi 3 mai à 20h. Billet: 15 $, en vente sur Ticketpro et à la porte.

jeudi, avril 15, 2010

Francouvertes: Adamus, Nevsky et Monogrenade en finale

Le public et le jury aura parlé: la finale des 14es Francouvertes mettra en vedette Bernard Adamus, Alex Nevsky et Monogrenade.

On ne peut pas dire que c'est un trio de tête surprenant, tous ayant fait de bonnes performances en rondes préliminaires -- quoique je n'ai pas vu les demi-finales, malheureusement. Les trois artistes ou groupes ont aussi déjà attiré les radios et/ou les compagnies de disques et/ou les amateurs de musique d'ici. Adamus est chez Grosse Boîte, Alex Nevsky a paraphé une entente avec Audiogram, alors que Monogrenade a "signé ici pèse fort trois copies" avec Bonsound.

En fait, avant même le concours, ils étaient déjà sous contrats, sauf Monogrenade, qui avait tout de même déjà un disque en main. Est-ce que parce que nos étiquettes de disques ont le nez si long que les Francouvertes n'ont pas le temps des les révéler vraiment? Ou alors est-ce que le concours doit viser une relève moins établie? Et alors, existe-t-il encore vraiment une relève pas établie? Pas de réponses simples ici.

Ce ne sera donc pas une édition où un groupe cendrillon, venu de nul par, aura écarquillé les yeux de tous -- à la Patère rose. Enfin, il y en a bien eu, Philémon chante, tiens, L'Ours, ou alors Caloon Saloon que j'ai beaucoup aimé.

Pour la grande finale, le 3 mai, les Francouvertes se déplacent au Club soda (15 $). Encore une fois, les compteurs sont remis à zéro, et la foule et le public se partagent à nouveau la moitié du vote. Voici la composition du jury de l'industrie pour la finale: Louis-Jean Cormier (Karkwa), David Marin (auteur-compositeur-interprète), Laurent Saulnier (FrancoFolies de Montréal), Catherine Pogonat (ARTV), Steve Marcoux (Coup de cœur francophone), Andréanne Sasseville (SIRIUS Radio Satellite), Pascale Richard (Bande à Part – Radio-Canada) et Marie-Christine Blais (La Presse - Radio-Canada).

(Sur la photo: Alex Nevsky)

lundi, avril 12, 2010

Francouvertes: début des demi-finales ce soir

Trois semaines après l'ultime soirée de la ronde préliminaire des Francouvertes, voici que commence ce soir la ronde suivante, les demi-finales. Ce soir, demain et mercredi, les 9 artistes et groupes du peloton de tête monteront sur la scène du Lion d'Or devant public et jury, chacun se partageant la moitié du poids du vote.

Les trois soirées sont étrangement faites d'un équilibre 2/3 - 1/3. Deux qui fittent, et un en orbite.

Ce soir, Bernard Adamus (sur la photo), qui a fini les préliminaires en première place, partage avec Caloon Saloon une esthétique purement folk, acoustique, un brin croche. Adamus fait plus de tapage et est moins "rétro", mais ça reste de la musique qu'on joue sur une galerie de bois en tapant du pied. Quant à l'énergique groupe Micros Armés, s'ils ont eu le temps de pratiquer un peu leur présence sur scène (chorégraphie, mise en scène, déplacements) pour ne pas donner l'impression qu'il y a un motton de monde sur les planches, qui sait où ils peuvent se rendre.

Demain, il y aura deux chanteurs sur le 220, Louis-Philippe Robillard et Violett Pi (sur la photo). Le premier maîtrise à fond son créneau folk-hippie usé par les années et les multiples groupes similaires, l'autre est une bibitte flyée qui ose plus, mais qui s'effiloche un peu par-ci par-là. Monogrenade, troisième candidat de la soirée qui a donné une des performances prometteuses des préliminaires, fait davantage dans un indie-rock planant, du genre El Motor. Il leur faudra sortir un peu de leur bulle et s'éclater pour faire ressortir leurs très bonnes pièces.

Mercredi, c'est Philémon (sur la photo) qui jouera le "trublion". Sa musique fragile comme de la porcelaine laisse place au silence, prend son temps. Pas besoin de crier, il faut partir à point. Sacré contraste avec L'Ours, qui a décidé de plonger ses textes de chansons très poétiques dans une sauce orchestrale, faite de montagnes russes d'intensité. Il faudra par ailleurs au chanteur une meilleure prononciation -- chanter dans le micro serait un bon début. Quant à Alex Nevsky, on retient essentiellement de son concert des préliminaires qu'il est un bon mélodiste, avec un personnage un peu bipolaire (il se moque ou il y croit?), et que vous chanterez des pa-pa-da-pa-pa de bon coeur (et choeurs).

Chacun des concerts coûte un maigre 8 $, un peu plus cher que les préliminaires, peut-être parce qu'on a moins de chance de s'y tromper.

jeudi, mars 25, 2010

Francouvertes: les détails des demi-finales

La deuxième ronde des Francouvertes, les demi-finales, va avoir lieu trois jours consécutifs, les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 avril, toujours au Lion d'Or. Les soirées débutent à 20h, et il en coûte 8 $ par billet. Une aubaine.


Les compteurs y sont remis à zéro. Il n'y a donc pas d'impact des résultats en préliminaires sur la suite des choses. Un nouveau jury et le public auront encore une fois chacun 50 % du poids du vote. Les chances sont donc les plus égales possible, seules les performances feront la différence.
Les artistes ont visiblement été séparés en soirées thématiques, ou ce qui s'en rapproche le plus avec un choix de 9 artistes qui ont aussi parfois d'autres concerts à leur agenda.

12 avril: Bernard Adamus // Caloon Saloon // Micros Armés
13 avril: Louis-Philippe Robillard // Monogrenade // Violett Pi
14 avril: L'Ours // Philémon chante // Alex Nevsky

Le jury de l'industrie sera composé de : Michel Faubert (auteur-compositeur-interprète), Nicolas Tittley (Musiqueplus), Eli Bissonnette (Grosse Boîte), Cynthia Bellemare (Conseil des Arts de Montréal), Jenny Thibault (FME – Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue), Michel Cécyre (Bande à part – Radio-Canada), Mylène Tapp (9e Vague) et Philippe Renault (Rue Frontenac.com). Les membres doivent s'abstenir de voter lorsqu'ils sont en conflit d'intérêts, du genre Eli Bissonnette ne votera pas pour Adamus.

** Crédit photo: Louis-Étienne Doré

mardi, mars 23, 2010

Francouvertes, 7e et dernier soir

La fébrilité était au rendez-vous pour cette dernière soirée de la ronde préliminaire des Francouvertes. Dans le Lion d'Or, la foule était nombreuse et on y voyait aussi beaucoup des participants de l'édition, venus pour entendre le palmarès final.

C'est Bujo qui a lancé la soirée (et son nouveau EP, à télécharger au bujorock.com), avec un rock trempé dans l'électro. Malheureusement, les deux genres étaient amenés avec une touche très datée, et, à mon goût, pas des meilleures années. Sa pièce Qu'est-ce que t'en dis est peut-être celle avec la mélodie la plus accrocheuse, les autres souffrant du "syndrôme du manque de velcro". Le chanteur et son groupe talentueux ont donné une bonne dose d'énergie tout de même, même si à quelques reprises, les poses et les gestes trop maniérés me faisaient décrocher, tout comme certains textes plus maladroits. Points bonis pour le clavier tapé sur la guitare.

Précédé semble-t-il d'une bonne vibe -- faut croire que j'ai manqué celle-là -- Alex Nevsky, protégé de Yann Perreau et signé sur Audiogram, m'a déstabilisé. Parce que d'un part, le chanteur, pianiste et guitariste a montré hier qu'il pouvait composer des pièces touchantes, des chansons un peu fleurs bleues certes, mais qui s'écoutent plutôt bien. Et de l'autre, il avait l'air de se moquer, de jouer un personnage branchouillard, notamment sur L'Amour n'est pas un slogan, et son shalala-oh-oh aussi ridicule que savoureux. Chanteur bipolaire? Si la musique a été bien, il échoue où Damien Robitaille réussit. Nevsky a une bonne plume tout de même, mais pourrait la pousser davantage, et enlever au passage les bouts en anglais.

En clôture des Francouvertes, le groupe hip-hop Micros Amés était un peu nerveux, le genre musical ne faisant que rarement un tabac dans le concours. Et en plus, ça a commencé avec une panne de lecteur CD, donc pas de beats. Après quelques instants de panique, les 3 MC du groupe ont rapidement improvisés avec du beat-box et quelques textes spontanés, galvanisant une foule impressionnée par le réflexe de pro. Une fois les bogues réparés, Micros Armés a pris d'assaut la scène, et nous en donnant autant pour les yeux que pour les oreilles. Si les rythmes étaient convenus et un brin vétustes et les textes engagés stéréotypés, les rappeurs, la choriste, le bassiste, le DJ et les trois danseurs nous en ont mis plein la gueule. Brouillon? Certes. Mais ça sautait, ça claquait, ça vibrait.

Alex Nevsky et Micros armés ont réussi à se hisser dans le top-9, qui ira en demi-finale les 12, 13 et 14 avril, toujours au Lion d'Or. Voici les finalistes.

1. Bernard Adamus
2. Caloon Saloon
3. Monogrenade
4. Micros Armés
5. L'Ours
6. Louis-Philippe Robillard
7. Philémon chante
8. Violett Pi
9. Alex Nevsky

mardi, mars 16, 2010

Francouvertes, soir 6

Le Lion d'or débordait hier soir, alors que les groupes venus y compétitionner avaient rameuté leurs troupes. Il y avait tellement de monde que certains tentaient de s'asseoir à la table des jurys! Les têtes d'affiche de la soirée étaient Max Ricard, Viollett Pi et Bernard Adamus.

Max Ricard a commencé avec ce qui s'est révélé sa meilleure pièce, 111, chanson en deux temps composé de psychédélique et ensuite d'un magnifique bout de texte à la Desjardins. Alors pile dans le ton, Ricard a manqué de tonus pour la suite de la soirée, les autres morceaux étaient très timides, laissant de côté les explorations du début. Dommage. Même son titre Hochelaga, qui joue pas mal à CIBL, n'était pas à la hauteur des petites attentes que j'avais. La foule habituellement très attentive des Francouvertes était plutôt dissipée, rien pour aider Max Ricard, qui a tenu son bout jusqu'à la fin tout de même.

Violett Pi, drôle de bibitte échevelée à la barbe rousse, avait une partie du public avec lui, et a du moins piqué la curiosité des autres. Ses airs hip-hop-rock, avec quelques séquences électroniques étaient surprenants, essoufflant, mais ne laissaient pas indifférents. Y'a beaucoup de mots pour peu de temps, on en perd beaucoup, mais il réussit avec ses mimiques et ses textes assez sombres à se créer un univers. Malgré un manque d'originalité au niveau des sonorités, on a quand même aimé.

Le clou de la soirée était Bernard Adamus, attendu depuis que l'on sait qu'il participera aux Francouvertes. Sa présence est questionnée par plusieurs -- en a-t-il besoin, de ce concours --, mais comme son inscription a été faite dans les règles de l'art avant le boom qu'il a connu, il ne restait plus qu'à le voir jouer. Eh ben, c'était franchement très bon. Pas de sparages de sa part, pas de commentaires politiques, lui et ses cinq musiciens (banjo, contrebasse, percussions, trombone et une choriste) sont montés sur scène et ont joué leur chansons brunes et bringuebalantes avec brio. J'étais bien content d'avoir la version a capella de Rue Ontario, plus dans le ton. Une demi-heure de plaisir, le sourire accroché au visage, avec une foule vendue d'avance qui criait Bruuuuun la couleurr de l'amouuuurr.

En ce moment, les 6 premiers groupes du palmarès sont assurés d'être de la demie-finale.


Le top 9 actuel
1. Bernard Adamus
2. Caloon Saloon
3. Monogrenade
4. L'Ours
5. Louis-Philippe Robillard
6. Philémon chante
7. Violett Pi
8. Michèle O.
9. Jesuslesfilles

mardi, mars 09, 2010

Francouvertes, soir 5

C'était une soirée tout en folk hier soir au Lion d'Or, alors que le concours les Francouvertes tenait sa cinquième soirée de préliminaires. Il y avait des chapeaux, des bretelles, des chemises carreautées, et beaucoup de guitares.


La soirée a débuté avec Domaine Alary, le projet musico-thérapique de Martin Alary. Ce dernier a pondu un album il y a quelques temps où il raconte en chansons les tourments causés par la maladie qui a frappé sa famille. Sa mère est morte de la sclérose en plaques, et son père, diminué par un ACV, s'est suicidé dans son garage. Ça partait avec un lourd propos à livrer. La voix nouée en début de concert, Alary a pris le dessus avec le temps, et a offert une performance bien correcte, malgré la timidité. Sur scène avec lui, on retrouvait Dany Placard et son groupe, Toots Macbeth, Michel-Olivier Gasse, et Jean-François Mineau. En fait, c'était pratiquement un show de Placard, lui qui était très présent sur scène, chantant fort, jouant la guitare principale en début de concert. À l'inverse d'un Vander avec Mad'moizèle Giraf, où le bassiste reste derrière bien discret, Placard a pris beaucoup de la lumière. Malgré tout notre amour pour la musique de Placard, hier, on aurait aimé entendre davantage Domaine Alary.


Personne n'a été vraiment déstabilisé par le changement de musiciens qui a suivi, puisque Caloon Saloon est entre autres composé de Michel-Olivier Gasse et Toots Macbeth, accompagné d'un guitariste et d'un batteur. Leur musique et leur bretelle sur chemise blanche nous plongent dans les années 1920. Les airs étaient parfois bien folk, parfois bluegrass, à la Lake of Stew. Une performance qui a oscillé entre énergie et émotion. On aurait aimé de leur part un peu plus de boue sur leurs bottes, et pas mal plus de basse dans nos oreilles, mais c'était une des belles demi-heures de musique entendues dans cette édition.

En clôture, Michèle O. a fait monter le rythme, portée par une foule vendue d'avance malgré le fait que la chanteuse aux allures rockabilly vienne de Val-d'Or. Il devait y avoir du trafic sur la 117 hier. D'un côté, Michèle O. a le cran pour gratter bien fort sa guitare et faire briser sa voix nasillarde en fin de phrase -- très western comme chant, pensez à Mara Tremblay. Elle regarde la foule, et dégage un sentiment de contrôle total. Elle mériterait toutefois de varier la cadence, de faire quelques pauses ici et là, et de varier les structures de chansons, souvent similaires. Tout de même un bon bout de party.

Le top-9 actuel se lit comme suit:


La semaine prochaine: Max Ricard, Violett Pi et Bernard Adamus

mardi, mars 02, 2010

Francouvertes, soir 4

C'était le quatrième soir des Francouvertes, hier au Lion d'Or, et on pensait la soirée toute en chanson. Si Philémon chante était pile dans les attentes, Dominic avec un c et Louis-Philippe Robillard ont plutôt fait monter le tempo.

Philémon chante n'en est pas à ses premières armes, roulant sa bosse dans l'émergence depuis plusieurs années, lentement. Hier, malgré un look de jeune premier timide, il s'est révélé d'une grande force. Sa musique a le courage d'être discrète, calme, laissant de l'espace au silence. Portées par une voix en falsetto dont on a toujours l'impression qu'elle va casser mais qui ne le fait presque jamais, les chansons de Philémon sont fortes, touchantes, bien composées et appuyées par des textes franchement pas mal, exception faite de quelques phrases malhabiles. Un peu de variété dans le son ne lui ferait pas de tort, mais sur 30 minutes, c'était franchement bien. Un coup de coeur.

Dominic avec un c a offert un melting pot d'enrobages pour ses chansons dont on était pas sûr du ton. Comiques? Sérieuses? Ironiques ou émotives? Le chanteur qui porte la moustache et qu'on verrait bien comme remplaçant dans Les Appendices a joué avec intensité, mais il manquait ce je ne sais quoi qui fait que la sauce prend. Le guitariste et le bassiste pouvaient agacer, multipliant les grimaces d'intensité, les yeux fermés la tête vers le ciel. Tout de même une belle bande de tripeux.

La soirée s'est terminée avec Louis-Philippe Robillard, qui même la voix maganée par un virus a pris part au concours. Côté intensité et présence sur scène, le gars sait vraiment ce qu'il fait, même que ça sent un peu la recette. Robillard a offert une musique "festive", rythmée, aux textes remplis de pommes, de plantes et de sol. Au point originalité, on ne peut pas lui donner beaucoup, car ça sonne trop comme Les Colocs, Polémil Bazar et une multitude de groupe des années 1990. Un espoir, tout de même, Le Soulier des saisons détonnait du lot, offrant quelque chose proche de Bashung, franchement bien tourné. Trop peu trop tard pour moi, mais la foule a beaucoup aimé. Chapeau pour l'énergie malgré tout.

Le palmarès actuel, après 4 des 7 soirées
1. Monogrenade
2. L'Ours
3. Louis-Philippe Robillard
4. Philémon chante
5. Jesuslesfilles
6. Meta Gruau
7. Mono/Stereo
8. Shampouing
9. Karma Atchykah and The Consequences

mardi, février 23, 2010

Francouvertes, soir 3

Soirée en deux temps hier soir au Lion d'or, où avait lieu la troisième soirée de préliminaire des Francouvertes devant une foule étonnamment timide. D'abord, la soirée a débuté en hip-hop, avant de prendre un virage rock.



Très à l'aise sur scène, Karma Atchykah a mené tant bien que mal sa barque hier, livrant son hip-hop aux teintes reggae et soul d'une traite, sans pause, tout enchaîné. Il était accompagné de huit acolytes hier, mais plusieurs étaient sous-utilisés, notamment les trois choristes. Dommage, parce que le gars qui faisait parti du trio avait une solide voix. On sentait un groupe pas encore bien rodé, qui cherchait ses repères, mais ça promet. On imagine très bien sa pièce FLQ (2k9) chantée à la Saint-Jean, avec Normand Brathwaite à la batterie. (FLQ = Frais. Libre. Québécois.)

À la base, on aime la formule de Mono/Stereo: un guitariste et un batteur/chanteur. Le groupe a livré un rock typé, aux nombreuses influences bluesé. Sur trente minutes, ça tourne par contre un peu en rond, on peine à faire la différence entre les morceaux, peut-être à cause d'une lacune au niveau des mélodies et d'un son de guitare unique. C'est quand ils se lançaient dans des passes plus lourdes qu'ils étaient les meilleurs.


La soirée s'est terminée avec Shampouing, petite déception puisqu'on s'attendait à du bon rock, à la hauteur de sa pièce Bazou Love. Hier, les solos tombaient à plat, l'énergie était très timide. En plus, les bidouillages électroniques étaient inaudibles. À savoir si c'est la sono de la place qui ne lui rendait pas justice, c'est dur à départager. Et que dire de son texte Richesse de la flore, qui parle davantage d'intestin que de nature, entendons-nous.


Nous avons donc atteint un point où le top-9 est rempli. Dès la semaine prochaine, des groupes pourraient être éliminés de la demi-finale, mais personne n'y est encore assuré d'une place.


1 -Monogrenade
2 - L'Ours
3 - Jesuslesfilles
4 - Meta Gruau
5 - Mono/stereo
6 - Shampouing
7 - Karma Atchykah
8 - Tire le Coyote
9 - Turbo Distortion

lundi, février 22, 2010

Francouvertes, soir 3: les forces en présence

Ce soir, trois nouveaux aspirants aux Francouvertes monteront sur la scène du Lion d'Or ce soir, dès 20h. La soirée sera un peu moins thématique que les deux précédentes, mais restera up-tempo, avec du hip-hop et du rock.

C'est Karma Atchykah et son groupe The Consequences (pas très franco comme nom) qui seront les premiers à livrer leur performance. Le rappeur a un disque en main, Karmapolitain, et un autre album est prévu pour le 2 mars. Il mélange un style hip-hop plus classique avec des ambiances reggae et soul. Visitez son site Web, plutôt bien fait.

Il sera suivi par le rock de Mono/Stereo, un duo guitare-batterie composé de Rémi R. et de Joverdrive. Si la composition du groupe Band de garage, le son est plutôt différent, pigeant davantage dans un rock à la Lenny Kravitz que dans le stoner. Selon leur présentation sur le site des Francouvertes, leurs textes teintés de solitude et de rendez-vous manqués viennent peaufiner leur climat électrisant. À voir ce soir, donc.

Les influences de Shampouing ne sont pas si loin de celles de Mono/Stereo, mais le résultat est plus tripeux, un peu plus Hendrix dans le rock, un peu plus Daniel Boucher dans les textes. Le guitariste et chanteur de Québec voit sa pièce Bazou Love être en bonne rotation dans les différentes radios du champ gauche.

Avant la soirée, le palmarès temporaire est le suivant.
1. Monogrenade
2. L'Ours
3. Jesuslesfilles
4. Meta Gruau
5. Tire le coyote
6. Turbo Distortion

mardi, février 16, 2010

Impressions des Francouvertes, soir 2

L'équipe technique du Lion d'Or aura bien mérité sa petite Boréale rousse, hier soir aux Francouvertes, parce que Tire le coyote, L'Ours et Monogrenade auront occupé bien de l'espace et utilisé pas mal de filage pour arriver à leur fin.

Issu d'une peine d'amour, le projet Tire le coyote aurait pu nous enrober davantage dans la tristesse et la déprime qui guérit. Leur première et dernière pièce de la soirée était pile dans le ton, vibrantes, portées par la voix pleine de vibrato de Benoit Pinette et par une cohésion entre la forme et le fond. C'est entre les deux où on a eu l'impression d'avoir un ersatz de Dany Placard ou de Paul Piché/Kaïn, trop racoleur et moins crédible. Mais à voir ces musiciens jouer avec autant de cohésion, il ne leur manque que quelques tours de vis, entre autres dans les textes.

Puis est arrivé le trio L'Ours avec son quatuor à corde, ses lampes à abat-jours rétro, un piano et un orgue, un kit de percussion d'orchestre symphonique et tout le tralala. Ça clignotait "danger" et "trop de sirop", mais L'Ours s'en est plutôt bien sorti. Sur des textes poétiques de haut calibre, ils ont concocté une chanson française très classique et pompeuse (Brel, Aznavour) plongée dans les cordes. Si on avait peine à entendre les mots (pour cause de prononciation, d'alignement au micro et de charge sonore), on se laissait volontiers porter par ses vagues orchestrales qui se fracassaient devant nous avec force. Après, tout est une question de dosage pour éviter de donner le mal de coeur.

La soirée s'est terminée avec Monogrenade, la formation qui a offert les meilleures mélodies, hier. Si d'une part on ne peut s'empêcher de tiquer sur les fortes ressemblances avec les motifs de Radiohead et de leur émule Karkwa, on a aussi eu droit hier à ce qu'est peut-être la vraie essence de Monogrenade. Dans les moments d'improvisation, hors des séquences électroniques préenregistrées, ça prenait son envol, ça explosait, ça s'amusait et c'était franchement meilleur.

Voici le palmarès actuel tel que déterminé par le public et le jury.
1- Monogrenade
2- L'Ours
3-Jesuslesfilles
4- Meta Gruau
5- Tire le coyote
6- Turbo Distortion

lundi, février 15, 2010

Deuxième soir des Francouvertes

Gros contraste à prévoir ce soir aux Francouvertes. Si la première semaine des préliminaires était puissamment rock, cette deuxième soirée sera fort probablement plus dans l'ambiance et la texture, avec Tire le coyote, L'Ours et Monogrenade.

Tire le coyote, c'est la voix de Benoit Pinette -- qui a déjà participé aux Francouvertes avec Fonojône il y a deux ans -- enrobée d'une ambiance indie-folk fragile. La voix chevrotante rejoint le banjo, la douce batterie, les guitares pas très distordues et remplies d'écho. À noter, il est en autres accompagné de Shampouing, qui lui sera en compétition la semaine prochaine et qui jouera avec... Pinette lui-même. Comme quoi Les Francouvertes ce n’est pas la guerre.

L'Ours est le rejeton de L'Étranger, qui avait aussi fait partie de la 12e édition du concours. Au début de l'hiver, le trio a enregistré tout d'un coup leur premier EP à l'Hotel2Tango. Avec le quatuor à cordes qui accompagne le groupe et les nombreux tambours du percussionniste, le tout est très orchestral. Il y a un petit quelque chose de Saez, ici.

Monogrenade profite depuis quelques semaines d'une bonne diffusion sur les différentes radios du champ gauche, à commencer par CIBL et plus précisément Franco Phil. Ils ont en main un album de 8 titres, rempli de belles choses, mais qui manque un peu de cohérence. À chaque pièce son inspiration, dirait-on. Folk à la Waits, rock à la Arcade Fire, certaines touches électro à la Thom Yorke... Ils sont forts sur les mélodies et les ambiances, par contre.

La soirée débute à 20h00, au Lion d'Or. Amenez 6 $ pour entrer.

mardi, février 09, 2010

Francouvertes, soir 1: le mur de son

Si quelqu'un avait pas loin une paire de tympans pas trop chère, je suis preneur. Parce qu’hier soir le Lion d'Or en entier est sorti les cheveux ben raides par en arrière, une coulisse de sang sortant de l'oreille. Ça a rocké aux Francouvertes.

Trois groupes rock, trois sons différents. Jesuslesfilles a lancé le bal avec somme toute une bonne performance, la plus équilibrée de la soirée. Quelques bons crochets mélodiques, des textes inégaux mais avec quelques bonnes images, une bonne présence scénique (même le batteur se faisait remarquer). Jesuslesfilles mériterait de mieux jouer les harmonies vocales entre le chanteur et la chanteuse/tambouriniste.

Mauvais casting pour les Francouvertes, Turbo Distortion a quand même fait montre d'un parfait contrôle de leur style, un rock d'aréna accrocheur et racoleur, idéal pour une première partie d'Éric Lapointe. Malgré des textes anémiques remplis de "whou" et de "toé pis moé" qui riment avec hockey, Turbo Distortion jouait à fond le jeu, à la limite de la caricature, des vedettes punk. Signes de "devil", simagrées, voix criées mais contrôlées... Un spectacle dans un spectacle.

Quant à Meta Gruau, le trio a aussi joué bruyamment sa musique exploratoire, mais avait peine à venir nous chercher. Bulle fermée. Personne n'a levé la tête de tout le spectacle, la claviériste semblait vouloir disparaître derrière son instrument, et le batteur était occupé à "chanter" des paroles sibyllines. C'était touffu, et ça a pris plusieurs pièces avant que je cerne leur univers et que je l'apprécie. Trop peu trop tard, leur titre Tibia sauvignon a clôt la soirée avec brio.
Les photos sont de Louis-Étienne Doré.

-- La semaine prochaine, on tombe dans l'indie-rock avec Tire le coyote L'Ours Monogrenade

lundi, février 08, 2010

Début des Francouvertes ce soir

Pour reprendre la célèbre formule, la 14e édition des Francouvertes prend son envol ce soir au Lion d'Or, alors que monteront sur scène trois formations au son rock.

Jesuslesfilles, Turbo Distortion et Meta Gruau joueront tour à tour pendant une trentaine de minutes, pendant que la foule et le jury voteront chacun pour 50 % de la note. La foule, c'est vous, et pour les préliminaires, le jury est composé d'Andrea Lindsay (auteure-compositrice-interprète), Antonine Salina (CIBL), Richard Pelletier (Disques Pixelia), Éric Tremblay (Audiogram), Marc-André Pilon (Bande à part), Oliver Lalande (Nightlife – VOIR Montréal), Marc-André Sarault (FrancoFolies de Montréal), et de moi-même.

Le groupe Jesuslesfilles est composé de cinq membres (une fille et quatre gars) et qualifie sa musique de Rock -Folk- Grunge. Sur le EP de cinq titres déjà paru sur l'étiquette Méga Fiable (Les Prostiputes, Les Crapules, Le Monde dans le feu...), leur musique est bruyante, dispersée, garrochée, mais avec, greffées quelque part, des mélodies. Comme si on avait trempé Dumas dans le goudron de la distortion. Leur pièce Mercredi est téléchargeable ici.

Avec ses harmonies vocales, Turbo Distortion a un côté moins brouillon quoique plus punk. Le groupe, qui porte le nom d'une pédale d'effet pour la guitare électrique, joue vite, et crie ses mélodies sur la grippe AH1N1, les Ovnis ou sur le monde du hockey.

Meta Gruau s'amuse davantage avec les claviers, souvent saturés à la sauce électro. La guitare n'est pas absente, mais prend moins de place que chez les deux autres groupes de la soirée. Meta Gruau compte entre autres dans ses rangs Julien Michalak et Julien Bakvis, qui étaient jadis dans Jacquemort avec Thomas Augustin, le claviériste de Malajube. Ils partagent une influence un peu prog, mais Meta Gruau a aussi un côté Georges Leningrad qui brouille les références.

La soirée débute à 20h00, et ça ne coûte que 6 $.

Le reste de l'horaire des Francouvertes
- 15 février: Tire le Coyote, L’OURS, Monogrenade
- 22 février:, Karma Atchykah et The Consequences, Mono/Stereo, Shampouing
- 1er mars: Philémon Chante, Dominic avec un c, Louis-Philippe Robillard
- 8 mars: Domaine Alary, Caloon Saloon, Michèle O.
- 15 mars: Max Ricard, Violett Pi, Bernard Adamus
- 22 mars: Bujo, Alex Nevsky et Micros Armés

lundi, janvier 25, 2010

Les 21 participants des 14e Francouvertes




Vous m'excuserez de mon retard sur la nouvelle, mais on apprenait la semaine dernière le nom des 21 participants de la 14e édition des Francouvertes. La ronde préliminaire du concours de l'alternative musicale francophone prendra officiellement son envol le 8 février au Lion d'Or, puis se tiendra tous les lundis jusqu'au 22 mars.

Seront en compétition semi-amicale: Jesuslesfilles, Turbo Distortion, MetaGruau, Tire le Coyote, L’OURS, Monogrenade, Karma Atchykah et The Consequences, Mono/Stereo, Shampouing, Philémon Chante, Dominic avec un c, Louis-Philippe Robillard, Domaine Alary, Caloon Saloon, Michèle O., Max Ricard, Violett Pi, Bernard Adamus, Bujo, Alex Nevsky et Micros Armés.

Après une rapide analyse des styles représentés -- même si certains sont plutôt hybrides --, on trouve cette année un certain équilibre entre le rock (Jesuslesfilles, Turbo Distortion, Shampouing, Mono/Stereo), l'indie-rock (Monogrenade, Metagruau, L'Ours, Bujo, Alex Nevsky), le folk (Tire le coyote, Domaine Alary, Caloon Saloon, Michèle O, Bernard Adamus, Max Ricard) et une chanson plus "classique" (Philémon chante, Dominic avec un c, Louis-Philippe Robillard, Violett Pi). Y'a que le hip-hop (Karma Atchykah et Micros Armés) qui, comme d'habitude, est plus timide dans le concours.

Le folk semble toutefois être le filon principal de l'édition 2010 des Francouvertes, avec entre autres la participation relativement étonnante de Bernard Adamus. De loin le participant le plus connu de l'industrie musicale, Adamus profite d'un buzz similaire sinon plus grand que celui dont profitait Bonjour Brumaire en 2008 -- le groupe n'avait pas gagné le concours, rappelons-le. L'inscription du guitariste au concours est conforme aux règles, ont assuré Les Francouvertes, l'auteur de La Question à 100 $ n'ayant pas encore dépassé le quota des 1000 disques vendus au moment d'envoyer sa candidature.

Devant le jury de l'industrie (dont je ferai partie), qui donne 50 % de la note à chacune des rondes, Bernard Adamus n'a plus beaucoup de points à marquer, sauf peut-être s'il se rend en finale, devant un jury davantage "big shot". Et même là, Adamus a déjà fait parler de lui dans la plupart des médias, même de masse, et a fait un tabac aux FrancoFolies extérieures. Les programmateurs, les agents de spectacles, les maisons de disques, les radios le connaissent plutôt bien.

C'est davantage le public, qui a droit de vote pour l'autre 50 % de la note, qu'Adamus doit séduire. S'il a marqué au fer rouge le petit milieu de mélomanes passionnés, il lui reste certainement beaucoup de paires d'oreilles à rejoindre. Et c'est le public qui décidera s'il se rendra loin ou si ça cassera rapidement.

mardi, novembre 17, 2009

Bientôt la fin des inscriptions aux Francouvertes

Ce message s'adresse aux auteurs-compositeurs-interprètes accompagnés de musiciens et aux groupes francophones de tous genres musicaux. Il vous reste bien peu de temps pour l'inscription aux Francouvertes, le concours de l'alternative musicale francophone.

Après de récents pépins techniques, l'événement a repoussé d'un jour la date limite des inscriptions, qui est maintenant le 24 novembre. Le processus d'inscription est plutôt simple et se fait uniquement en ligne. Suffit de visiter le site des Francouvertes ou celui de Bande à part. Quelques clics, quelques coup de claviers et vous voilà dans la course pour une visibilité plus qu'intéressante.

Au final, le grand prix est la possibilité d'enregistrer un album, mais le processus en soi est d'une valeur inestimable pour les groupes de la relève. Au cours des différentes rondes -- présélection, sélection, préliminaires, demi-finales et finale -- des dizaines d'intervenants du milieu de la musique auront la chance d'entendre les pièces soumises et de voir les artistes en performances.

La 14e édition de l’événement qui a déjà propulsé Damien Robitaille, Karkwa, La Patère Rose et Ariel prendra son envol le lundi 8 février, au Lion d’Or.

mercredi, septembre 30, 2009

Des nouvelles des Francouvertes

On ne chôme pas longtemps aux Francouvertes entre les éditions. Voilà déjà qu'on lance officiellement la machine du concours de l'alternative musicale francophone: voici déjà ouverte la période des candidatures pour la 14e édition, qui aura lieu du 8 février au 3 mai.

Alors aux musiciens qui lisent Franco Phil, prennez des notes: vous êtes franco-canadiens? Vous êtes auteurs-compositeurs-interprètes accompagnés de musiciens ou vous avez un groupe francophone, peu importe le genre musical? Vous avez jusqu’au 23 novembre 2009 pour vous inscrire en ligne au http://www.francouvertes.com/ou au http://www.bandeapart.fm/.

Comme pour les plus récentes éditions, 21 groupes ou artistes seront sélectionnés pour la ronde préliminaire.
Le groupe Karkwa et David Marin ont été nommé porte-parole des Francouvertes, une bicéphale première!

Autre nouveauté, le jury de quatre membres qui avait la tâche d'écouter l'ensemble des candidatures et de faire un "premier tri" sera élargi à une trentaine de membres, chaque artiste étant maintenant évalué par sept juges. Méchante inflation, qui permettra au concours d'être plus ouvert et plus représentatif des différentes musiques, et qui permettra aux jurys de passer plus de temps à écouter chaque candidat.

La programmation sera dévoilée le 18 janvier.

samedi, août 29, 2009

Critique - Mad'Moizèle Giraf, peindre la giraf

Ragga
Peindre la giraf
Mad’Moizèle Giraf
HLM / Dep

Arrivé bon deuxième lors de la dernière finale des Francouvertes, le groupe ragga Mad'Moizèle Giraf a fait sa marque depuis quelques mois avec le titre bonbon Sub su'a job et sa ligne de guitare à la Tryo. Fort heureusement, les 13 titres de son premier disque à paraître mardi sont loin d'être des copiés-collés de leur succès radio. Les deux MC Ian C. Lettre et Philippe Messier et leurs musiciens (dont Vander, ex-Coloc passionné de dub) offrent sur Peindre la giraf une agréable variété sonore allant du dancehall plus lourd (Peigner la giraf, produite par Ghislain Poirier) au reggae ensoleillé parfois teinté d'influences arabisantes (Saborder l'bateau). Si, en parlant de pastis, de pétanque et de la Provence, Mad'Moizèle Giraf se fait plus marseillaise que jamaïcaine, le groupe rend toutefois ici un hommage bien senti au Québec, et en particulier à Montréal. Une réserve: la formation gagnerait à resserrer ses textes fleuves, très narratifs et aux rimes parfois forcées. Bref, l'album ne «casse pas la baraque», mais c'est probablement la plus forte dose musicale de vitamine D de l'été.