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vendredi, février 05, 2010

Livre - En d'sous, par Sunny Duval

Le guitariste des Breastfeeders Sunny Duval vient de faire paraître un recueil de textes intitulé En-d'sous, où il a compilé pour nous ses chroniques écrites pour le défunt cahier LP2 de La Presse.

Duval y est plus clair et moins dispersé que dans ses plus récentes chroniques dans le Bang Bang, où les lecteurs sporadiques perdaient le fil trop facilement. En-d'sous, paru aux Éditions Coups de tête, trace à force de petites aventures plus ou moins liées un portrait de la vie de musicien rock, ses soirées magiques et ses lendemains qui déchantent parfois. "On vit En-d'sous, parce que c'est là que le rock'n'roll souterrain vit. Pas trop près de la surface, pour rester à l'abri des mouettes du showbiz et autres prédateurs, pour pas se faire diluer à grande eau."

Aussi et peut-être surtout, on sent la ville, Montréal en l'occurence. Duval en est presque aussi amoureux que de la barmaid. Il lui parle, la tutoie, la parcourt. C'est la trame de fond de plusieurs de ses chroniques. Ses bars, ses ruelles, ses "toits-et-demi" mal chauffés... "Je pensais à la semaine dernière quand je t'ai marché pendant une heure. T'avais le ciel couvert au complet, un gris orangé parce que tu portais des nuages qui renvoient la lumière de tes lampadaires."

Le guitariste-scribouillard nous parle aussi de son entourage, déguisé sous des alias. Les membres des Breastfeeders de l'époque (Le Loup-Marin, Bruce Binaire, Suzible...), les autres musiciens qui l'engagent (Joséphat aka Fred Fortin, L'Olive aka Olivier Langevin). La multitude de surnoms mélange à la longue, surtout les moins fréquents, et on peine à cerner quelques personnages.

Aussi, En-d'sous demande une lecture à petite dose. Les textes d'à peine deux pages ne permettent pas de plonger comme on voudrait dans cet univers. À peine entré, il faut sortir. C'est le propre de ce genre de recueil, qui se lit ici et là, au détour d'un trajet de métro, ou d'un arrêt sur le trône.
Le livre est en vente un peu partout, pour une quinzaine de tomates.

jeudi, février 07, 2008

Volutes Gainsbouriennes

Voici quelques extraits de Serge Gainsbourg : Pensées, provocs et autres volutes, une excellent lecture de salle de bain pour les mélomanes amateurs de grandes gueules. La plaquette de 150 pages coûte moins de 10 $ en libraire. Peut-être pas le meilleur cadeaux de Saint-Valentin, par contre.

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À propos de la sortie de son album reggae "Aux armes et caetera": C'est pas les dents que ça va faire grincer, c'est les dentiers.

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Toutes les femmes sont à prendre. Enfin. Y'en a qui peuvent attendre.

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Je suis incapable de faire une chanson optimiste, heureuse, une chansons d'amour. Je ne trouve pas les mots, je n'ai rien à dire du bonheur, je ne sais pas ce que c'est. Il ne s'exprime pas. C'est comme si vous braquiez l'objectif de votre appareil photographique sur un ciel parfaitement bleu. Il n'y aurait rien sur la pelicule. Alors que si vous photographiez un ciel d'orage, avec de beaux nuages noirs et gris, ce sera superbe.

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Je suis un personnage, donc un mythe. J'ai mon look, je suis le précurseur du néo-dandysme. Et ma barbe de deux jours me demande beaucoup de soins.

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Ne parlons pas trop de poésie dans la chanson, voulez-vous. La poésie se lit avec les yeux et dans le silence. J'ai emprunté des poèmes à Baudelaire, Hugo et consorts -- eh bien ça fait de très mauvaises chansons, tout ça. Alors je les ai remis dans leurs livres et ces chansons sont oubliées.