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lundi, mai 31, 2010

Sunny Duval: Doo-wop, vahinés et boules de feu



Il y a de ces disques qui sont en parfaite harmonie avec la saison où ils sont lancés, et le deuxième et plus récent disque solo du guitariste montréalais Sunny Duval ne pouvait mieux tomber qu'en période de chaleur estivale. Sortez votre peigne et votre Brylcreem, glissez sur le capot de votre Cadillac 1957 décapotable de huit mètres de long, regardez la poupée hawaïenne se dandiner sur le tableau de bord, et démarrez en trombe!

Avec le disque Sein noir sein blanc, François «Sunny» Duval plonge dans un rock'n'roll beaucoup moins bruyant que celui de son groupe Les Breastfeeders, et aussi moins brouillon que celui enregistré sur Achigan, son premier disque solo paru en 2005. Le polyvalent et très occupé musicien — qui a récemment joué avec le Maï Taï Orchestra, Patrick et les brutes, St-Sipoplette et autres projets en tout genre — mélange aujourd'hui ses rythmes saccadés avec le country, le doo-wop et quelques touches de musique hawaïenne.

Est-ce que Sunny serait donc un brin Elvis dans l'âme? «Dans ma façon de penser, je suis beaucoup plus proche de Jerry Lee Lewis, beaucoup plus près de la fête, de Great Balls of Fire, corrige Duval. Y'a un disque live de lui qui traînait à l'Escogriffe [un bar de la rue Saint-Denis, repère de plusieurs musiciens], et ç'a été une révélation. On aurait presque dit que le batteur jouait du punk tellement c'était rapide.»

Filles, filles, filles
Il est abondamment question de filles (plus ou moins vêtues) sur ce disque autoproduit, mais le titre fait d'abord référence à la musique. «Le rock est une femme avec une mamelle noire et une blanche, lance Sunny Duval. La majeure partie de toutes les musiques qu'on a maintenant vient de la musique de la fin des années 1800, qui ensuite s'est croisée avec le jazz, puis qui est devenue le blues et le country... L'essentiel est là, c'est ce que j'aime le plus, le regroupement des deux sphères.»

Le guitariste voulait faire un disque où il y aurait des voix partout, et il s'est d'ailleurs arrangé pour leur laisser de la place. «Souvent, dans mes autres projets, on se retrouve avec un batteur qui veut jouer de tous les morceaux de sa batterie en même temps! Là, je tenais à avoir quelque chose de plus dégagé, il n'y a presque pas de distorsion sur l'album, les guitares sont propres, le son de la basse est assez clair aussi.»

Duval a donc invité quelques charmantes «vahinés» au micro, venues faire des harmonies vocales, des duos ou des «Hou-wop-be-dou-wop», dont Felicity Hamer (United Steel Workers of Montreal), Azure Degrâce (Jésus les filles) et Isabelle LeDoussal (Prototypes). «C'est tellement plaisant d'enregistrer des voix, de choisir quelle note sera chantée par quelle personne, qu'est-ce qu'on chante comme syllabe. Il y a quelque chose de fascinant avec les onomatopées, leur côté tribal et dansant. C'est ça qui primait.»

Si l'on considère souvent Sunny Duval comme «le guitariste des Breastfeeders», le principal intéressé précise que ses disques solos «ne sont pas des projets parallèles». Son groupe sortira un nouveau disque cet automne, mais il assure qu'il n'a pas l'intention «de faire sacrifier l'un pour l'autre». En attendant, celui qui a fait paraître il y a quelques mois En d'sous, un recueil de ses chroniques parues jadis dans La Presse, caresse maintenant le projet d'écrire un nouveau livre, un roman cette fois-ci. «C'est sur la table de travail, je ramasse des personnages. À un moment donné, je vais les faire interagir!»

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Écoutez la pièce Sein noir sein blanc








mercredi, avril 14, 2010

Pièce gratuite de Sunny Duval

On vous a parlé récemment du nouveau disque de Sunny Duval, Sein noir, sein blanc, qui paraîtra le 25 mai. Il nous offre une pièce en téléchargement gratuit, intitulée Rousse dans mon lit, et je ne pense pas qu'il parle de bière.

Cliquez ici pour enregistrer le mp3.

vendredi, avril 02, 2010

Nouvel album solo de Sunny Duval en mai

Le guitariste des Breastfeeders, Sunny Duval, fera paraître en mai un nouvel album solo, lui qui avait déjà lancé Achigan en 2005. Cette fois, le musicien également membre des Frères Rivaux et du Maï Taï Orchestra, offrira un disque intitulé Sein Noir Sein Blanc -- ça fait un peu bonnet blanc et blanc bonnet, non? Ce sera "un mélange de rock'n'roll et de country", annonce Duval.

"J'ai enregistré le disque entre octobre 2008 et mars 2010, aux trois locaux que les Breasts ont eus durant cette période, seul la nuit avec mes propres moyens et talents encore une fois", a raconté Duval à Franco Phil. Mais au lieu de chanter seul, cette fois-ci, il a invité plusieurs humains et leurs cordes vocales, dont Felicity Hamer (United Steel Workers of Montreal), Isabelle LeDoussal (Prototypes), Tony Truant (Les Wampas), Alexis Roberge (Buddy McNeil and the Magic Mirrors), Azure Degrâce (Jésus les Filles), et Damien Robitaille.

Sein Noir Sein Blanc sera lancé sur étiquette Big Fat Truck, contrairement à Achigan qui était sur Proxenett, une des branches de Bonsound.

À propos des Breastfeeders, Sunny confirme que le groupe travaille à de nouveaux morceaux dans leur local de pratique (partagé entre autres avec Karkwa), pour une éventuelle sortie en 2010. Oh que oui.

Et si vous aimez la plume de Duval, il y a toujours ce livre qu'il a fait publié récemment, intitulé En d'sous, et composé de nouvelles publiées dans La Presse.

vendredi, février 05, 2010

Livre - En d'sous, par Sunny Duval

Le guitariste des Breastfeeders Sunny Duval vient de faire paraître un recueil de textes intitulé En-d'sous, où il a compilé pour nous ses chroniques écrites pour le défunt cahier LP2 de La Presse.

Duval y est plus clair et moins dispersé que dans ses plus récentes chroniques dans le Bang Bang, où les lecteurs sporadiques perdaient le fil trop facilement. En-d'sous, paru aux Éditions Coups de tête, trace à force de petites aventures plus ou moins liées un portrait de la vie de musicien rock, ses soirées magiques et ses lendemains qui déchantent parfois. "On vit En-d'sous, parce que c'est là que le rock'n'roll souterrain vit. Pas trop près de la surface, pour rester à l'abri des mouettes du showbiz et autres prédateurs, pour pas se faire diluer à grande eau."

Aussi et peut-être surtout, on sent la ville, Montréal en l'occurence. Duval en est presque aussi amoureux que de la barmaid. Il lui parle, la tutoie, la parcourt. C'est la trame de fond de plusieurs de ses chroniques. Ses bars, ses ruelles, ses "toits-et-demi" mal chauffés... "Je pensais à la semaine dernière quand je t'ai marché pendant une heure. T'avais le ciel couvert au complet, un gris orangé parce que tu portais des nuages qui renvoient la lumière de tes lampadaires."

Le guitariste-scribouillard nous parle aussi de son entourage, déguisé sous des alias. Les membres des Breastfeeders de l'époque (Le Loup-Marin, Bruce Binaire, Suzible...), les autres musiciens qui l'engagent (Joséphat aka Fred Fortin, L'Olive aka Olivier Langevin). La multitude de surnoms mélange à la longue, surtout les moins fréquents, et on peine à cerner quelques personnages.

Aussi, En-d'sous demande une lecture à petite dose. Les textes d'à peine deux pages ne permettent pas de plonger comme on voudrait dans cet univers. À peine entré, il faut sortir. C'est le propre de ce genre de recueil, qui se lit ici et là, au détour d'un trajet de métro, ou d'un arrêt sur le trône.
Le livre est en vente un peu partout, pour une quinzaine de tomates.