Connu d'abord grâce à son groupe Le Roi poisson, et dans une moindre mesure par son projet Le Citoyen, le chanteur et trompettiste Jérôme Dupuis-Cloutier lance sans paravent ou pseudonyme un disque surprenant, à la fois accessible et audacieux. Intitulé Gentleman refroidi, le court album de neuf pièces totalisant une trentaine de minutes est pop, mais avec une touche plutôt unique, hors des contraintes cool du moment. Dupuis-Cloutier, dont la voix peut se rapprocher de celle de Yann Perreau, enrobe ses bonnes mélodies d'un mélange hétéroclite mais harmonieux de guitare, de cuivres, de banjo, de clavier et même de cordes. Ici, on entend un peu le jazz de Gainsbourg ou de Vian; ailleurs, Ferland ou le plus éclectique Frank Martel. Les «rapaillés» y prendront aussi leur pied, d'autant que Dupuis-Cloutier chante Denis Vanier (Les Grands Labours) et Yann Godbout (L'Ontologie de mon être clôt la pièce Nationaliste déchu). Du grand bonheur en noir et blanc. En magasin mardi le 19 octobre.
Aux sourds qui ne veulent pas entendre — ce sont les pires, il paraît —, les quatre rockeurs des Vulgaires Machins ont quelques mots à dire. Et pour être certain que le message passe, le groupe est revenu à un son plus punk et a pris un ton plus personnel que jamais.
Il suffit de quelques notes du cinquième album des Vulgaires Machins, en magasin dès demain, pour comprendre que les vétérans rockeurs à la plume acérée ont gratté pas mal de vernis sur leur musique. Requiem pour les sourds est plus puissant et plus brut que leur précédent album, Compter les corps, celui qui les a vraiment fait connaître du grand public, surtout avec la pièce Puits sans fond.
Assis dans un vieux sofa de la Casa del Popolo, boulevard Saint-Laurent, les deux chanteurs du groupe, Guillaume Beauregard et Marie-Ève Roy, hochent la tête quand il est question de ces sonorités qui rappellent beaucoup plus du vieil Offspring que Simple Plan. «L'idée, ce n'était pas d'être plus agressif, c'était beaucoup l'idée d'être authentique par rapport à la formation, précise Guillaume, l'auteur de l'ensemble des textes des Vulgaires Machins. On est quatre musiciens, et on avait envie de respecter cette logique-là, qu'en écoutant le disque, les gens aient l'impression d'écouter un band dans un local. Après Compter les corps, qui était très léché, il y avait un désir d'être plus "lousse", et de s'en aller vers quelque chose de plus... authentique, c'est le seul mot qui me vient à l'esprit».
C'est le réalisateur Gus van Go (Hollerado, Priestess, Les Trois Accords) qui a réveillé le groupe d'une torpeur qui les avait envahis après la tournée du populaire Compter les corps. «On avait un peu les pieds dans le ciment, raconte Marie-Ève. On se demandait ce qu'on pouvait faire, ce qu'on devait faire. À un moment donné, Gus a appelé et nous a demandé: "coudonc, qu'est-ce que vous attendez? Vous avez envie de faire un nouvel album? Go!". Il a comme allumé la switch. Et on a laissé tomber la pression qu'on s'était mise, les attentes, les barrières...»
Plus de «je»
En même temps que l'on retrouve sur Requiem pour les sourds une agressivité certaine, on note parallèlement une approche beaucoup plus personnelle, émotive, et des textes écrits à la première personne. On ne voit plus seulement le doigt qui pointe, mais aussi les âmes derrière. «J'avais envie d'être plus spontané, de laisser parler le coeur, d'être un peu plus viscéral, plus instinctif, confie Guillaume. On vit beaucoup d'émotions les quatre ensemble dans cette aventure-là, et il y avait un désir que ça ressorte sur l'album.»
Reste que la surconsommation, le système démocratique, l'industrie du disque et l'immobilisme passent encore et toujours à la moulinette des Vulgaires Machins. «On s'inclut dans la problématique, parce qu'on en fait partie, on est tous dans le même bateau, explique le chanteur. On ne prend pas les thématiques de haut, on les prend comme on les vit. La pièce Parasites est un bon exemple. C'est une critique de l'industrie de la musique, mais on fait partie de cette même industrie, on est un groupe qui doit faire des compromis, qui vit des paradoxes.»
*** Lancement gratuit à Montréal mercredi à L'Astral, à 19h. Ouvert au public: arrivez tôt!
L'étiquette de disque indépendante Indica ajoute un nouveau spécimen à son aquarium. On apprend aujourd'hui que le groupe Le Roi Poisson a signé avec la maison de disque qui compte déjà sous son aile Dany Placard, Xavier Caféïne, Vulgaires Machins, Priestess et plusieurs autres.
Le Roi Poisson s'est fait connaître par un EP plutôt réussi, et par un premier disque autoproduit paru en avril. Selon Indica, 2010 sera une année importante pour Le Roi Poisson qui en plus d'entrer en studio au début de l'an, partira voguer dans les eaux éloignées du Québec.
La formation menée par le chanteur Jérôme Dupuis-Cloutier offrira un spectacle le 2 décembre au Divan Orange en compagnie de Final Flash, et promet quelques nouveaux titres, avis aux fans.
Ils vont penser que je m'acharne, mais les affaires sont les affaires! Après voir perdu deux membres et en avoir retrouvé autant, la formation Bonjour Brumaire change de maison de disque, délaissant Indica, qui avait fait paraître De la nature des foules, le premier effort du groupe.
Le chanteur de la formation, Youri Zaragoza, nous confirmait récemment avoir "rencontré pas mal de monde". "On a surtout été accueilli à bras ouverts par toutes les structures d'ici, petites et grosses. Maintenant, on discute, on regarde, on analyse, et on fait nos choix."
Bonjour Brumaire fera son choix avant de partir en tournée européenne, le 24 mai. "Avoir un contrat de disque sur une structure qui possède soit des filiales, soit déjà des licences en France et en Europe, ça aide une fois là bas pour rencontrer ces mêmes structures", explique Zaragoza.
Décidément, le groupe Bonjour Brumaire a peine à garder son alignement intact. Après le départ de Béatrice Martin et l'arrivée de Karine Novelle, voici que la formation vient de perdre son bassiste Jordan Larocque.
Selon le chanteur Youri Zaragoza, que nous avons rejoint, Larocque n'aurait pas donné de raison particulière pour justifier son départ. "Il n'avait juste plus envie et nous l'a fait comprendre. La vie est ainsi faîte, et il n'est pas toujours évident de se lancer corps et âme dans un tel projet sans trop avoir l'occasion de se retourner pour respirer."
C'est l'ancien membre de Kiss Me Deadly, Mathieu Dumontier, qui le remplacera au sein de la formation qui a pondu en 2008 De la nature des foules. "Nous en sommes plus que ravis, assure Zaragoza. Cela ne change en rien nos plans (tournée, Europe, écriture) ni ne va nous retarder."
Il y a quelques jours, Jordan serait parti en coup de vent en plein enregistrement d'une session à Bande à part.
Le départ ne semble pas bouleverser Bonjour Brumaire, même que d'autres changements seraient dans les airs pour le groupe, signé sur étiquette Indica. On vous tiendra au courant, bien sûr.
Peut-être le saviez-vous déjà, mais je n'ai vu passer cette information que cette semaine. Après avoir signé Bonjour Brumaire, l'étiquette montréalaise Indica a recruté Dany Placard. Indica ne devrait pas gérer son précédent disque de Placard, Rang de l'église, mais va plutôt s'occuper du nouvel album à venir en mars 2008. Voilà pour la mise à jour!