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mardi, novembre 09, 2010

Coup de coeur: suggestions du 9 novembre

Si dimanche et lundi étaient des petites journées pour le Coup de coeur francophone, le festival repart en force pour les six prochains jours. Au menu de ce soir :

- WD-40 et Les Guénilles, au Divan orange à 22h (10$). Je connais peu Les Guénilles, on les vend comme des gars de rock bien lourd, à la Galaxie 500, aux "propos percutants". Quant à WD-40, ils avaient fait leur show d'adieu aux FrancoFolies. Les revoilà donc, tels des phénix renaiss... ah pis c'est ben eux de nous faire ça. Tout pour le rock et qu'on s'y amuse.

- Dany Placard et son monde, à l'Esco, à 22h (8 $). Placard s'est fait rockeur sur son dernier disque. Même si je le préfère plus "western" -- il y reviendra très certainement -- le barbu chanteur saura sûrement faire lever le party. Il reçoit "son monde" aujourd'hui et demain, et Joseph Edgar s'ajoute à l'affiche demain.

mardi, octobre 12, 2010

Paroles: Dany Placard - Henriette


















Dany Placard -- Henriette (2010)

Aussi triste qu'un arbre mort
Toute seule au fond d'une cour
Madame Henriette trouve le temps long
Depuis cinq ans jour pour jour
Ces idées sont de plus en plus noires

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi

Tous les soirs lorsqu'elle s'endort
Les rêves passent tour à tour
Soixante-cinq ans d'amour
Elle a jamais douté un seul jour

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi

Un matin l'bon Dieu est passé
Chercher son mari
Madame Henriette est restée couchée
Elle a dit merci à l'amour de sa vie

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi
Madame Henriette
Voudrait aller rejoindre son mari

lundi, octobre 04, 2010

Critique: Caloon Saloon - Buckshot

Country-folk
Buckshot
Caloon Saloon
Indépendant

Il y a quelque chose de franchement fortifiant avec la musique du quatuor country-folk Caloon Saloon. Que ce soit les ballades poussiéreuses ou les pièces doo-wop des Montréalais à bretelles, leur douzaine de morceaux (dont des reprises de WD-40 et d'Urbain Desbois) fait hausser notre niveau de bonheur brut. Mené par le chanteur et contrebassiste Michel-Olivier Gasse (Vincent Vallières), Caloon Saloon oscille sur leur premier disque entre le comique et le touchant, le rapide et le lent, le propre et le broche à foin. Parce que, oui, il y a du bric-à-brac sur Buckshot, réalisé par Dany Placard. Ça fausse à quelques endroits, certains textes ne sont pas au point, ça sonne un peu creux. Si on oublie moins les faiblesses de l'écriture, on pardonne les autres imperfections, qui au fond donnent du charme à ses airs enrobés de dobro, de lapsteel, de banjo et de mandoline. Les amateurs de Lake of Stew trouveront certainement leur compte avec Buckshot. On peut acheter le disque sur bluetracks.ca et bientôt chez les disquaires indépendants du Québec.

jeudi, juin 03, 2010

Hudon-Placard réédité

Bonne nouvelle pour les amateurs de folk et de country, le fruit de l'union spontanée en 2007 entre Carl-Éric Hudon et Dany Placard sera de nouveau disponible.

On apprenait effectivement hier que le disque bicéphale Hudon-Placard, jadis imprimé à 500 copies, sera relancé, question, disent-ils, "de ne pas faire de jaloux (et de payer leurs créanciers)". Le disque ne sera pas imprimé en sérigraphie, toutefois, mais sera adapté pour une bonne vieille pochette en plastique.

On retrouve sur Hudon-Placard quelques pièces devenues des incontournables, comme Lanternes chinoises et Repentigny. Avec ces intros, extros et instrumentales, ce disque est comme "une journée de travail à la shop", nous racontait Dany Placard lors de la sortie du disque. Si Hudon est plus calé dans un folk aux ambiances atmosphériques, la musique country de Placard est plus poussiéreuse, plus brute. Hudon-Placard est donc à cheval entre les styles respectifs de ses deux composantes.

Le disque de 12 pièces, durant une trentaine de minutes, est en vente ici pour 10 $ (frais de poste inclus), et sera chez les disquaires indépendants dès la semaine prochaine.



vendredi, octobre 02, 2009

Critique: Placard Macbeth

Folk
Placard Macbeth
Placard Macbeth (CD-DVD)
Indica / Outside

Placard, c'est Dany Placard, qu'on a déjà surnommé dans ces pages le Tom Waits québécois. Macbeth, c'est Toots Macbeth, son comparse musical. Ensemble, ils se sont payé une fantaisie musicale originale: revisiter à la manière des années 1920-1930 toutes sortes de chansons de Placard, celle de son ancien groupe Plywood 3/4, celle tirée de sa collaboration avec Carl-Éric Hudon et celles puisées dans ses deux disques solos. Au coeur de cette espèce de best of sans flafla et sans dentelle, Dany gratte la guitare acoustique, Macbeth enrobe le tout avec un banjo ou un dobro, alors qu'on entend ici et là une batterie et une contrebasse discrètes. Ces versions fort honnêtes ont été captées en spectacle ou enregistrées dans un chalet, on y entend même les chaises qui craquent et la foule qui rit. Le tout vient avec un DVD pas vraiment transcendant offrant des extraits de concerts (avec un faux fini raté de vieille pellicule) et des séances d'enregistrement. Bref, sans nous renverser de plaisir, Placard Macbeth se prend sans rechigner, comme un cadeau entre deux anniversaires.

lundi, septembre 21, 2009

Achetez Placard-Macbeth avant le temps

Si vous piaffez d'impatience d'acquérir le nouveau disque de Dany Placard, vous pouvez le faire dès demain, 22 septembre, et ce, en ligne, sur ce site. L'album Placard-Macbeth sera en magasin le 29 septembre seulement.

Le disque est en fait un CD/DVD, où Dany Placard et son pote musicien Tooth Macbeth revisitent des pièces solos de Placard et des pièces tirées de Hudon-Placard à la sauce 1920-1930. Tout a été fait "selon la tradition : costumes d'époques, éclairages minimalistes et ce, capté uniquement par des microphones, comme ça se faisait dans l’temps", raconte le communiqué envoyé par Indica, la maison de disque du natif de Laterrière.

Voici la pièce Assis, qui est pourtant tirée du premier disque de Plywood 3/4, il me semble bien (avant nommée Ben assis). Notez par ailleurs la tendance sur les photos promos de mettre ses clés bien en évidence hors de ses poches.

Dany Placard - Assis by indicarecords

lundi, juin 01, 2009

Renipage musical pour la vente trottoir sur Ontario

La vente trottoir de la Promenade Ontario est un classique pour moi, qui me rend à CIBL depuis environ 7 ans. Chaque année, la rue est fermée, et tout le quartier envahit la place, et on peut acheter des gogosses cheaps chez J.V.S., ou voir des animaux de la ferme en mangeant une grosse graisseuse à la Pataterie.

Nouveauté cette année, les organisateurs de l'événement, qui a lieu du 3 au 7 juin, rebaptise l'événement la Grande Kermesse et y ajoutent tout un volet musical. Les spectacles se tiendront à l'embourgeoisée et bétonnée Place Simon-Valois, à l'angle des rues Valois et Ontario.

Jeudi 4 juin à 19h30, se tiendra le Cabaret ludique de l'Ange vagabond, petit frère des cabarets célestes de l'ancien disquaire indépendant. Le lendemain soir, même heure, Dany Placard sera sur scène pour chanter les pièces de Raccourci... la place Valois va prendre des airs de route de campagne.

La fin de semaine, la Grande Kermesse épouse l'horaire des familles et commence plus tôt. À 13 heures, Kodiak sera de la partie, alors qu'à 15h30, le public aura droit à un hommage à Black Sabbath, "où la voix d’Ozzy est remplacée par une flûte traversière, la guitare de Iommy par un accordéon et on y ajoute une batterie et une contrebasse". Euh. Sabbath Café reprend les plus grands succès du groupe et les offrent de façon lounge acoustique. Avec Vince Peake (Groovy Aardvark, Grim Skunk) et Denis Lepage (Groovy Aardvark, Colectivo) et François Héroux (Marco Caliari). Ceci expliquant cela.

Dimanche, à 13h, vous pourrez swinguer avec le Hot Club de ma Rue, avant d'entendre St-Sipoplette à 15h30.

mercredi, avril 22, 2009

Le blogue de Placard

Bonne nouvelle, Dany Placard nous prépare déjà un nouveau disque, nous apprend l'ami ORL.


En compagnie de son ami Toots Macbeth, Placard est en ce moment en train de faire une petite tournée québécoise toute simple, avec "de la route, des banjos, un dobro, des guitares, pas d'ampli, des chapeaux beaux, des petites salles, des gens qui tapent du pied, des belles rencontres et surtout de la bonne bière."

Ils en profiteront pour enregistrer tout ça pour un prochain CD. Les deux musiciens revisitent pour l'occasion de vieilles chansons des albums solos de Placard, du projet Hudon-Placard et de Plywood 3/4, l'ancien groupe du barbu de La Terrière. Donc pas de nouvelles pièces? C'est dommage, mais en même temps, ça permettra à plusieurs de redécouvrir les beaux morceaux méconnus de Placard, particulièrement ceux des albums de Plywood.

Le duo sera de passage à Montréal le vendredi 8 mai à la Sala Rossa, à Montréal, mais aussi le 23 avril à La Sarre, le 24 avril à Rouyn-Noranda, le 25 à Ville-Marie, et le 9 mai à Mascouche.

Dany Placard tient un blogue de ce périple, avec plusieurs photos et vidéos. Visitez Deux gars pas d'ampli.

lundi, janvier 19, 2009

Dany Placard - Raccourci

Grosso modo...

B, B/F#
C#m, E, F#, B, E, B, F#, B, B/F#, B
Pont: F#, B, E, F#

dimanche, décembre 21, 2008

Mon palmarès québécois de 2008

La dernière année musicale a démarré en lion pour les artistes émergents de la province -- Karkwa faisant office de locomotive --, et s'est fait plus timide en fin de parcours malgré quelques bombes tardives, comme le magnifique disque d'Avec pas d'casque. L'année 2008 a aussi vu apparaître quelques fortes recrues, comme David Marin, Radio Radio et Le Roi poisson, qui ne s'inscrivent pas à notre palmarès mais qui méritent des mentions honorables. Maintenant, la crème:

1. Le Volume du vent, Karkwa. Le quintette rock a commencé l'année dans le créneau un peu abstrait de la scène émergente, et la termine pas tout à fait dans la grande ligue, mais franchement pas loin. Et c'est grandement mérité, car ce Volume du vent est la plus belle chose entendue cette année: textes puissants, musique aboutie davantage libérée de ses influences, ambiance sombre et enveloppante... On souhaite à Karkwa les ventes et la visibilité dont profitent tous ces artistes génériques qui jouent sur la bande FM.

2. Piano élégant, Chocolat. Après un très bon mini-album de rock garage un peu trash, le groupe Chocolat est revenu cette année avec de nouvelles pièces moins brouillonnes, plus gracieuses, enrobées de cordes, de xylophone et de piano. Un pur plaisir.

3. Dans la nature jusqu'au cou, Avec pas d'casque. Le folk un peu bric-à-brac du trio crée la dépendance. Les lignes de guitares simples et les mélodies hyper accrocheuses aident beaucoup à nous rendre accro, tout comme un côté négligé et une absence de prétention. Et surtout, on trouve là, sans l'ombre d'un doute, les plus beaux textes de l'année.

4. Taxidermie, Philippe B. Voici un vrai songwriter, qui s'efforce de marier, voire de fusionner, musique et poésie. Entre berceuses et chansons rythmées, le guitariste influencé par le folk américain nous fait voyager à travers de grandes villes et leur pouvoir d'évocation. Mention spéciale à la pièce Baptêmes. Frissons garantis.

5. Tous les sens, Ariane Moffatt. Grâce à cet album plein de lumière, me voilà converti à Ariane Moffatt, à ma grande surprise. Tous les sens profite d'une très bonne réalisation et de chansons très cool, qui s'accrochent à l'esprit. Un incontournable de l'année.

6. Raccourci, Dany Placard. De la route, des voitures, de la poussière, de la slush, de l'ennui, il y en a à profusion sur Raccourci. Pour ce deuxième album solo, le chanteur de La Terrière s'est inspiré du son de l'Arizona et de la musique de Tom Waits, et ça lui va comme un gant.

7. Coeur de pirate, Coeur de pirate. Passée de totale inconnue à vedette radio-canadienne en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Tricot Machine, Coeur de pirate a fait une forte impression avec ce premier disque. La clé? Une voix aussi intrigante qu'enivrante et des arrangements délicats. Pour le reste, laissons le temps au temps à cette jeune femme de 19 ans.

8. Cassette II, Band de garage. Sur ce deuxième album du duo de stoner rock, Band de garage a vraiment évolué. Exit les textes comiques, bienvenus la mort, le métal et le froid. Et ça sonne encore comme une tonne de briques, même si la musique est davantage travaillée.

9. De la nature des foules, Bonjour Brumaire. Un disque de rock sapé d'un costard pop, rempli de mélodies dévastatrices et de lignes de guitares bonbon. On les préférerait peut-être plus rugueuses, avec des textes moins touffus, mais Bonjour Brumaire est une des belles découvertes de l'année.

10. Payz Play, Payz Play. Voici un album hip-hop aux rythmes bien ronds et rebondissants, plutôt funky, aux influences électro circa 1980. Érudits ou néophytes trouveront leur compte dans ces pièces aux textes certes un peu grinçants, mais porteurs d'humour et d'ironie.


Vous êtes d'accord ? Qui auriez vous ajouté et pourquoi?

lundi, octobre 27, 2008

Dany Placard invite

Le porte-parole "musical" du prochain radiothon de CIBL, Dany Placard, se paye un gros party musical le 14 novembre à la Sala Rossa.

Le chanteur revient à Montréal après une tournée de la province, et pour l'occasion, il invite plusieurs musiciens à monter avec lui sur scène: Mara Tremblay, Franz Schuller (Grimskunk), Alex Jones (WD-40), Monsieur Mono, Pierre-Alexandre Bouchard (El Motor) et Michel-Olivier Gasse (Calloon Salloon) seront avec l'auteur-compositeur-interprète.


dimanche, mai 11, 2008

Dany Placard -Slush

Dany Placard lance un premier clip pour son album Raccourci, pour la pièce Slush. Je me demande même si ce n'est pas son premier clip tout court. En tout cas, ça glisse dans son coin.

Slush - Dany Placard

dimanche, mai 04, 2008

Au menu de la semaine

Comme je serai absent quelques jours, voici mes suggestions de sorties à noter au carnet.

- Mardi 6 mai, c'est la FINALE des Francouvertes. Oui, oui, après 10 soirées d'élimination, voici arrivé le grand soir. Les trois groupes participants seront La Patère rose, Bonjour Brumaire et Le Citoyen. Disons en bilan pré-finale qu'il y avait du très bon calibre cette année, et que je ne me souviens pas d'avoir vu des demi-finalistes aussi talentueux. Ayant vu la totalité des groupes lors des préliminaires, je peux dire que sauf quelques exceptions évidentes, il y a de la bonne musique qui se fait ici bas. Mon coup de coeur très personnel: La Patère rose. Lors des préliminaires, j'ai été soufflé. Réaction corporelle plus que cérébrale. Happé. Souhaitons la meilleure des chances aux trois groupes!

- Mercredi 7 mai: le groupe La Descente du coude lance son nouvel album. C'est maintenant sur l'étiquette Grosse Boîte, au lieu de Dare to Care, ce qui n'est pas un gros changement car au fond ce n'est que sa branche franco. Super beau visuel pour le disque, encore une fois du bel emballage chez Grosse Boîte. En concert à la Sala Rossa avec Navet Confit en solo en première partie.

- Jeudi 8 mai: Gonzales à La Tulipe. Nouveau disque Soft Power. Non mais quel album débile mental, pas nécessairement dans le sens d'excellent, mais dans le sens de fou braque original énergumène et sirupeux. Il y livre des chansons hyper seventies parfois insupportablement cheesy, parfois excellentes, et quelques instrumentales pas si mal du tout. Sur scène, avec son Together-Ensemble (on y retrouve son ami de longue date Socalled), ça risque d'être franchement fou.

- Toujours le 8 mai, Dany Placard sera au Cabaret Juste pour rire avec Bivouaq en première partie. J'ai toujours aimé les concerts de Dany Placard, il a une mini-gêne et à la fois une certaine nonchalance qui font qu'on sent qu'il nous parle vraiment. En bonis, l'accent du Lac et probablement une chemise à carreau. Un incontournable pour les amateurs de folk à la Tom Waits et à la Calexico.

- Vendredi 9 mai, au Lion d'Or, pourquoi ne pas aller voir Yves Desrosiers en concert. Multi-instrumentiste très talentueux signé sur étiquette Audiogram, Desrosiers a réalisé et a joué sur plus d'album qu'il y a de Russe en Russie. Non, j'exagère, mais sa feuille de route est impressionnante. Son dernier disque m'a un peu déçu, mais son précédent, Volodia, est tellement magnifique que vous ne regretterez pas votre promenade rue Ontario.

Bonne semaine, comme dirait le gars avec des grosses lunettes dans la publicité télé. (Je l'ai déjà croisé dans l'ascenseur au travail, les bureaux de La Semaine sont quelques étages plus bas. Quelle vie passionnante que celle de journaliste).

mardi, mars 25, 2008

Dany Placard sur la grande route

Terminée, la voie de service, pour Dany Placard. Après avoir conduit sa propre barque pendant huit ans dans l’industrie musicale et après avoir autoproduit six albums à travers divers projets, le sympathique musicien passe en seconde vitesse. En s’associant avec l’étiquette de disque Indica (Xavier Caféïne, Dobacaracol, Vulgaires Machins), Placard signale à gauche et monte sur l’autoroute. Porteur d’un son plus travaillé, où les cuivres ont le beau rôle, son dernier disque, Raccourci, risque fort d’atteindre une nouvelle cible: le grand public.

La voie de service, c’était déjà très bien, on vous l’assure. Oui, ses deux premiers albums de «jeunesse» avec le groupe Placard étaient franchement brouillons. Mais les deux opus de sa formation Plywood 3/4, son dernier album solo Rang de l’église et le projet Hudon-Placard, réalisé avec Carl-Éric Hudon, sont tous à conseiller aux amateurs de folk-rock un peu poussiéreux et profondément authentique.

Tout ça était très bien, donc, mais pour l’album Raccourci, qu’il lance le mardi 25 mars, Dany Placard n’avait plus envie de se taper tout le tralala qui doit être fait en marge de l’enregistrement d’un album. Envois postaux, promotion, comptabilité et financement pesaient sur le moral du natif de Laterrière, près de Chicoutimi. Raccourci serait fait sous l’aile d’une maison de disques ou ne serait pas fait.

C’est donc avec Indica, fondée par le groupe Grimskunk en 1997, que Dany Placard s’est associé. «J’ai magasiné ma maison de disques, car si je savais que ça m’enlèverait du poids sur les épaules, j’avais peur de ne plus être libre de faire ce que je voulais musicalement, raconte le chanteur au bout du fil, quelque part sur la route. Mais avec Franz Schuller [le président de l’étiquette], ç’a cliqué tout de suite… On a eu une réunion de quinze minutes, et c’était parti!»

Québec, États-Unis, Mexique
Pour ce deuxième album solo, Dany Placard s’est concentré sur un thème qui lui est cher depuis longtemps: la route, l’automobile. «Je m’étais imposé comme contrainte d’essayer de mettre le mot “char” ou “pick-up” [à prononcer picoppe] dans toutes les pièces», raconte le père de famille. Ici, pas de grandes envolées lyriques, mais plutôt les mots simples et vrais des gens ordinaires, avec en prime l’accent du Saguenay, certains anglicismes bien imprégnés et quelques jurons qui n’ont rien de dérangeant, au contraire.

Raccourci aborde aussi l’ennui, le mal du pays inhérent aux longs voyages sur cette même route. «J’y raconte l’histoire d’un camionneur qui fait ses “runs”, qui descend jusqu’au Mexique, en traversant les États-Unis, et qui s’ennuie de sa femme et de ses enfants, de la neige du Québec.» Et aussi, en filigrane, l’histoire parfois similaire du musicien qui part en tournée.

Ce voyage vers le Sud est non seulement raconté, mais il s’entend aussi drôlement. Plus que jamais Placard s’est inspiré de ce qu’on pourrait appeler le son de l’Arizona, et aussi de la musique de Tom Waits. On retrouve des percussions sourdes, des fracas de tôle, les rythmes secs des guitares et une voix qui vacille des graves aux aiguës. Sans oublier les cuivres, d’une grande beauté, qui tapissent l’album, et cette reprise de Long Way Home, devenue la pièce-titre de l’album.

«Au début, je voulais faire une coupure avec Tom Waits, j’étais parti dans un buzz plus planant, dans le genre de Radiohead. Mais Waits a sorti son album triple, Orphans, et je me suis bourré la face dedans cet été, et voici le résultat. Le côté planant ressortira peut-être sur le prochain!»

Où ce voyage sur la grande route mènera-t-il Dany Placard? Le chemin est encore un peu brumeux, mais celui qui a récemment réalisé les albums de quelques groupes de la relève (Le Nom, Bivouaq) aimerait bien que Raccourci lui permette une percée vers le grand public. «J’haïrais pas ça, mais j’ai pas composé les pièces avec des contraintes commerciales; on n’a pas fait de versions plus faciles pour la radio, par exemple.»

Malgré tout, Slush, son premier extrait, s’est déjà taillé une place sur les ondes de moins en moins frileuses de CKOI et pourrait bénéficier d’un effet d’entraînement médiatique, les radios commerciales n’aimant pas trop rater le bateau. Et si le musicien se plaira sûrement sur les lignes droites de l’autoroute, parions qu’il continuera d’y rouler… en «picoppe».

***
Raccourci
Dany Placard
Indica / Outside
Lancement le 25 mars au Divan orange à Montréal et le 5 avril au Cercle à Québec. Rentrée montréalaise le 8 mai au Cabaret.

mardi, mars 04, 2008

Un aperçu de Placard et Chocolat

Y'a de bons albums qui s'en viennent sur les tablettes d'ici quelques semaines. En tout cas des album d'artistes que j'aime bien. Et tranquillement, les premiers extraits apparaissent sur les Myspace. En voici deux.

Il y a Dany Placard, qui, le 25 mars, lancera sur étiquette Indica son nouvel album nommé Raccourci. À voir la pochette, et à entendre la chansons Slush, on reste dans le grisâtre, le triste. Du genre : "de la beauté d'un windshire plein de gouttes d'eau." J'aime bien le son de ce premier extrait. http://www.myspace.com/danyplacard

Secundo, le groupe Chocolat, qui, le 18 mars, nous pitchera en plein visage son Piano élégant, offre non pas un, mais deux extraits de ce nouvel opus, soit les morceaux Sois belle et la surprenante pièce titre Piano élégant. http://www.myspace.com/montrealchocolat

mercredi, décembre 12, 2007

Indica recrute Dany Placard

Peut-être le saviez-vous déjà, mais je n'ai vu passer cette information que cette semaine. Après avoir signé Bonjour Brumaire, l'étiquette montréalaise Indica a recruté Dany Placard. Indica ne devrait pas gérer son précédent disque de Placard, Rang de l'église, mais va plutôt s'occuper du nouvel album à venir en mars 2008. Voilà pour la mise à jour!

dimanche, juillet 29, 2007

FrancoFolies - Ma virée du samedi

La soirée d'hier était franchement plus confortable que vendredi, les nuages s'étant vidés de leur précipitation. Le P’tit Ben, de son nom Benoît Rocheleau, n’a pas écopé de la pluie, et la foule très familiale a bien apprécié ses pièces. Homme orchestre, équipé d’une base de batterie, de deux claviers, d’un trombone, d’échantillonneurs et de pédales de de loop, Rocheleau chante un peu comme Antoine Gratton et construit ses pièces un peu comme Camille ou Dumas en solo, par strates sonores qui s’ajoutent au fur et à mesure. Ça promet.

On a retrouvé Rocheleau une heure plus tard, avec l’intriguant Plywood Placard Bluegrass. Ils étaient dix sur scène, incluant Dany Placard, leader de ce big band, le banjo et le violon donnant le ton. J’aurais choisi des pièces un peu plus rythmées, mais ils avaient un plaisir contagieux, se regardant, se criant des consignes pendant les morceaux. Placard était nerveux au début, se trompant de pièces quelques minutes plus tard. Je pense qu'avec une ou deux pratiques de plus, ils auraient pu faire de quoi de vraiment meilleur, de quoi d'explosif, une véritable train à dix wagons, qui brasse, qui crie et qui crache sa fumée. Là, c'était un peu trop TGV. Paraît qu'ils vont refaire ça un de ces quatre, on vous tient au courant.

Quant à Malajube acoustique, c'était génial. C'était généreux, c'était musicalement vraiment agréable, c'était déstabilisant. Ils étaient tous vêtus de blanc (Thomas avait l'allure d'un Elton John, surtout avec le piano à queue également blanc!), sauf le chanteur Julien, qui portait le rouge. On a pu, avec ces versions non-électrifiées, apprécier toutes la finesse de leurs mélodies, toute la richesse des arrangements. "C'est magique", a dit Julien. "Et ça fait moins mal aux oreilles pour tout le monde!" On entendait d'ailleurs beaucoup la foule chanter, elle qui était absorbée, attentive aux adaptations, demandant même aux habituels colons bruyants de se taire. La plupart des pièces étaient jouées plus lentement, sauf Elton d'août, accélérée au possible. Évidemment, les punchs, les points forts des pièces perdaient un peu d'intensité, mais toute la délicatesse qui émanait du reste compensait amplement. Rien que pour entendre Pâte filo en version Bossa nova et Le Métronome en folk genre Cat Stevens, ça valait le détour.