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vendredi, octobre 15, 2010

Critique: Jérôme Dupuis-Cloutier - Gentleman refroidi


Chanson
Gentleman refroidi
Jérôme Dupuis-Cloutier
Indica

Connu d'abord grâce à son groupe Le Roi poisson, et dans une moindre mesure par son projet Le Citoyen, le chanteur et trompettiste Jérôme Dupuis-Cloutier lance sans paravent ou pseudonyme un disque surprenant, à la fois accessible et audacieux. Intitulé Gentleman refroidi, le court album de neuf pièces totalisant une trentaine de minutes est pop, mais avec une touche plutôt unique, hors des contraintes cool du moment. Dupuis-Cloutier, dont la voix peut se rapprocher de celle de Yann Perreau, enrobe ses bonnes mélodies d'un mélange hétéroclite mais harmonieux de guitare, de cuivres, de banjo, de clavier et même de cordes. Ici, on entend un peu le jazz de Gainsbourg ou de Vian; ailleurs, Ferland ou le plus éclectique Frank Martel. Les «rapaillés» y prendront aussi leur pied, d'autant que Dupuis-Cloutier chante Denis Vanier (Les Grands Labours) et Yann Godbout (L'Ontologie de mon être clôt la pièce Nationaliste déchu). Du grand bonheur en noir et blanc. En magasin mardi le 19 octobre.

Les Rochers, par Jérôme Dupuis-Cloutier

mercredi, février 03, 2010

Concours - Le Roi poisson et Francis d'Octobre

Vous avez raté le lancement de Francis d'Octobre? Pire, vous n’avez pas été invité? Qu'à cela ne tienne, comme dirait Éric Lapointe. Celui qui vient de faire paraître son premier disque Ma Bête fragile (Francis, pas Éric) sera en concert ce vendredi 5 février à la Maison de la culture Maisonneuve, et en très bonne compagnie. Il sera précédé de l'excellente formation Le Roi poisson, qui aura sûrement du nouveau matériel à vous mettre sur le tympan.

Déjà, c'est un bon deal, mais Franco Phil bat toute la compétition et offre une paire de billets aux deux premiers lecteurs à m'écrire au francophil@hotmail.com. Si vous trouvez moins cher ailleurs, je vous rembourse.

Bonne chance! (Mise à jour 16h15: plus qu'une seule paire à gagner!)

mercredi, décembre 23, 2009

Top 10 des disques émergents québécois

Paradoxe: s’il se vend moins de disques au Québec, la production musicale ne ralentit pas, même chez les plus petits joueurs, ce qui ne facilite pas la tâche lors des palmarès de fin d’année. D'autant plus qu'on met de côté ce qu’on pourrait appeler la classe moyenne, comme Mara Tremblay, Patrick Watson, Paul Cargnello, Yann Perreau ou Les Trois Accords, qui restent alternatifs tout en étant pas mal "émergé". Une réflexion, en 2009, le top 5 des meilleurs disques émergents du Québec en est un marqué par les découvertes et par le retour à une chanson à la fois classique et moderne. Pour le journal, il fallait en choisir 5, pour vous, j'en mets 10, à déposer sous le sapin du mélomane aimé.


1. Bernard Adamus, Brun
C’est le coup de cœur de l’année, du folk bien brut avec quelques planches mal équarries, aux accents blues et presque hip-hop par moment. Adamus nous ramène à Plume et aux Colocs, à une sensibilité à hauteur d’homme, avec des préoccupations et un langage propres au commun des ours (mal léchés). Non, ce n’est pas révolutionnaire, mais à une époque où plusieurs artistes et un large public se vautrent sans soucis dans les reprises insignifiantes et les duos insipides, Bernard Adamus fait office de champion de l’authentique. Chapeau, monsieur.


2. Malajube, Labyrinthes
Ce troisième disque du quatuor indie-rock est leur plus audacieux, loin de l’efficacité de Trompe-l’œil. Même sur la durée, Labyrinthes se révèle très solide, peut-être justement parce qu’il n’est pas linéaire, parce qu’on peut s’y perdre, en sortir, y revenir, parce qu’il est déstabilisant. L’expérience est plus cérébrale que par le passé, mais certainement pas moins pertinente.


3. Fred Fortin, Plastrer la lune
Il n’y en a pas deux comme Fred Fortin, et surtout pas du côté des pâles interprètes de Star Académie. Le vétéran de la chanson rock est revenu sur Plastrer la lune à ses personnages, à des portraits attachants, comiques et émouvants racontés finement mais sans dentelles. Fortin y livre quelques bombes (Madame Rose, Le Cinéma des vieux garçons), mais aussi quelques pièces moins fortes, sur lesquelles il s’acharne étrangement pour sa promotion. Tendez l’oreille sur l’ensemble, vous ne serez pas déçus.

4. Marie-Pierre Arthur, Marie-Pierre Arthur
Musicienne depuis longtemps avec d’autres, Marie-Pierre Arthur a osé livrer cette année ses propres chansons, pour le grand plaisir de nos oreilles. Entourée d’une équipe tout-étoile (des gars de Karkwa et de Patrick Watson, entre autres), la Gaspésienne à la voix un brin nasillarde — à l’instar de son amie Mara Tremblay — a ciselé de belles pièces folk aux mélodies accrocheuses, encore solidement ancrées dans notre cerveau après plusieurs mois.

5. La Patère rose, La Patère rose
Vent de fraîcheur sur la pop d’ici, La Patère rose mêle une chanson piano-voix à une musique électronique pas agressante pour deux sous. Quelque part entre l’émouvant et le dansant, le trio mené par la charismatique chanteuse Fanny Grosjean n’est jamais loin de l’humour, et nous on s’amuse de bon cœur.

6. Chinatown, Cité d'or
Le groupe Chinatown, qui mélange l'esprit de Gainsbourg, les airs des Beatles et des mélodies cousines de génériques de dessins animés, réussit avec ce premier disque l'exploit funambulesque de faire du pop-rock haut de gamme. Les cinq musiciens ont bricolé avec un soin d'orfèvre des pièces hyper accrocheuses, avec juste ce qu'il faut de sirop pour ne pas écoeurer. Même votre mère va aimer ça.

7. Polipe, Tropiques du cancer
Le trio Polipe a mis pas mal de funk dans notre automne/hiver. Leur musique est entraînante, mélangeant le rock et le prog à des sonorités latines. Et aussi, ce n’est pas con du tout du côté des paroles, alors que les musiciens sont allés puiser dans leurs zones d'ombres.

8. Navet Confit, LP3 - Papier vampire
Le prolifique Navet Confit est revenu à la charge cette année avec un troisième album complet, où il a légèrement mis de côté l'exploration pour davantage travailler la concision, la précision. LP3 gagne donc en écoutabilité ce qu'il perd en audace, mais hé, comme il partait de très haut dans la foisonnance des idées, c'est pas si grave. Voici un disque qui prend son temps, qui grandit avec nous, avec des titres qui resteront dans un coin de cerveaux, comme Les Chansons et Plastique à la cerise.

9. Carl-Éric Hudon, Contre le tien Ananas Bongo Love
Autre soldat de l'équipe de La Confiserie (GSI) avec Polipe et Navet Confit, Carl-Éric Hudon a fait le parcours inverse de Navet cette année avec Contre le tien Ananas Bongo Love, où il a troqué ses mélodies folk simples pour des pièces plus tortueuses, aux textes complexes, aux structures audacieuses. Hudon n'y est pas opaque pour autant, et ça s'écoute fort bien avec un casque d'écoute. Mention spéciale pour le titre de l'album, le meilleur de l'année.

10. Lac Estion, Affranchi // Le Roi Poisson, Le Roi poisson
À choisir entre le disque du Roi Poisson et celui de Lac Estion, j'opte pour celui du groupe au mauvais jeu de mots, mais par très peu. Si les deux groupes doivent améliorer la qualité de leurs textes, Lac Estion a une longueur d'avance dans la structure des pièces. Affranchi est mieux ciselé, plus accrocheur, et trouve une plus grande résonnance dans mon oreille. Dans les deux cas, le prochain disque sera à surveiller, puisque les deux groupes cousins ont le talent pour prendre encore bien du galon.

lundi, novembre 16, 2009

Indica recrute Le Roi Poisson

L'étiquette de disque indépendante Indica ajoute un nouveau spécimen à son aquarium. On apprend aujourd'hui que le groupe Le Roi Poisson a signé avec la maison de disque qui compte déjà sous son aile Dany Placard, Xavier Caféïne, Vulgaires Machins, Priestess et plusieurs autres.


Le Roi Poisson s'est fait connaître par un EP plutôt réussi, et par un premier disque autoproduit paru en avril. Selon Indica, 2010 sera une année importante pour Le Roi Poisson qui en plus d'entrer en studio au début de l'an, partira voguer dans les eaux éloignées du Québec.

La formation menée par le chanteur Jérôme Dupuis-Cloutier offrira un spectacle le 2 décembre au Divan Orange en compagnie de Final Flash, et promet quelques nouveaux titres, avis aux fans.

samedi, avril 18, 2009

Critique: Le Roi poisson

Rock
Le Roi poisson
Le Roi poisson
Indépendant

Allez hop, pas de temps à perdre pour Le Roi poisson. Pas de maison de disques? Pas de distributeur, ni de subventions? Qu'à cela ne tienne. Un an après avoir attiré l'attention avec un mini-album bien diffusé dans les radios alternatives, voici que le quintette mené par le chanteur Jérôme Dupuis-Cloutier (Le Citoyen) lance un premier disque fait avec les moyens du bord. Cet album portant le nom du groupe ne souffre toutefois pas d'une réalisation déficiente, ni d'un manque d'énergie. À travers neuf titres, dont trois morceaux instrumentaux, les jeunes musiciens s'éclatent à grands coups de guitares électriques et de claviers électroniques, quelque part entre un jeu d'arcade de Pac-man (Foodoopack!, Banni), du vieux Karkwa (Chien galeux) et du récent Malajube (Croque-mort). Sans nous épater, les pièces sont ludiques et accrocheuses. Exprimons une réserve en ce qui concerne les textes, pas très impressionnants. L'album se vend en ligne au www.roipoisson.com.

mardi, avril 14, 2009

Cadeaux: Le Roi poisson

Le Roi poisson lance demain son premier disque éponyme, au Café Campus. Le disque de neuf titres met de l'avant les guitares, et surtout les claviers, qui ont un côté jeux vidéos. Franco Phil, toujours le coeur sur la main et l'autre sur le clavier de son ordinateur, vous fait à nouveau des cadeaux. Bande de chanceux lecteurs.

J'offre donc aux deux premiers/premières lecteurs/lectrices une paire de billets pour le lancement de demain, à 21 h, ainsi qu'une copie de l'album des poissons couronnés.

Mise à jour: félicitation à Karine et Claudine!




lundi, novembre 17, 2008

Vidéoclip: Le Roi poisson - Mon robot

Voici un nouveau clip pour Le Roi poisson, pour la pièce Mon robot. Paroles simplistes, animation sympathique de Mathieu Desmeules, entrecroisée d'images réelles dont le sens m'échappe. Aidez-moi.

jeudi, juillet 24, 2008

FrancoFolies, soir 1

Petite soirée de départ tranquille, travail et offre intérieure obligent. Heureusement, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, croisons les doigts pour le reste de l'événement, et prions cette étrange personne qu'est dame Nature, qui, nous le savons tous, revêt, l'hiver venu, son blanc manteau.

J'ai pu entendre une demie-heure de Chocolat, qui sonnait pas mal du tout, malgré quelques erreurs dans les chansons et quelques problèmes techniques à la basse vers la fin. "C'est marqué dans notre contrat qu'on peut rien lancer dans la foule", a lancé Jimmy Hunt avant de donner un coup de main à la gravité afin que son verre de bière s'écrase sur la scène. Il y avait une bonne foule dans cet espace gigantesque longeant la rue Clark.














Juste après, c'était au tour du Roi poisson, sur une petite scène derrière, de repousser les nuages. La foule compacte dansait devant la scène, particulièrement pendant Premier rang, leur "hit", selon leurs propres dires. Ma préférée est plutôt Ouvrier. Parfois malajubesque, parfois karkwaïen, parfois Charleboisé, les cinq musiciens ont resserré leur son légèrement. Notons le passage sur la scène de Maître J sur une chanson digne de La Russe -- justement de Malajube --, sans oublier l'apparition du Roi poisson lui-même, tout couronné de papier d'aluminium qu'il était.

Je me garde un tour de grande roue pour plus tard, quand j'aurai les pieds et le dos davantage en compote.

mercredi, juillet 23, 2008

FrancoFolies: ça commence!

La 20e édition des FrancoFolies de Montréal commence dès ce jeudi, ce qui signifie que 1. nos heures de sommeil seront réduites à une quantité négligeable; 2. on aura plein de choses à vous raconter sur ce qu'on aura vu en salle et à l'extérieur.

Commençons ce parcours avec quelques suggestions, que nous tenterons de publier de façon quotidienne.

-- Jeudi, allez jeter une oreille à la musique de Josianne Paradis, que les habitués de la baladodiffusion connaissent déjà. Elle joue en quatuor, dont fait partie son frère Benoît. 17h sur la scène Nouvelle chanson.

-- À 19 h, le slameur Français Ami Karim donnera un concert gratuit. Il y interprètera les chansons de son premier disque Éclipse totale, lui aussi en formation à quatre. Sur la scène Les Découvertes.

-- Puis à 20h, déchirez-vous entre Orange orange et Chocolat, qui joue en même temps. Pourquoi pas 30 minutes de chaque? Chocolat a certainement plus d'expérience sur scène, mais les amateurs d'électro trouveront davantage leur compte avec le duo doublement orangé. Naviguez entre les scènes Les Soirées urbaines et Les Shows.

-- Si les grandes foules ne vous disent rien, ou bien si vous avez encore à travers la gorge le fait que Marco Calliari ait quitté Anonymus pour divertir vos mères, rabattez-vous sur le rock/pop/prog sympathique du Roi poisson. On inclut le groupe dans la bande de Sherbrooklyn, même si au fond, il n'y a que le chanteur Jérôme Dupuis-Cloutier qui vient de ce coin. À 21h, sur la scène Chanson festive.

samedi, mai 24, 2008

Hier soir: Ariel, Le Roi poisson et Chocolat

Hier soir au Petit Campus jouait Le Roi poisson, que les habitués de Franco Phil et de sa baladodiffusion ont pu entendre déjà quelques fois. J'étais bien curieux de voir ce que le groupe offrirait sur scène, n'ayant en main que leur petit 4 titres, qui constitue la totalité de leur matériel enregistré pour l'instant.

En première partie, qui a commencé plutôt tard en raison d'une foule clairsemée, nous avions droit au groupe Ariel, inconnu au bataillon jusqu'à ce jour. Les Montrélais, mené par un chanteur au veston de cuir et ressemblant à un hybride de Stefie Shock et Johnny Depp, ont joué (trop) longtemps leurs chansons plutôt bien faites mais qui manquaient de velcro. Le son d'Ariel n'est pas non plus des plus original, quoi qu'éparpillé. Du rock indie ici, du new wave par-là, tiens celle-ci ressemble drôlemenr à du Caféïne. On a vu pire, on leur souhaite du meilleur.

Puis, après une pause, Le Roi poisson a réussi à faire avancer les gens -- des amis? -- près de la scène. Le chanteur Jérôme, que j'ai vu avec le groupe Le Citoyen lors des Francouvertes, est au commande, placé devant un clavier au centre de la scène.

Heureusement plus loin de la musique de Karkwa que je l'aurais imaginé, Le Roi poisson m'a semblé être à court de compositions vraiment fortes. Celles déjà connues, Ouvrier, Nouvelle instru, Premier rang, rentraient comme une tonne de briques dans mon cerveau. Pour le reste, ça dépendait franchement, mais ce n'était pas aussi transcendant qu'espéré. Maître J, qui semble être de passage pendant tous les shows de Montréal ces jours-ci, a également fait un petit couplet réussi avec les poissons. On donnera du temps au groupe pour ajouter des points d'expérience à leur dossier.

Puis la soirée se poursuit au Barfly, petite salle du boulevard Saint-Laurent, pour voir Chocolat, qui y jouait malgré les informations contradictoires lues dans la journée. Le groupe n'a plus de batteur, ce qui explique le fait que Chocolat n'a pas tourné après la sortie de leur -- excellent -- album Piano élégant. Le recrutement semble complexe, et on n'est pas très surpris, connaissant les précédents du groupe.

La solution: quand on a un membre qui a joué pendant des années en one-man-band, on s'en sert. C'est pas parfait, mais ça fait la job. C'était donc le chanteur Jimmy Hunt lui-même qui tapait la grosse caisse et tout ce qu'il pouvait en jouant de la guitare en même temps. Bon, ils n'auraient pas fait le Club Soda comme ça, mais pour le Barfly, à minuit le soir, c'était bien parfait.

C'était gras, bruyant, erratique un peu, mais fort plaisant. Du brut quoi. Si seulement leur guitariste mélodique pouvait sortir de son coma corporel, ça serait encore meilleur.