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lundi, décembre 07, 2009

Marie-Pierre Arthur: droit, droit devant

















Depuis la parution de son premier disque en mars, ça va terriblement bien pour Marie-Pierre Arthur, cette auteure-compositrice-interprète qui a longtemps oeuvré à la guitare basse derrière Ariane Moffatt, Mara Tremblay et Stefie Shock. «Terriblement», le mot est d'elle, et elle le répétera souvent au cours de cet entretien en forme de bilan.

Dans le parcours de Marie-Pierre Arthur, native de Grande-Vallée, en Gaspésie, ce «terriblement» a deux résonances. Aux aurores de sa carrière solo, c'étaient les craintes et les inquiétudes qui la rongeaient. «J'ai eu très peur que ça soit mal reçu, que ça m'empêche d'exister en partant.» Aujourd'hui, suffit de regarder la route dans le rétroviseur pour que ce «terriblement» en soit un d'ivresse.

Son folk chaleureux et sa voix un brin nasillarde mais magnétique lui ont permis de décrocher un lot de nominations diverses - malheureusement sans concrétisation. Tout de même, l'interprète de Pouquoi? et de Droit devant a vu son nom apparaître dans trois catégories à l'ADISQ (Révélation, Album folk contemporain et Chanson de l'année) et dans quatre au GAMIQ, l'ADISQ du champ gauche. Sans oublier sa candidature pour le prix Félix-Leclerc et le prix Écho de la SOCAN.

«On dirait que ça fait deux ou trois ans que l'album est sorti!, rigole Arthur. Et ç'a passé vite en même temps, tabarouette, j'ai l'impression de ne pas avoir goûté à chaque moment. Là, je sens que je suis installée dans quelque chose, dans ma nouvelle vie de chanteuse, et je me sens bien. Je me sens de plus en plus assumée, de plus en plus relax.»

De Montréal à Paris?
Nerveuse, elle l'était au début du printemps, sur la scène de La Tulipe, lors de son premier gros concert dans la métropole. Mais elle raconte que le groupe a pris du galon depuis, parfait pour sa rentrée montréalaise officielle, mercredi au National. «C'est bien rodé, je me sens beaucoup plus solide, plus en confiance, et je sens qu'on a trouvé notre son, raconte-t-elle. Au départ, le rêve était d'être fière d'un disque, et là, le nouveau but c'est de partir en spectacle, et de cruiser du monde! Et je sens que le public est terriblement là.»

Le groupe a retranché un de ses deux claviéristes, Sandy Belfort, pour salir davantage le son avec des guitares, un choix qui a été dur pour Marie-Pierre Arthur. «Ce que j'aimais au début dans le concept, c'est que c'était un groupe avant [Villa Borghese]. Mais je ne suis pas arrivée à la conclusion que deux claviers, ça rendait service aux pièces. On a fait de la recherche un peu, on a essayé quelques concerts, mais je n'arrivais jamais à ce que j'avais envie d'entendre. Ce n'est pas facile de faire ça, mais c'est comme ça.»

La bassiste, qui a écoulé environ 9000 exemplaires du disque portant son nom, a aussi fait cette année plusieurs showcases, un genre de concert devant l'industrie, le plus récent étant celui de M pour Montréal. «Ç'a "scoré"! On a joué dans le tapis les 25 minutes, je le sentais que ça marchait.» Résultat: de gros agents de spectacles européens sont intéressés, tout comme une étiquette de disque française, qui pourrait faire paraître son album dans l'Hexagone, si les discussions vont bon train. «Je ne vise pas la France à tout prix, mais tant mieux s'il se passe quelque chose. Je ne déménagerais pas là six mois, dit Marie-Pierre Arthur, faisant référence au séjour parisien de sa bonne amie Ariane Moffatt. Mais je ne suis pas sortie du bois pour autant ici, y'a encore ben de la job à faire!»

***
Marie-Pierre Arthur est en concert mercredi 9 décembre au National. 18 $ à la porte, avant les frais.

lundi, novembre 02, 2009

La rentrée réussie de Carl-Éric Hudon

Soyons honnête, ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas regardé ma montre pendant un show. Vendredi soir à la Sala Rossa pour la rentrée montréalaise de Carl-Éric Hudon, ce n'est pas arrivé une fois.

Bon, peut-être une fois pendant la première partie, Alice. Menée par Alice Tougas Saint-Jak, qui a entre autres bossé sur le dernier Navet Confit, la formation était correcte, mais vraiment trop similaire à Torngat. Tout de même de la bien belle musique, avec du banjo, des cuivres (dont Jérôme Dupuis-Cloutier, du Roi Poisson) et du clavier bien rond. Le tout sans micro, joué au parterre.

Carl-Éric Hudon, lui, a offert un sacré bon show. Visiblement beaucoup plus à l'aise que lors des FrancoFolies, quoiqu'encore nerveux, Hudon nous a épargné l'intégrale de son dernier disque, ce qui aurait fait une soirée cérébrale et peut-être un peu lourde. Non, il a plutôt opté pour le dosage. Un peu de Contre le tien Ananas Bongo Love, un peu d'Hudon Placard (la magnifique Lanternes chinoises), un peu de vieux matériel aussi, tiré des Tempêtes que l'on avale (Corrigan, Au centre du fleuve la glace est plus mince). Super panorama du répertoire du chanteur, entre le folk, le rock, le jazz-grunge et le psychédélique.

Sur scène, par moment, ils étaient 8 musiciens à nous servir les chansons, sans vraiment de fausses notes, sauf peut-être sporadiquement au piano vers le début. On a même eu droit à des solos de claves -- l'instrument le plus dull au monde, mais amenant ici sa dose de douce agression. Bien sapé, Hudon s'est permis quelques moments de crooner trash, tenant son micro du bout des doigts, et s'est vachement laissé allé sur la pièce Ananas Bongo Love, un des bons moments rythmés de la soirée.

Au rappel, il a joué de très vieilles chansons tirées de son premier EP, Quatre chansons de tempête, que je n'ai jamais vraiment pu écouter, parce qu'il n'existe plus sur le marché -- CIBL en a peut-être une copie. Plus folk, plus doux que le reste du concert, ces pièces terminaient la soirée en un beau decrescendo. Bon, il est quelle heure? Il reste des autobus sur Saint-Laurent?

jeudi, septembre 17, 2009

Tous en même temps

Je prends mes courriels après quelques jours d'absence pour constater que tout le monde sort ses albums en même temps cet automne. Non? Juste dans les prochains jours, y'aura Fred Fortin, Placard-Macbeth, Navet Confit, We Are Wolves, Pépé, Xavier Caféine et j'en passe.

En même temps que moi et mon équipe d’une autre personne tentons de vous concocter un enrobage francophilien plus agréable, je tâcherai de vous en donner le plus possible à voir, entendre, lire.

Et on commence avec un petit bout d'une session Bande à part avec Xavier Caféïne. La pièce s'intitule La lune. Notez la présence de Vincent Peake à la basse et de Sandy Belfort au clavier.

dimanche, août 24, 2008

La rentrée musicale de la relève

Un automne sous le signe de la découverte dans l'univers de la musique alternative québécoise: plusieurs artistes et groupes déjà qualifiés de prometteurs lanceront leur premier album.

L'artiste qui fait le plus jaser sur Internet et dans les chaumières est sans contredit Coeur de pirate, de son vrai nom Béatrice Martin. Ancienne claviériste de Bonjour Brumaire, la jeune femme, qui n'a pas encore 20 ans, lancera le 16 septembre son premier album sur étiquette Grosse Boîte (Tricot Machine, Le Husky). Certains la trouvent trop verte, d'autres frémissent à entendre sa petite voix enfumée. Nous verrons bien, comme disait l'aveugle. Deux chansons par ici.

Émilie Proulx est une autre jeune femme dont le premier album est très attendu, pour ne pas dire qu'il se fait attendre. La date de parution de La Lenteur alentour n'est pas encore fixée, mais La Confiserie prévoit faire paraître l'opus au cours du mois d'octobre.

Toujours dans la catégorie «premiers efforts», le groupe Beast, composé de la chanteuse Betti Bonifassi et du batteur Jean-Phi Goncalves (Plaster), livrera ses chansons électro le 30 septembre, alors que Josianne Paradis, plus versée dans la chanson, lancera son album (portant son nom) le 2 septembre.

Encore le deuxième jour du neuvième mois, le duo anglo-montréalais Hexes & Ohs lancera son deuxième disque, Bedroom Madness, sur Noise Factory, alors qu'Audiogram fera paraître le dernier Ian Kelly.

Septembre verra aussi arriver les nouveautés de Dominic Asselin, de Carole Caracol - membre de Dobacaracol -, du deuxième disque de Band de garage, du quatrième des Dears et des plus récents de Caïman Fu et de Mark Berube.

À partir d'octobre, les dates de parution des albums locaux sont moins certaines, mais on sait que Land of Talk fera paraître Some Are Lakes le 7, alors que Krista Muir lancera Accidental Railway le 14 du mois. Nos regards se tourneront également vers le troisième disque du trio Avec pas d'casque et aussi vers le second du talentueux Carl-Éric Hudon. Hudon a déjà à son actif un album solo, en plus d'un disque enregistré en collaboration avec Dany Placard.

Les prochains mois nous amèneront aussi de nouveaux morceaux d'eXterio, de Capitaine Révolte, de Donzelle, de Mille Monarques, de Pony Up! et de Keith Kouna, l'ancien membre des Goules. Cette dernière formation fera d'ailleurs paraître un DVD alors que les feuilles tireront sur le orange.

Deweare, un Français installé au Québec, lancera un album dans la langue de Molière après avoir fait paraître, l'an dernier, un premier disque en anglais intitulé High Class Trauma. Il a écrit pour Ariane Moffatt des textes proches de l'univers de Gainsbourg.

Côté hip-hop, Loco Locass devrait offrir à ses nombreux fans un nouvel album d'ici la fin de l'année. Le trio a fait paraître il y a quelques mois le titre M'accrocher?, qui accompagnait le générique du film Tout est parfait, d'Yves Christian Fournier.

Mentionnons que l'une des importantes sorties prévues cet automne, soit le quatrième disque de Fred Fortin, a été repoussée à 2009. Après avoir réalisé le dernier album de Thomas Fersen, Fortin l'accompagnera lors sa tournée européenne. Le groupe Pawa Up First a également reporté le lancement de son prochain disque à l'an prochain.