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mardi, novembre 09, 2010

Critique: Panache - Panache

Pop-rock
Panache
Panache
Grosse Boîte / Sélect

On entend un gros paquet de choses en écoutant le premier disque de Panache, le groupe de Carl-Éric Hudon, Benoit Fréchette et David Arpin. Des références, vous dites? Ce n'est pratiquement que ça. Pigeant surtout dans le rock des années 1990 et 2000, le trio fait penser à Weezer, Malajube, Green Day, The Hives, The Kinks, et aussi à tous ces groupes pop qui usent des wou-ou et des pa-pa-pa à satiété. Et vous savez quoi? Ça marche. Ça marche très bien. D'abord parce que ça sonne super bien, et parce que ce n'est pas sans humour et sans dérision — pensez à l'équivalent musical des Pieds dans la marge. Les mélodies sont fortes et la voix de Carl-Éric Hudon s'harmonise bien à ces 13 pièces qui ne tournent pas en rond. En plus, la formation s'amuse jusque dans les textes, jouant avec les tourments de l'amour en s'inspirant entre autres du cinéma français (Le Genou de Claire). Chapeau, Panache. En magasin aujourd'hui.

lundi, octobre 11, 2010

Deux nouvelles pièces gratuites de Carl-Éric Hudon

Cadeau impromptu, Carl-Éric Hudon offre gratuitement sur son site Bandcamp deux nouvelles pièces, réunies sous le nom de Douce canaille, tu me manques.


L'auteur-compositeur -interprète propose donc la pièce Douce canaille, tu me manques, ainsi que Nous étions jeunes. Les morceaux sont davantages dans la veine de son album Les Tempêtes que l'on avale que de son dernier Contre le tien, Anana Bongo Love. La première pièce est plus rythmée et plus chargée d'instruments, guitare acoustique et fingerpicking en avant-plan. La seconde, très lo-fi, est une balade triste, soupirée plus que chantée.

Un simple clic par ici et une adresse courriel vous permettront de les télécharger.

jeudi, juin 03, 2010

Hudon-Placard réédité

Bonne nouvelle pour les amateurs de folk et de country, le fruit de l'union spontanée en 2007 entre Carl-Éric Hudon et Dany Placard sera de nouveau disponible.

On apprenait effectivement hier que le disque bicéphale Hudon-Placard, jadis imprimé à 500 copies, sera relancé, question, disent-ils, "de ne pas faire de jaloux (et de payer leurs créanciers)". Le disque ne sera pas imprimé en sérigraphie, toutefois, mais sera adapté pour une bonne vieille pochette en plastique.

On retrouve sur Hudon-Placard quelques pièces devenues des incontournables, comme Lanternes chinoises et Repentigny. Avec ces intros, extros et instrumentales, ce disque est comme "une journée de travail à la shop", nous racontait Dany Placard lors de la sortie du disque. Si Hudon est plus calé dans un folk aux ambiances atmosphériques, la musique country de Placard est plus poussiéreuse, plus brute. Hudon-Placard est donc à cheval entre les styles respectifs de ses deux composantes.

Le disque de 12 pièces, durant une trentaine de minutes, est en vente ici pour 10 $ (frais de poste inclus), et sera chez les disquaires indépendants dès la semaine prochaine.



mercredi, décembre 23, 2009

Top 10 des disques émergents québécois

Paradoxe: s’il se vend moins de disques au Québec, la production musicale ne ralentit pas, même chez les plus petits joueurs, ce qui ne facilite pas la tâche lors des palmarès de fin d’année. D'autant plus qu'on met de côté ce qu’on pourrait appeler la classe moyenne, comme Mara Tremblay, Patrick Watson, Paul Cargnello, Yann Perreau ou Les Trois Accords, qui restent alternatifs tout en étant pas mal "émergé". Une réflexion, en 2009, le top 5 des meilleurs disques émergents du Québec en est un marqué par les découvertes et par le retour à une chanson à la fois classique et moderne. Pour le journal, il fallait en choisir 5, pour vous, j'en mets 10, à déposer sous le sapin du mélomane aimé.


1. Bernard Adamus, Brun
C’est le coup de cœur de l’année, du folk bien brut avec quelques planches mal équarries, aux accents blues et presque hip-hop par moment. Adamus nous ramène à Plume et aux Colocs, à une sensibilité à hauteur d’homme, avec des préoccupations et un langage propres au commun des ours (mal léchés). Non, ce n’est pas révolutionnaire, mais à une époque où plusieurs artistes et un large public se vautrent sans soucis dans les reprises insignifiantes et les duos insipides, Bernard Adamus fait office de champion de l’authentique. Chapeau, monsieur.


2. Malajube, Labyrinthes
Ce troisième disque du quatuor indie-rock est leur plus audacieux, loin de l’efficacité de Trompe-l’œil. Même sur la durée, Labyrinthes se révèle très solide, peut-être justement parce qu’il n’est pas linéaire, parce qu’on peut s’y perdre, en sortir, y revenir, parce qu’il est déstabilisant. L’expérience est plus cérébrale que par le passé, mais certainement pas moins pertinente.


3. Fred Fortin, Plastrer la lune
Il n’y en a pas deux comme Fred Fortin, et surtout pas du côté des pâles interprètes de Star Académie. Le vétéran de la chanson rock est revenu sur Plastrer la lune à ses personnages, à des portraits attachants, comiques et émouvants racontés finement mais sans dentelles. Fortin y livre quelques bombes (Madame Rose, Le Cinéma des vieux garçons), mais aussi quelques pièces moins fortes, sur lesquelles il s’acharne étrangement pour sa promotion. Tendez l’oreille sur l’ensemble, vous ne serez pas déçus.

4. Marie-Pierre Arthur, Marie-Pierre Arthur
Musicienne depuis longtemps avec d’autres, Marie-Pierre Arthur a osé livrer cette année ses propres chansons, pour le grand plaisir de nos oreilles. Entourée d’une équipe tout-étoile (des gars de Karkwa et de Patrick Watson, entre autres), la Gaspésienne à la voix un brin nasillarde — à l’instar de son amie Mara Tremblay — a ciselé de belles pièces folk aux mélodies accrocheuses, encore solidement ancrées dans notre cerveau après plusieurs mois.

5. La Patère rose, La Patère rose
Vent de fraîcheur sur la pop d’ici, La Patère rose mêle une chanson piano-voix à une musique électronique pas agressante pour deux sous. Quelque part entre l’émouvant et le dansant, le trio mené par la charismatique chanteuse Fanny Grosjean n’est jamais loin de l’humour, et nous on s’amuse de bon cœur.

6. Chinatown, Cité d'or
Le groupe Chinatown, qui mélange l'esprit de Gainsbourg, les airs des Beatles et des mélodies cousines de génériques de dessins animés, réussit avec ce premier disque l'exploit funambulesque de faire du pop-rock haut de gamme. Les cinq musiciens ont bricolé avec un soin d'orfèvre des pièces hyper accrocheuses, avec juste ce qu'il faut de sirop pour ne pas écoeurer. Même votre mère va aimer ça.

7. Polipe, Tropiques du cancer
Le trio Polipe a mis pas mal de funk dans notre automne/hiver. Leur musique est entraînante, mélangeant le rock et le prog à des sonorités latines. Et aussi, ce n’est pas con du tout du côté des paroles, alors que les musiciens sont allés puiser dans leurs zones d'ombres.

8. Navet Confit, LP3 - Papier vampire
Le prolifique Navet Confit est revenu à la charge cette année avec un troisième album complet, où il a légèrement mis de côté l'exploration pour davantage travailler la concision, la précision. LP3 gagne donc en écoutabilité ce qu'il perd en audace, mais hé, comme il partait de très haut dans la foisonnance des idées, c'est pas si grave. Voici un disque qui prend son temps, qui grandit avec nous, avec des titres qui resteront dans un coin de cerveaux, comme Les Chansons et Plastique à la cerise.

9. Carl-Éric Hudon, Contre le tien Ananas Bongo Love
Autre soldat de l'équipe de La Confiserie (GSI) avec Polipe et Navet Confit, Carl-Éric Hudon a fait le parcours inverse de Navet cette année avec Contre le tien Ananas Bongo Love, où il a troqué ses mélodies folk simples pour des pièces plus tortueuses, aux textes complexes, aux structures audacieuses. Hudon n'y est pas opaque pour autant, et ça s'écoute fort bien avec un casque d'écoute. Mention spéciale pour le titre de l'album, le meilleur de l'année.

10. Lac Estion, Affranchi // Le Roi Poisson, Le Roi poisson
À choisir entre le disque du Roi Poisson et celui de Lac Estion, j'opte pour celui du groupe au mauvais jeu de mots, mais par très peu. Si les deux groupes doivent améliorer la qualité de leurs textes, Lac Estion a une longueur d'avance dans la structure des pièces. Affranchi est mieux ciselé, plus accrocheur, et trouve une plus grande résonnance dans mon oreille. Dans les deux cas, le prochain disque sera à surveiller, puisque les deux groupes cousins ont le talent pour prendre encore bien du galon.

lundi, novembre 02, 2009

La rentrée réussie de Carl-Éric Hudon

Soyons honnête, ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas regardé ma montre pendant un show. Vendredi soir à la Sala Rossa pour la rentrée montréalaise de Carl-Éric Hudon, ce n'est pas arrivé une fois.

Bon, peut-être une fois pendant la première partie, Alice. Menée par Alice Tougas Saint-Jak, qui a entre autres bossé sur le dernier Navet Confit, la formation était correcte, mais vraiment trop similaire à Torngat. Tout de même de la bien belle musique, avec du banjo, des cuivres (dont Jérôme Dupuis-Cloutier, du Roi Poisson) et du clavier bien rond. Le tout sans micro, joué au parterre.

Carl-Éric Hudon, lui, a offert un sacré bon show. Visiblement beaucoup plus à l'aise que lors des FrancoFolies, quoiqu'encore nerveux, Hudon nous a épargné l'intégrale de son dernier disque, ce qui aurait fait une soirée cérébrale et peut-être un peu lourde. Non, il a plutôt opté pour le dosage. Un peu de Contre le tien Ananas Bongo Love, un peu d'Hudon Placard (la magnifique Lanternes chinoises), un peu de vieux matériel aussi, tiré des Tempêtes que l'on avale (Corrigan, Au centre du fleuve la glace est plus mince). Super panorama du répertoire du chanteur, entre le folk, le rock, le jazz-grunge et le psychédélique.

Sur scène, par moment, ils étaient 8 musiciens à nous servir les chansons, sans vraiment de fausses notes, sauf peut-être sporadiquement au piano vers le début. On a même eu droit à des solos de claves -- l'instrument le plus dull au monde, mais amenant ici sa dose de douce agression. Bien sapé, Hudon s'est permis quelques moments de crooner trash, tenant son micro du bout des doigts, et s'est vachement laissé allé sur la pièce Ananas Bongo Love, un des bons moments rythmés de la soirée.

Au rappel, il a joué de très vieilles chansons tirées de son premier EP, Quatre chansons de tempête, que je n'ai jamais vraiment pu écouter, parce qu'il n'existe plus sur le marché -- CIBL en a peut-être une copie. Plus folk, plus doux que le reste du concert, ces pièces terminaient la soirée en un beau decrescendo. Bon, il est quelle heure? Il reste des autobus sur Saint-Laurent?

jeudi, octobre 29, 2009

Rentrée montréalaise de Carl-Éric Hudon

Carl-Éric Hudon fera sa rentrée montréalaise demain le 30 octobre à la Sala Rossa, et présentera, on imagine, une bonne part de son dernier disque Contre le tien Ananas Bongo Love.

Cet album lui a valu une nomination à l'ADISQ dans la catégorie Musique Alternative, remportée par Malajube. Une défaite honorable, pourrait-on dire.

Par ailleurs, l'auteur-compositeur-interprète offre encore son EP Quand on s'emmêle des fois dans l'herbe en téléchargement gratuit, si ça vous chante. Cliquez ici pour obtenir ses six titres.

mercredi, août 19, 2009

"Les Tempêtes que l'on avale" à 8 $ ? Une aubaine!






















C'est la crise, et vous cherchez des façons de couper dans votre budget? Rien de plus facile. Franco Phil est toujours à l'affût des bonnes offres musicales et viens d'en dénicher une pas piquée des vers.

L'auteur-compositeur-interprète Carl-Éric Hudon offre maintenant son premier disque complet, Les Tempêtes que l'on avale (2005), au prix ridicule de 8 $, livraison incluse! À 13 chansons, c'est moins cher que d'acheter sur iTunes, et surtout moins dispendieux qu'en magasin -- si vous le trouvez.

Le disque se détaillait à environ 12 $ auparavant. Ainsi, vous aurez quatre dollars de plus dans vos poches. Franco Phil vous rendra peut-être riche un jour, qui sait.

Suffit de cliquer ici pour vous procurer le disque.

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Voici par ailleurs ce que j'en disais dans Le Devoir back in the days.

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///Pas tout à fait une nouveauté, ce disque de Carl-Éric Hudon, puisque les pièces des Tempêtes que l'on avale jouent déjà depuis un petit bout de temps sur les ondes de vos radios alternatives préférées. Sa distribution à grande échelle étant maintenant assurée, ça nous donne une excuse pour rattraper notre oubli. Hudon livre un mélange de chansons folk tantôt soulevées par des bourrasques électriques et rythmiques, tantôt doucement bercées par le calme des violons et des guitares acoustiques. On se laisse facilement séduire par l'ambiance grisâtre et pluvieuse créée à travers les 13 titres de ce premier album. Le propos, empreint de tourments, de questionnements, de solitude, de colère, de tristesse, d'étouffement, se moule sans accroc avec la musique. « Tu tournes sur toi-même comme une girouette malmenée / Un peu rouillée par la pluie incessante / Du haut de ton toit de tôle tu te plais à observer les gens / Déraper dans une boue trop glissante » (Une note parfaite). Ce n'est pas encore une tornade, ni un ouragan, mais tout de même une très belle tempête, avec de beaux éclairs de génie.///

dimanche, juillet 05, 2009

Vidéoclip: Ananas Bongo Love

Voici le plus récent clip de Carl-Éric Hudon, pour la pièce Ananas Bongo Love. Il a été réalisé par Joël Vaudreuil, aussi membre d'Avec pas d'casque. C'est étrange, orangé, ça bouge, c'Est parfois flou, avec un petit côté hawaïen. Ananas Bongo Love, donc, comme un polar trash.

lundi, juin 15, 2009

Les chansons de demain

Hier, au Quai des Brumes, avait lieu les beaux dimanches 5 à 7 Déplogue!, avec en vedette Carl-Éric Hudon. Au lieu de nous interpréter pendant une heure son répertoire en solo et en acoustique, il a choisi d'interpréter des chansons du répertoire alternatif d'ici.

Ç’a été une super belle heure, vraiment. Les Vautours, Les Breastfeeders, Fred Fortin, Mara Tremblay, Avec pas d'casque, Moussette, Malajube, Dany Placard, Lila dit ça (qui n'ont même pas de disque) et même La Patère rose y sont passés. Une guitare acoustique, une tambourine sur le soulier, et that's it, comme ils disent à la Société Saint-Jean Baptiste.

Ça m'a fait penser à tout ces chansonniers qui jouent à la Boîte à Marius, aux Deux Pierrots et autres bars de tel acabit. Oui, c'est souvent, voire toujours la même affaire, les mêmes chansons de notre répertoire québécois. Le vieux du bas du Fleuve, et Bobépine, du Piché et du Beau Dommage. Mais c'est en quelque sorte le patrimoine d'une époque.

En écoutant Carl-Éric Hudon, je me suis dit que son exercice de reprises de la scène locale avait quelque chose de similaire, mais avec des chansons qui n'ont pas encore le statut de patrimoine. En même temps, ces chansons méritent pour la plupart de traverser le temps, d'être transmises. D'être découvertes par un jeune public. De simplement avoir la possibilité d'être découvertes.

Il me semble ça serait l'fun de faire une bonne mise à jour de notre patrimoine musical.

jeudi, avril 30, 2009

mardi, janvier 27, 2009

Retailles d'entrevue: Carl-Éric Hudon

Après une heure d'entrevue avec Carl-Éric Hudon, je ferme l'enregistreuse: on a fait le tour. L'auteur-compositeur-interprète lance : Tu vas en avoir du stock pour deux petites colonnes dans le journal. Au pire, t'en mettras plus sur ton blogue, j'ai vu que tu fais ça des fois." Justement, ça débordait de tous les côtés dans le texte, alors à sa demande générale -- et surtout pour vous, chers lecteurs --, voici quelques retailles d'entrevues.

Sur son évolution musicale
J’ai habité avec Guillaume Turcotte, qui est mon claviériste, et un ami qui étudiait la musique contemporaine. Il y a eu beaucoup de discussions sur la philosophie musicale, je pense que j’ai appris beaucoup et je me suis concentré aussi beaucoup à m’améliorer comme musicien et comme compositeur. Mais dans le temps du premier disque, je n'avais pas les compétences à pour faire un disque comme Contre le tien Ananas Bongo Love.

Sur son premier disque, Les Tempêtes que l'on avale
J’en avais juste trop pris sur mes épaules, la réalisation, le mix. L’enregistrement avait été une catastrophe. Mais je suis fier qu’on ait pu faire de quoi de cohérent comme ça. C’a été un échec au niveau des ventes, car on n’avait pas la chance comme maintenant d’avoir une compagnie de disque derrière qui travaillait à en faire la promotion.

Sur l'hyperréalité
Sur Contre le tien..., je voulais aussi transmettre un discours sur l’hyperréalité, qui est dur à communiquer. C'est Baudrillard, qui dit que plus ça va, plus il y a de couches de la réalité qui s’empilent avec les nouveaux médias, avec la télévision, Internet… Tout se modifie à travers ça, tout fini par avoir une réalité extérieure, on peut voir ça avec Facebook, MySpace… encore plus loin dans Second Life. C’est complètement épeurant. C’est très abstrait. Mais c’est la dispersion de quelque chose de vrai.

Sur autre chose d'encore aussi compliqué
Je me suis tapé beaucoup de Lynch, en cinéma et en télévision avec Navet Confit quand j’habitais avec lui. Twin Peaks, Inland Empire. Il y a un sujet qui revient souvent, et c’est l’idée du symbole des gens. Je voulais parler de la sensation de déjà vu, la sensation que les gens sont interchangeable, qu’ils deviennent des symboles. Par exemple: Une particularité de ma personnalité, c’est de couper les liens quand je n’en veux plus. Et des fois j’ai l’impression qu’une personne va en remplacer symboliquement une autre. Personne ne se remplace en tant que tel quand quelqu’un meurt ou s’en va, mais quelqu’un peut venir remplir le rôle devenu vacant.

Sur l'apport de Navet Confit
Ce disque-là, je l’ai fait seul en préproduction, et avec Navet Confit pour la batterie, qui est ma faiblesse au fond. La seule chose dont j’ai eu peur avec Navet, avec le son que je voulais amener, c’est que les gens pensent qu’il avait pris le contrôle de mon projet. Ça, c’est fatigant, je le sens. Mais c’est important pour moi de ne pas diminuer son travail. Je suis allé le chercher parce qu’il sait travailler, il a une idée très faite de ce qu’il fait, de ce qu’il veut faire et de comment il veut que ça sonne. J'ai arrêté de penser à ma réputation, et plus à la qualité de mon disque.

lundi, janvier 26, 2009

Au moment de sa disparition...

Il y a environ trois semaines est arrivée dans le courrier une enveloppe des plus anodines. Blanche, un banal timbre du Canada, avec l'adresse du Devoir écrite à la main. À l'intérieur, une lettre anonyme. Une phrase: «Contre le tien Ananas Bongo Love.» Et en bas de celle-ci, une adresse Internet, menant à la vidéo en noir et blanc d'une personne ligotée au sol. Pendant qu'on entend une pièce musicale jouée au loin, on peut lire sur le dos du détenu: «27/01/09».

Non, ce n'est pas la date de lancement de la prochaine exposition avant-gardiste d'une galerie branchée, ni celle d'un festival de courts métrages trash, mais plutôt celle du deuxième album de Carl-Éric Hudon, où l'auteur-compositeur-interprète s'offre visiblement une petite révolution musicale, tant sur la forme que sur le fond.

Le Carl-Éric Hudon que l'on a entre autres connu avec son premier album Les tempêtes que l'on avale, comme musicien d'Émilie Proulx ou en duo avec Dany Placard, nous avait habitué à une approche folk, aux textes narratifs et à une ambiance triste et sombre. Avec Contre le tien Ananas Bongo Love -- oui, oui, c'est le nom de l'album réalisé par Navet Confit --, le voilà qui sort volontairement de ses ornières et qui fonce dans une musique plus exploratoire.

«J'avais envie de briser mes réflexes, de me donner des défis. J'ai beaucoup travaillé avec les contraintes», raconte Hudon, 26 ans, qui s'est amusé, par exemple, à construire une chanson avec un seul accord, où c'est la basse et non la guitare qui fait évoluer la pièce. «Je voulais vraiment un disque où il y a de bonnes chansons, que tu peux chanter en soi, mais où il y a aussi plusieurs niveaux de lecture. J'avais envie de défier le monde.»

Un grand malheur
La pochette plutôt sobre de ce disque rappelle clairement une couverture de bouquin, quelque part entre les Éditions de Minuit et Gallimard. «En faisant la référence au livre, ça donne des pistes; il faut voir ça comme un tout qui se tient, explique Hudon, en se gardant bien de dévoiler toutes les pistes. Il y a un récit sur le disque, qui n'est pas clair, et c'est voulu comme ça. Ce sont comme des chapitres qui sont placés dans le désordre, et il manque la conclusion.»

En filigrane de la plupart des pièces de Contre le tien Ananas Bongo Love, on trouve le spectre de la mort, ou bien, de façon plus inclusive, de la disparition. Les textes sont peuplés d'ambulances, de catastrophes, d'entremêlements, de jeunes filles dans des draps blancs. Intrigant et mystérieux, cet album fait penser à l'univers de la pièce Signe distinctif, de Richard Desjardins.

«Dans le disque, il y a quelqu'un qui disparaît, dans Jolie fille, dans Tous les hélicoptères, dit le fan de David Lynch. Je vois ça un peu comme l'assassinat de François-Ferdinand d'Autriche, qui a mené à la Première Guerre mondiale... dans le sens où il y a quelque chose d'arraché, quelque chose de vrai, de pur, qui va mener à un grand malheur.»
C'est donc un univers bien loin de ceux de Lanternes chinoises ou d'On ira prendre un verre qui nous attend. «J'avais la crainte de m'aliéner mon public de chanson, avoue le chanteur. Mais c'est important d'oser, de grandir musicalement, et d'offrir quelque chose qui n'est pas fait pour plaire immédiatement. J'espère faire quelque chose qui va vivre plus longtemps qu'un party.»

***
Lancement le 30 janvier au Patro Vys, à Montréal, à 21h30. Entrée libre.

Vous pouvez télécharger gratuitement un mini-album de cinq chansons de Carl-Éric Hudon au http://www.carlerichudon.ca/.

mardi, janvier 20, 2009

Lettre anonyme

Au travail, l'autre jour, je reçois une lettre anonyme.


Le site Web http://www.ananasbongolove.com/ n'a rien pour rassurer.
Devrais-je avoir peur? On ne sait jamais avec les auteurs-compositeurs-intéreprètes...

dimanche, décembre 14, 2008

EP gratuit de Carl-Éric Hudon

Carl-Éric Hudon s'est fait tranquille depuis plusieurs mois, exception faite de ses concerts comme musicien pour Navet Confit. Le voici qui revient avec un beau cadeau de Noël: cinq chansons gratuites!

Hudon a concocté un EP intitulé Quand on s'emmêle des fois dans l'herbe pour vous faire patienter jusqu'en janvier 2009, alors qu'il lancera son deuxième album complet sur étiquette La Confiserie, réalisé par, tiens donc, Navet Confit. On y retrouve des ambiances dignes de son premier disque, Les Tempêtes que l'on avale, mais aussi une touche plus rock expérimental.

Téléchargez-le gratuitement sur le site de Carl-Éric Hudon. L'offre est d'une durée limitée, pour reprendre l'adage publicitaire.