samedi, octobre 30, 2010

Critique: Alexandre Désilets - La Garde

Pop-rock
La Garde
Alexandre Désilets
Maisonnette / Sélect

Avant même d'écrire les premières notes de son deuxième disque, Alexandre Désilets n'avait qu'une volonté: se réinventer. Et ça nous plaît. Le talentueux Gatinois a beau avoir reçu une pluie de récompenses pour son premier album, Escalader l'ivresse, ses envolées éthérées et ses longues phrases musicales ne nous avaient jamais franchement happé. Du bien beau, sans velcro. Avec La Garde, Désilets va à l'essentiel, augmente le rythme et met en évidence les mélodies. Les pièces étant plus pop, l'oreille y trouve son compte à la première écoute, et une foule de bruits, craquements et autres sonorités électro-acoustiques à la Múm enrichissent les écoutes subséquentes. C'est comme un tourbillon dans un tunnel, ça brasse, mais on ne s'égare pas. Une réserve: perdus dans le mix, on peine à retenir les textes, coécrits avec Mathieu Leclerc. La Garde, réalisé par Jean Massicotte, va trouver preneur du côté des fans de Daniel Bélanger, de Yann Perreau et de Radiohead époque In Rainbows.


À pas de géant

Critique: Grand Corps Malade - 3e temps

Slam
3e temps
Grand Corps Malade
Universal / Dep

Les Québécois aiment le slameur Français Grand Corps Malade, lui qui a été récompensé à deux reprises du Félix de l'artiste de la francophonie s'étant le plus illustré ici. Son timbre de voix, ténébreux, hypnotisant, n'est pas étranger à son succès, tout comme sa plume, poétique, mais plongée dans le réel. Sur ces deux points, le nouveau disque de Grand Corps Malade, 3e temps, est toujours aussi nourrissant. Le slameur laisse un peu de côté ses portraits de banlieues pour parler de cas plus universels, plus personnels — l'éducation, la promesse d'une naissance, etc. C'est du côté de la musique que ça ne s'est pas vraiment amélioré. Il nous sert ce mièvre piano arpégé à satiété (même Yann Perreau tombe dans le panneau sur À Montréal) et cette guitare banale sur son duo (raté) avec Charles Aznavour. On se console avec J'attends et Rachid Taxi, mais on se désole quand même du manque d'audace.

À Montréal

mercredi, octobre 27, 2010

Filmer sous l'eau, c'est rigolo

Trois points sur une page ne font peut-être pas une tendance, mais une ligne, certainement.

En regardant le plus récent clip de Karkwa, pour la pièce Le Pyromane (où inévitablement quelqu'un fout le feu quelque part, bravo l'audace), j'ai réalisé que les scènes sous-marines sont revenues à quelques reprises ces derniers mois dans les clips au Québec. Je pense au clip Luna, de Malajube, et de Brun (la couleur de l'amour) de Bernard Adamus. Vous en avez peut-être d'autres en tête. On y trouve évidemment un fond bleuté ou verdâtre, et une jeune femme blonde aux cheveux longs. Ça fait un meilleur effet dans le H2O.

J'ai l'impression que quelqu'un s'est payé la traite avec un équipement de tournage étanche et qu'il le loue au reste des réalisateurs d'ici!

Ma minipreuve, pour ce qu'elle vaut:

Le Pyromane, Karkwa












Luna, de Malajube












Brun (la couleur de l'amour), de Bernard Adamus

samedi, octobre 23, 2010

Retailles d'entrevue: Jimmy Hunt

Alors que le groupe Chocolat est en jachère, son chanteur Jimmy Hunt vient de faire paraître un album solo franchement bon. L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur cet album se lit par ici. Mais pour vous, un extra crème fouettée : voici les retailles de mon entrevue avec la bête devenue romantique.

Sur le fait de travailler avec un réalisateur
C’est la première fois que je travaillais avec un réalisateur, et ça fait une différence. C’est quelqu’un que je connais bien, Martin Chouinard, qui était dans Chocolat. Avec le groupe c’était plus rock comme projet, plus brut, on enregistrait live. La plupart du temps, si on reprenait une prise, ce n’était pas pour reprendre un arrangement, mais davantage pour reprendre une voix un peu ratée, par exemple. Mais j’aurais de la misère à travailler avec quelqu’un qui ne partage pas mes goûts musicaux.

Sur la "réconciliation" avec sa maison de disque Grosse Boîte, après que cette dernière ait rompu avec Chocolat
Je n'ai même pas magasiné ailleurs. Je croisais des gens d'autres labels, c'était des «tu me feras entendre ce que tu fais». Mais non, avec Eli (Bissonnette, le patron de Grosse Boîte), on s’est rencontré et on a refait un peu le tour de l’histoire. Ç’a été un petit entretien diplomatique, quoi! On en est arrivé à la conclusion que l’essentiel pour Eli, c’était la musique.

Y'a pas que du mal dans l'affaire avec Chocolat. Personnellement, j’ai appris à dealer avec l’univers d’un label et tout ce que ça implique. Peut-être qu'avec Chocolat, on tirait un peu trop de notre bord, on n'était pas habitué aux compromis qu’il fallait faire, aux discussions qu’il fallait avoir. On faisait un peu à notre tête, on voulait continuer à faire show sur show et pas s’occuper du reste.

Sur l'exclusion du disque de ses chansons plus rock
Au début de l'enregistrement, on avait une ou deux pièces qui étaient beaucoup plus rock, mais ça fittait pas à la fin. Ç’aurait été mettre une toune rock juste pour avoir une toune rock. On observait dans l’ensemble, on voulait garder une certaine cohérence. Une approche assez standard. Pas trop de dichotomie et d’éclectisme.

Sur l'utilisation du "je"

Au début je m’inquiétais, je me demandais si c’était pas too mcuh. Mais ce sont des chansons, les gens s’approprient ce qui leur parle. Le premier réflexe en écoutant une chanson, c’est de mêler ça avec nos histoires personnelles. C’est pareil en littérature, quand tu lis un livre au "je". Mais j’avoue avoir craint la perception d’un univers égocentrique.

Sur le titre Sois belle
C’est le même texte que sur Piano élégant. C’est un rip-off de Chocolat! Elle a eu trois versions musicales différentes. Je n’avais pas prévu la mettre sur le disque. Mais quand j’ai fait des shows voix-guitares, avec Coeur de Pirate cet été, je la jouais, et on a décidé de la garder pour le disque. Mais la musique est vraiment différente.

jeudi, octobre 21, 2010

HHQc.com, la compilation rap qui ratisse large

Vrai qu'on parle peu de hip-hop sur le blogue Franco Phil, même si le rap a souvent une place dans la deuxième heure de nos émissions -- le vendredi matin, 10h, à CIBL.

Mais une compilation toute récente, menée par le site Internet HHQc.com, mérite un mot. Intitulé La Force du nombre, le disque est hyper-inclusif. La scène rap est souvent divisée en clans, en familles de son, en villes d'origine.

Ici, l'équipe d'HHQc.com a forcé la main à une panoplie de rappeurs en tout genre à créer des pièces inédites, en duo ou en trio. Les quinze premières pièces sont toutes issues de réunions jamais survenues entre des rappeurs pas nécessairement du même sang. Sir Pathétik partage le micro avec Taktika, L'Assemblée avec Cobna, Anodajay avec Chub-E Pelletier, Imposs avec Manu Militari, Sans Pression avec Koriass et Jenny Salgado... Quant à la dernière et seizième pièce du CD, elle regroupe à elle seule 17 autres rappeurs québécois, dont Papaz et Le Cerveau.

J'aime beaucoup l'esprit de cette compilation, qui ne s'adresse pas aux puristes, qui y verront peut-être une infamie. Je trouve plutôt que ça permet de voir qui fait battre le coeur de la scène rap du Québec, et de quel bois elle se chauffe. Et qui sait, ces duos inédits vont peut-être contribuer à faire encore avancer la qualité de hip-hop local. Plus on frotte de silex, plus le feu a de chance de prendre.

mardi, octobre 19, 2010

Critique: Jimmy Hunt - Jimmy Hunt

Pop
Jimmy Hunt
Jimmy Hunt
Grosse Boîte / Sélect

Après l'éclatement de son groupe Chocolat, le chanteur Jimmy Hunt revient à ses premières façons de faire, en solo. Jadis homme-orchestre, il est plutôt aujourd'hui un homme avec un orchestre, composé de Martin Chouinard, Guillaume Éthier, Emmanuel Éthier et Patrick Gosselin. Ce disque éponyme montre le côté plus romantique de Hunt, laissant la moitié loup de Chocolat au vestiaire. Avec des textes touchants, d'une poésie sans prétention, il frappe en plein dans le mille. Et la musique, bleue et enrobante, est un baume au coeur. Si on sent beaucoup de citations (le Gainsbourg "doux" et/ou "Percussions", Claude Dubois (??) sur Annabelle), l'ensemble d'une quarantaine de minutes -- symphonique par moments et assez folk les autres -- s'écoute d'une seule traite avec un grand plaisir. Voici la trame sonore par excellence de votre automne. En magasin dès ce matin, 19 octobre.


Jimmy Hunt - Motocross

vendredi, octobre 15, 2010

Critique: Jérôme Dupuis-Cloutier - Gentleman refroidi


Chanson
Gentleman refroidi
Jérôme Dupuis-Cloutier
Indica

Connu d'abord grâce à son groupe Le Roi poisson, et dans une moindre mesure par son projet Le Citoyen, le chanteur et trompettiste Jérôme Dupuis-Cloutier lance sans paravent ou pseudonyme un disque surprenant, à la fois accessible et audacieux. Intitulé Gentleman refroidi, le court album de neuf pièces totalisant une trentaine de minutes est pop, mais avec une touche plutôt unique, hors des contraintes cool du moment. Dupuis-Cloutier, dont la voix peut se rapprocher de celle de Yann Perreau, enrobe ses bonnes mélodies d'un mélange hétéroclite mais harmonieux de guitare, de cuivres, de banjo, de clavier et même de cordes. Ici, on entend un peu le jazz de Gainsbourg ou de Vian; ailleurs, Ferland ou le plus éclectique Frank Martel. Les «rapaillés» y prendront aussi leur pied, d'autant que Dupuis-Cloutier chante Denis Vanier (Les Grands Labours) et Yann Godbout (L'Ontologie de mon être clôt la pièce Nationaliste déchu). Du grand bonheur en noir et blanc. En magasin mardi le 19 octobre.

Les Rochers, par Jérôme Dupuis-Cloutier

mardi, octobre 12, 2010

Paroles: Dany Placard - Henriette


















Dany Placard -- Henriette (2010)

Aussi triste qu'un arbre mort
Toute seule au fond d'une cour
Madame Henriette trouve le temps long
Depuis cinq ans jour pour jour
Ces idées sont de plus en plus noires

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi

Tous les soirs lorsqu'elle s'endort
Les rêves passent tour à tour
Soixante-cinq ans d'amour
Elle a jamais douté un seul jour

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi

Un matin l'bon Dieu est passé
Chercher son mari
Madame Henriette est restée couchée
Elle a dit merci à l'amour de sa vie

Madame Henriette
Voudrait partir elle aussi
Madame Henriette
Voudrait aller rejoindre son mari

lundi, octobre 11, 2010

Deux nouvelles pièces gratuites de Carl-Éric Hudon

Cadeau impromptu, Carl-Éric Hudon offre gratuitement sur son site Bandcamp deux nouvelles pièces, réunies sous le nom de Douce canaille, tu me manques.


L'auteur-compositeur -interprète propose donc la pièce Douce canaille, tu me manques, ainsi que Nous étions jeunes. Les morceaux sont davantages dans la veine de son album Les Tempêtes que l'on avale que de son dernier Contre le tien, Anana Bongo Love. La première pièce est plus rythmée et plus chargée d'instruments, guitare acoustique et fingerpicking en avant-plan. La seconde, très lo-fi, est une balade triste, soupirée plus que chantée.

Un simple clic par ici et une adresse courriel vous permettront de les télécharger.

vendredi, octobre 08, 2010

Jérôme Minière: Valse entre réalité et fiction

À 38 ans et après une quinzaine d'années de métier, Jérôme Minière vient probablement de livrer son meilleur travail musical avec Le Vrai le faux, un disque accrocheur et rythmé qui nous fait penser au Minière des jeunes années. Avec ce nouvel album et avec la drôle de promotion qui l'a précédé, le discret mais bouillonnant créateur jongle avec la réalité et la fiction.

Depuis plusieurs semaines, le natif d'Orléans a offert sur son site Web des capsules animées racontant avec beaucoup d'humour les processus plus ou moins farfelus de la création et de la mise en marché de son disque. Du choix des vedettes invitées (Lady Gaga? Sting? Stevie Wonder?) jusqu'à sa garde-robe, tout y est passé, avec beaucoup de dérision.

«C'est une mise en abîme, c'est de la promotion à propos de la promotion, et dont le contenu est de l'antipromotion, analyse en rigolant Jérôme Minière, au bout de la longue table de réunion de La Tribu, sa maison de disque. En même temps, c'est une tribune d'expression poétique, je ne me suis jamais senti aussi libre d'exprimer des choses personnelles.»

Avant la création de Le Vrai le faux, l'auteur-compositeur-interprète s'est plongé dans une réflexion sur l'industrie de la musique actuelle, et les pirouettes que doivent faire les musiciens pour attirer l'attention des consommateurs. «Le métier est en train de souffrir, et la réflexion, c'est: est-ce que moi aussi je dois arriver à faire un grand cirque pour arriver à continuer? Je ne demande pas d'être Lady Gaga, je veux juste continuer à faire mon métier et à élever mes deux enfants!»

Reconstruire les souvenirs

Le concept des capsules ne se retrouve presque pas sur Le Vrai le faux, exception faite de la pièce titre et de l'excellente Rien à vous dire: «J'avais tout prévu pour réussir / Mais je n'avais rien à vous dire». «Le vrai et le faux, c'est aussi nos souvenirs, qui sont souvent des fabrications. Ils se reconstruisent. Les souvenirs de mes 5 ans ne sont pas les mêmes aujourd'hui que les souvenirs que j'en avais à 25 ans. C'est sans cesse réinterprété et reconstruit. Y'a des beaux films là-dessus, comme Valse avec Bachir.»

Si Minière a régulièrement replongé dans ses souvenirs d'enfance sur ses précédents disques, c'est maintenant son adolescence qui refait surface, sur le plan des textes, mais aussi beaucoup sur le plan de la musique. Jadis amateur de musique électronique et de danse, Minière avait viré folk sur Coeurs et Petit cosmonaute. Pour Le Vrai le faux, il a ressorti des musiques de la fin des années 1980, début 1990.

Bombes pop
«C'était comme revenir dans un endroit où je n'étais pas allé depuis 20 ans, mais avec mes bagages d'aujourd'hui.» Et le résultat est hyperefficace. Avec les guitares électriques, les claviers et la boîte à rythmes comme instruments de bases, Jérôme Minière a construit des bombes pop sans toutefois perdre son regard unique, cynique et tendre à la fois. On peut y entendre le clavier du Français Albin de la Simone et la voix de Bïa et de Ngâbo.

«Étonnamment, les premiers morceaux sous le titre de travail La Traversée étaient très folk, confie Minière. Mais peut-être que j'étais au bout de ce cycle-là. Sur 15 ans, tu ne peux pas aligner des disques et tous les aborder de la même manière. C'est comme la vie de couple, si tu fais de la même façon, ça ne marche pas!» Le musicien a alors recommencé à mettre des rythmes, donnant plus de muscle à ses pièces, tout en les gardant simples, voire épurées. «Je voulais raccourcir les structures, être plus direct, enlever des intros, enlever des complications, enlever quoi! Souvent, je me disais que pour être crédible, pour être intéressant, il fallait en rajouter. Il fallait que ce soit plus compliqué, plus mystérieux, labyrinthique.»

Sur scène
Il faudra attendre le 17 décembre, à La Tulipe, pour voir Jérôme Minière défendre Le Vrai le faux sur scène. Il jouera pour l'occasion avec ses fidèles alliés Denis Ferland et José Major, et a également engagé le claviériste Alex McMahon (Le Golden, Plaster, Ariane Moffatt, Yan Perreau). «Je voulais une bête de clavier, dit Minière. Et c'est un peu un défi, car José et Denis n'ont amais joué avec lui. Ça nous brasse un peu!»

mercredi, octobre 06, 2010

Retailles d'entrevue: Paul Cargnello

Quelques heures avant le lancement du dernier disque de Paul Cargnello, le téléphone sonne. "Allo, c'est Paul, il est quelle heure?" L'heure de la psychanalyse! Parce qu'on dirait que mes jasettes avec l'Anglo-Montréalais virent toujours à l'analyse, presque à la confidence. L'essence de notre rencontre à propos de La Course des loups se retrouve ici. Voici les retailles de l'entrevue, en vrac.

Sur ses déboires avec l'industrie
Anubis, ma dernière étiquette de disque, a fermé 6 mois après la sortie de mon album Bras coupé. J’ai perdu une équipe, il n'y avait aucune subvention. C’était vraiment à moi de continuer la promotion, et la tournée. Financièrement c’était pas mal difficile. Mais bon, on a commencé pas mal tout de suite à travailler sur La Course des loups. Avec Tacca, c’est la première fois que je signe pour plus qu’un album avec une étiquette.

Sur La Reine contre Paul Cargnello
Avec chaque album commercial que je sors, je fais toujours un petit album b-sides. Le dernier était Bragging, et cette fois-ci il s’appelle La Reine contre Paul Cargnello. Je parle de mes arrestations, de mon implication sociale. C’est un album blues électro, que je donne avec chaque achat de La course des loups en spectacle. Ça me donne la chance de sortir 25 chansons par années, et c’est quelque chose de spécial pour les fans. Je fais ça chez moi, il n'y a aucune distribution, aucun contrat d’édition, il n’y a rien. Ça coute rien, et c’est l’fun!

Sur l'implication et le vieillissement
J’ai rencontré plein de gens dans l’activisme qui, avec l’âge, deviennent moins engagés, moins impliqués. Pour moi c’est le contraire. Mes valeurs deviennent de plus en plus fortes. Je pense qu’avec un enfant, tu vois l’importance de l’avenir, d’avoir une société qui est juste. Et ça vaut la peine de lutter pour ça. (...) La prochaine fois que le dossier de l’avortement revient sur la fucking table encore, je descends dans la rue. Je suis tellement tanné des conservateurs, chaque fois qu’on coupe les arts, chaque fois qu’on coupe à Radio-Canada.

Sur écrire et chanter en français
Le plus dur pour moi ce n’est pas l'écriture, mais le chant. Je fais plein d’erreurs quand je parle, je pense trop vite pour mes capacités verbales! Au chant, je répète beaucoup plus en français qu’en anglais. À l'écriture, je peux prendre mon temps, j’ai mon Bescherelle, mon dictionnaire. J’ai des amis à qui je peux poser des questions.

Sur le prix Polaris remis à Karkwa
Bon, les gens ne vont peut-être pas aimer ça, mais le Québec est encore dans le Canada, et Karkwa a le droit de gagner le prix Polaris parce que c’est des fucking canadiens! Mais je pense que tout ça, c’est quelque chose qui va être disparu à la génération de mon fils. Ça va être dur pour les Québécois de dire quelle est leur langue maternelle, surtout à Montréal. Mon fils va grandir en français et en anglais...

lundi, octobre 04, 2010

Cadeaux: des billets pour Boogat et Mad'moizèle Giraf

Vous le savez, depuis les années, Franco Phil donne est une source inépuisable d'Oméga 3, de vitamine B3, de fer, et de billets de spectacles.

La preuve: les deux premiers internautes qui m'écrivent gagneront chacun une paire de billets pour aller voir Boogat et Mad'moizèle Giraf en concert le vendredi 8 octobre. (Mise à jour: Bravo à Philippe et Louis-David!)

Les deux groupes seront de passage à la Maison de la culture Maisonneuve dans le cadre de la série de concerts Révèle la relève, un genre de pont entre vos oreilles curieuses et des artistes pas piqués des vers.

La soirée débutera avec Boogat, accompagné de nul autre que Poirier (Ghislain de son prénom) aux divers rebondissements sonores. Le groupe reggae/raggamuffin/pop Mad'moizèle Giraf, qui avait terminé bon deuxième en 2008 aux Francouvertes, foulera ensuite la scène. Sur le seul disque de la formation, on retrouve une pièce produite par Poirier, alors peut-être qu'une réunion aura lieu sur scène, qui sait!



Critique: Caloon Saloon - Buckshot

Country-folk
Buckshot
Caloon Saloon
Indépendant

Il y a quelque chose de franchement fortifiant avec la musique du quatuor country-folk Caloon Saloon. Que ce soit les ballades poussiéreuses ou les pièces doo-wop des Montréalais à bretelles, leur douzaine de morceaux (dont des reprises de WD-40 et d'Urbain Desbois) fait hausser notre niveau de bonheur brut. Mené par le chanteur et contrebassiste Michel-Olivier Gasse (Vincent Vallières), Caloon Saloon oscille sur leur premier disque entre le comique et le touchant, le rapide et le lent, le propre et le broche à foin. Parce que, oui, il y a du bric-à-brac sur Buckshot, réalisé par Dany Placard. Ça fausse à quelques endroits, certains textes ne sont pas au point, ça sonne un peu creux. Si on oublie moins les faiblesses de l'écriture, on pardonne les autres imperfections, qui au fond donnent du charme à ses airs enrobés de dobro, de lapsteel, de banjo et de mandoline. Les amateurs de Lake of Stew trouveront certainement leur compte avec Buckshot. On peut acheter le disque sur bluetracks.ca et bientôt chez les disquaires indépendants du Québec.

Critique: Les Frères Goyette - Rencontre du troisième âge

Chanson
Rencontre du troisième âge
Les Frères Goyette
Grosse Boîte / Sélect

Les Frères Goyette — qui ne s'appellent pas Goyette et ne sont pas frères — lançaient récemment leur troisième disque, intitulé Rencontre du troisième âge. Et on ne sait plus trop quoi en penser. Le groupe joue toujours la carte comique du beau-frère un peu simple mais au grand coeur, interprété d'une voix caricaturale par le chanteur Mario Goyette (Simon Laganière) à travers des chansons folk et quelques courts sketchs. Et ce qui confond, c'est que ce côté «ado» fait contraste avec les qualités musicales impressionnantes de ce troisième disque, tout comme avec ses propos touchants et matures sur le vieillissement (immenses En résidence, entre nous et Les Derniers Milles). Coincés dans leurs personnages, Les Frères Goyette? On sent en tout cas plus que jamais les coeurs battants derrière leurs fausses moustaches quand on entend des phrases comme: «Et on vieillit sur les quatre flashers / Le bon Dieu a les deux mains sur les breakers.»