De passage dans la vieille capitale pendant le temps des Fêtes, roulant dans la luxuriante 2-chevaux familiale, j'ai eu la chance d'écouter un peu la radio. En arrivant dans la ville, ne connaissant pas les postes et leur fréquence, je suis tombé pas hasard sur le 98,1 FM. Tiens, ça doit être une radio étudiante. Karkwa, El Motor, Le Citoyen, un groupe punk québécois qui m'est inconnu, mais qui sonne ben correct, Malajube... Wow, ça m'impressionne.
-- "Co-pilote, c'est quoi ce poste-là?"
-- "98,1 ? C'est CHOI!! Libâârtééé!"
-- "Flbdffjh.. Quoi??"
***
Dire que pendant un bon 15 minutes, j'ai adoré CHOI. J'étais prêt à l'assumer. C'était quelques jours avant de voir, aux Francs Tireurs, un party organisé par un animateur de CHOI où les gens trouvaient ben drôle de voir du monde se faire propulser à grande vitesse une patate dans le cul.
jeudi, janvier 08, 2009
Un CHOI difficile à suivre
dimanche, décembre 21, 2008
Mon palmarès québécois de 2008
La dernière année musicale a démarré en lion pour les artistes émergents de la province -- Karkwa faisant office de locomotive --, et s'est fait plus timide en fin de parcours malgré quelques bombes tardives, comme le magnifique disque d'Avec pas d'casque. L'année 2008 a aussi vu apparaître quelques fortes recrues, comme David Marin, Radio Radio et Le Roi poisson, qui ne s'inscrivent pas à notre palmarès mais qui méritent des mentions honorables. Maintenant, la crème:
1. Le Volume du vent, Karkwa. Le quintette rock a commencé l'année dans le créneau un peu abstrait de la scène émergente, et la termine pas tout à fait dans la grande ligue, mais franchement pas loin. Et c'est grandement mérité, car ce Volume du vent est la plus belle chose entendue cette année: textes puissants, musique aboutie davantage libérée de ses influences, ambiance sombre et enveloppante... On souhaite à Karkwa les ventes et la visibilité dont profitent tous ces artistes génériques qui jouent sur la bande FM.
2. Piano élégant, Chocolat. Après un très bon mini-album de rock garage un peu trash, le groupe Chocolat est revenu cette année avec de nouvelles pièces moins brouillonnes, plus gracieuses, enrobées de cordes, de xylophone et de piano. Un pur plaisir.3. Dans la nature jusqu'au cou, Avec pas d'casque. Le folk un peu bric-à-brac du trio crée la dépendance. Les lignes de guitares simples et les mélodies hyper accrocheuses aident beaucoup à nous rendre accro, tout comme un côté négligé et une absence de prétention. Et surtout, on trouve là, sans l'ombre d'un doute, les plus beaux textes de l'année.
4. Taxidermie, Philippe B. Voici un vrai songwriter, qui s'efforce de marier, voire de fusionner, musique et poésie. Entre berceuses et chansons rythmées, le guitariste influencé par le folk américain nous fait voyager à travers de grandes villes et leur pouvoir d'évocation. Mention spéciale à la pièce Baptêmes. Frissons garantis.
5. Tous les sens, Ariane Moffatt. Grâce à cet album plein de lumière, me voilà converti à Ariane Moffatt, à ma grande surprise. Tous les sens profite d'une très bonne réalisation et de chansons très cool, qui s'accrochent à l'esprit. Un incontournable de l'année.
6. Raccourci, Dany Placard. De la route, des voitures, de la poussière, de la slush, de l'ennui, il y en a à profusion sur Raccourci. Pour ce deuxième album solo, le chanteur de La Terrière s'est inspiré du son de l'Arizona et de la musique de Tom Waits, et ça lui va comme un gant.
7. Coeur de pirate, Coeur de pirate. Passée de totale inconnue à vedette radio-canadienne en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Tricot Machine, Coeur de pirate a fait une forte impression avec ce premier disque. La clé? Une voix aussi intrigante qu'enivrante et des arrangements délicats. Pour le reste, laissons le temps au temps à cette jeune femme de 19 ans.
8. Cassette II, Band de garage. Sur ce deuxième album du duo de stoner rock, Band de garage a vraiment évolué. Exit les textes comiques, bienvenus la mort, le métal et le froid. Et ça sonne encore comme une tonne de briques, même si la musique est davantage travaillée.
9. De la nature des foules, Bonjour Brumaire. Un disque de rock sapé d'un costard pop, rempli de mélodies dévastatrices et de lignes de guitares bonbon. On les préférerait peut-être plus rugueuses, avec des textes moins touffus, mais Bonjour Brumaire est une des belles découvertes de l'année.
10. Payz Play, Payz Play. Voici un album hip-hop aux rythmes bien ronds et rebondissants, plutôt funky, aux influences électro circa 1980. Érudits ou néophytes trouveront leur compte dans ces pièces aux textes certes un peu grinçants, mais porteurs d'humour et d'ironie.
Vous êtes d'accord ? Qui auriez vous ajouté et pourquoi?
Publié par
Philippe Papineau
à
10:31 a.m.
Libellés : 2008, ariane moffatt, avec pas d'casque, band de garage, Bonjour brumaire, Chocolat, coeur de pirate, Dany Placard, karkwa, Le Devoir, Palmarès, payz play, Philippe B, québec
dimanche, juillet 20, 2008
Ami Karim, l'ami de l'autre

On peut dire sans trop se tromper que l'intérêt pour le slam en terre québécoise est directement lié au travail du Français Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. En plus d'avoir donné par la bande une crédibilité à la scène québécoise, le défrichage fait par l'homme à la voix supersonique permet aujourd'hui à d'autres de ses compatriotes de l'Hexagone de venir de ce côté de l'Atlantique. Le dernier débarqué s'appelle Ami Karim.
On vous parle d'abord de Grand Corps Malade, parce que c'est grâce à lui que nous avons vu Ami Karim pour la première fois. Lors de la dernière édition des FrancoFolies, le slameur à la béquille avait invité Karim Zaïdi - qu'il a rebaptisé «Ami» - pour un duo sur les planches de la Place des Arts. Presque un an plus tard, le bavard Français revient pour une tournée québécoise avec sous le manteau son premier album, Éclipse totale.
Assis à la terrasse d'un café, rue Sainte-Catherine, Ami Karim répond volontiers à toutes les questions à propos des inévitables comparaisons avec son bon copain Grand Corps Malade. Les deux sont de la banlieue parisienne de Saint-Denis. Les deux ont commencé dans des petits cafés, avant d'enregistrer avec une grosse maison de disques et de faire des spectacles. Ils interprètent même en duo Je t'ai croisé dans un de mes textes.
Ami Karim n'en fait vraisemblablement pas un cas, prenant le temps de déboulonner écrou par écrou les suppositions sous-jacentes à la discussion. D'abord l'écriture, tiens. «On n'écrit pas sur les mêmes sujets, on n'a pas la même vie, et on n'écrit pas du tout de la même façon, explique Ami Karim. Fabien, c'est un vrai technicien des mots, il les découpe, les décortique, alors que moi, je raconte des histoires. J'écris mes textes comme un scénario, avec un début, un milieu et une fin. Je suis moins dans la technique que dans la narration.»
Sur Éclipse totale, le fils d'une mère française et d'un père algérien raconte au «je» et au «on» son quotidien en mouvement, tout en tutoyant parfois l'auditeur. Par exemple, sur la pièce De l'autre côté du périphérique, il dessine dans le détail un voyage guidé dans sa banlieue. «Tiens, t'as l'regard soudain moins dur, et t'es moins crispé sur l'volant / Ça m'rassure de t'voir attentif aux vérités cachées sous le ciment / Y'en a pas un qu'a la vie belle ni qui croit aux beaux lendemains / Mais te fie pas aux racontars, ici y'a pas que des requins.»
«Pour parler aux gens, il ne faut pas les agresser, il ne faut pas qu'ils aient l'impression que tu les culpabilises, explique Ami Karim. Et après, ces textes sont une sorte de provocation de débat. Ça, ça m'intéresse vraiment.»
Des airs pas si similaires
Revenons au jeu de la comparaison. Sur huit de la quinzaine de textes de son album, Ami Karim a fait appel à son ami musicien S Petit Nico, connu pour avoir travaillé avec... Grand Corps Malade. «Sincèrement, le travail qu'il a fait avec mon album n'a rien à voir avec le premier album de Fabien. Mais il n'a pas fait tout l'album, car je voulais d'autres ambiances.»
Et c'est là où il se fait le plus unique. Sur quatre titres, il a demandé aux compositeurs Franck Hédin et Nathalie Loriot des sonorités plus soul, plus funk. «Mon père m'a fait grandir avec Otis Redding, Marvin Gaye, Ben E. King... Pour moi c'était évident qu'il me fallait ces sons.»
Ami Karim monte sur scène avec trois musiciens, soit une batteuse, un claviériste, et un guitariste et bassiste. Le slameur alterne entre texte a cappella et pièce jouée. Il y présentera les pièces d'Éclipse totale ainsi que quelques nouveautés.
Le Français est en plein coeur d'un séjour au Québec, un voyage qu'il attendait avec impatience -- «je cochais les cases sur mon calendrier depuis un mois et demi!» -- et qui le mènera aux FrancoFolies de Montréal le 24 et le 25 juillet, au 400e de Québec le lendemain, puis au Café Culturel de la Chasse-Galerie à Lavaltrie le 27 juillet avant d'être sous les projecteurs du Théâtre Granada à Sherbrooke le 29 juillet.
Il ne tarit d'ailleurs pas d'éloges pour le public d'ici. «À Québec, pendant le Festival d'été, il y avait une tempête de pluie pas possible, et les gens sont quand même restés au concert. En France, Elvis Presley serait venu jouer sous ce temps, et le public serait parti!»
Publié par
Philippe Papineau
à
3:29 p.m.
Libellés : ami karim, eclipse totale, québec, slam
dimanche, avril 20, 2008
De belles salles hors de Montréal
Tel que promis pendant l'émission de cette semaine, voici la liste des salles où il fait bon voir des concerts de musique émergente un peu partout au Québec. Les choix sont de Marc-André Brazeau, du groupe Band de garage. Plus de détail en début de deuxième heure de la baladodiffusion de l'émission. N'hésitez pas à enrichir la liste de vos suggestions
- Le Zaricot à St-Hyacinthe - http://www.lezaricot.com//
- Le Téléphone Rouge à Sherbrooke - http://www.letelephonerouge.ca//
- Le Cabaret de la dernière chance à Rouyn -
http://www.myspace.com/cabaretdeladernierechance
- Le Rafiot de Val d'Or
- L'Azile de Joliette - http://www.lazile.com//
- Le Métric à St-Jean - http://www.myspace.com/metricbar
- Le Café nord-ouest à Trois-Rivières - http://www.hour.ca/music/venue.aspx?iIDSalle=4275
- Le Café du clocher d'Alma - http://www.sagamie.org/cafeduclocher/CafeDuClocher-info.html
- Le Vieux Couvent de St-Prime
- Le Vox à Dolbeau - myspace.com/voxpopulicoop
Publié par
Philippe Papineau
à
12:01 p.m.

