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samedi, octobre 23, 2010

Retailles d'entrevue: Jimmy Hunt

Alors que le groupe Chocolat est en jachère, son chanteur Jimmy Hunt vient de faire paraître un album solo franchement bon. L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur cet album se lit par ici. Mais pour vous, un extra crème fouettée : voici les retailles de mon entrevue avec la bête devenue romantique.

Sur le fait de travailler avec un réalisateur
C’est la première fois que je travaillais avec un réalisateur, et ça fait une différence. C’est quelqu’un que je connais bien, Martin Chouinard, qui était dans Chocolat. Avec le groupe c’était plus rock comme projet, plus brut, on enregistrait live. La plupart du temps, si on reprenait une prise, ce n’était pas pour reprendre un arrangement, mais davantage pour reprendre une voix un peu ratée, par exemple. Mais j’aurais de la misère à travailler avec quelqu’un qui ne partage pas mes goûts musicaux.

Sur la "réconciliation" avec sa maison de disque Grosse Boîte, après que cette dernière ait rompu avec Chocolat
Je n'ai même pas magasiné ailleurs. Je croisais des gens d'autres labels, c'était des «tu me feras entendre ce que tu fais». Mais non, avec Eli (Bissonnette, le patron de Grosse Boîte), on s’est rencontré et on a refait un peu le tour de l’histoire. Ç’a été un petit entretien diplomatique, quoi! On en est arrivé à la conclusion que l’essentiel pour Eli, c’était la musique.

Y'a pas que du mal dans l'affaire avec Chocolat. Personnellement, j’ai appris à dealer avec l’univers d’un label et tout ce que ça implique. Peut-être qu'avec Chocolat, on tirait un peu trop de notre bord, on n'était pas habitué aux compromis qu’il fallait faire, aux discussions qu’il fallait avoir. On faisait un peu à notre tête, on voulait continuer à faire show sur show et pas s’occuper du reste.

Sur l'exclusion du disque de ses chansons plus rock
Au début de l'enregistrement, on avait une ou deux pièces qui étaient beaucoup plus rock, mais ça fittait pas à la fin. Ç’aurait été mettre une toune rock juste pour avoir une toune rock. On observait dans l’ensemble, on voulait garder une certaine cohérence. Une approche assez standard. Pas trop de dichotomie et d’éclectisme.

Sur l'utilisation du "je"

Au début je m’inquiétais, je me demandais si c’était pas too mcuh. Mais ce sont des chansons, les gens s’approprient ce qui leur parle. Le premier réflexe en écoutant une chanson, c’est de mêler ça avec nos histoires personnelles. C’est pareil en littérature, quand tu lis un livre au "je". Mais j’avoue avoir craint la perception d’un univers égocentrique.

Sur le titre Sois belle
C’est le même texte que sur Piano élégant. C’est un rip-off de Chocolat! Elle a eu trois versions musicales différentes. Je n’avais pas prévu la mettre sur le disque. Mais quand j’ai fait des shows voix-guitares, avec Coeur de Pirate cet été, je la jouais, et on a décidé de la garder pour le disque. Mais la musique est vraiment différente.

mardi, octobre 19, 2010

Critique: Jimmy Hunt - Jimmy Hunt

Pop
Jimmy Hunt
Jimmy Hunt
Grosse Boîte / Sélect

Après l'éclatement de son groupe Chocolat, le chanteur Jimmy Hunt revient à ses premières façons de faire, en solo. Jadis homme-orchestre, il est plutôt aujourd'hui un homme avec un orchestre, composé de Martin Chouinard, Guillaume Éthier, Emmanuel Éthier et Patrick Gosselin. Ce disque éponyme montre le côté plus romantique de Hunt, laissant la moitié loup de Chocolat au vestiaire. Avec des textes touchants, d'une poésie sans prétention, il frappe en plein dans le mille. Et la musique, bleue et enrobante, est un baume au coeur. Si on sent beaucoup de citations (le Gainsbourg "doux" et/ou "Percussions", Claude Dubois (??) sur Annabelle), l'ensemble d'une quarantaine de minutes -- symphonique par moments et assez folk les autres -- s'écoute d'une seule traite avec un grand plaisir. Voici la trame sonore par excellence de votre automne. En magasin dès ce matin, 19 octobre.


Jimmy Hunt - Motocross

mardi, mai 12, 2009

Chocolat: Salive et Moitié homme et moitié loup

Le groupe Chocolat, maintenant chez Semprini Records depuis quelques mois, fait paraître sur la toile deux clips, pour les pièces Salive et Moitié homme et moitié loup.

Réalisés par Yan Giroux, ces deux vidéos utilisent des images tournées lors d'un houleux et alcoolisé périple aux Îles-de-la-Madeleine, ce même périple qui avait été le catalyseur de leur départ de chez Grosse Boîte.

En entrevue au Voir à l'automne dernier, Chocolat disait que la production de ces deux clips n'était pas faite "pour régler des comptes ou prouver quoi que ce soit. C'est juste que les images sont intenses et belles."

Vrai que les vidéos sont beaux, avec ces teintes bleutées/orangées un peu vieillottes. Si Salive montre le côté plus tendre de Chocolat (quoique les Madelinots n'aimeront sûrement pas la destruction de leurs fragiles côtes maritimes), Moitié homme et moitié loup fait voir leurs dérapages plus ou moins contrôlés.




moitié homme moitié loup

dimanche, décembre 21, 2008

Mon palmarès québécois de 2008

La dernière année musicale a démarré en lion pour les artistes émergents de la province -- Karkwa faisant office de locomotive --, et s'est fait plus timide en fin de parcours malgré quelques bombes tardives, comme le magnifique disque d'Avec pas d'casque. L'année 2008 a aussi vu apparaître quelques fortes recrues, comme David Marin, Radio Radio et Le Roi poisson, qui ne s'inscrivent pas à notre palmarès mais qui méritent des mentions honorables. Maintenant, la crème:

1. Le Volume du vent, Karkwa. Le quintette rock a commencé l'année dans le créneau un peu abstrait de la scène émergente, et la termine pas tout à fait dans la grande ligue, mais franchement pas loin. Et c'est grandement mérité, car ce Volume du vent est la plus belle chose entendue cette année: textes puissants, musique aboutie davantage libérée de ses influences, ambiance sombre et enveloppante... On souhaite à Karkwa les ventes et la visibilité dont profitent tous ces artistes génériques qui jouent sur la bande FM.

2. Piano élégant, Chocolat. Après un très bon mini-album de rock garage un peu trash, le groupe Chocolat est revenu cette année avec de nouvelles pièces moins brouillonnes, plus gracieuses, enrobées de cordes, de xylophone et de piano. Un pur plaisir.

3. Dans la nature jusqu'au cou, Avec pas d'casque. Le folk un peu bric-à-brac du trio crée la dépendance. Les lignes de guitares simples et les mélodies hyper accrocheuses aident beaucoup à nous rendre accro, tout comme un côté négligé et une absence de prétention. Et surtout, on trouve là, sans l'ombre d'un doute, les plus beaux textes de l'année.

4. Taxidermie, Philippe B. Voici un vrai songwriter, qui s'efforce de marier, voire de fusionner, musique et poésie. Entre berceuses et chansons rythmées, le guitariste influencé par le folk américain nous fait voyager à travers de grandes villes et leur pouvoir d'évocation. Mention spéciale à la pièce Baptêmes. Frissons garantis.

5. Tous les sens, Ariane Moffatt. Grâce à cet album plein de lumière, me voilà converti à Ariane Moffatt, à ma grande surprise. Tous les sens profite d'une très bonne réalisation et de chansons très cool, qui s'accrochent à l'esprit. Un incontournable de l'année.

6. Raccourci, Dany Placard. De la route, des voitures, de la poussière, de la slush, de l'ennui, il y en a à profusion sur Raccourci. Pour ce deuxième album solo, le chanteur de La Terrière s'est inspiré du son de l'Arizona et de la musique de Tom Waits, et ça lui va comme un gant.

7. Coeur de pirate, Coeur de pirate. Passée de totale inconnue à vedette radio-canadienne en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Tricot Machine, Coeur de pirate a fait une forte impression avec ce premier disque. La clé? Une voix aussi intrigante qu'enivrante et des arrangements délicats. Pour le reste, laissons le temps au temps à cette jeune femme de 19 ans.

8. Cassette II, Band de garage. Sur ce deuxième album du duo de stoner rock, Band de garage a vraiment évolué. Exit les textes comiques, bienvenus la mort, le métal et le froid. Et ça sonne encore comme une tonne de briques, même si la musique est davantage travaillée.

9. De la nature des foules, Bonjour Brumaire. Un disque de rock sapé d'un costard pop, rempli de mélodies dévastatrices et de lignes de guitares bonbon. On les préférerait peut-être plus rugueuses, avec des textes moins touffus, mais Bonjour Brumaire est une des belles découvertes de l'année.

10. Payz Play, Payz Play. Voici un album hip-hop aux rythmes bien ronds et rebondissants, plutôt funky, aux influences électro circa 1980. Érudits ou néophytes trouveront leur compte dans ces pièces aux textes certes un peu grinçants, mais porteurs d'humour et d'ironie.


Vous êtes d'accord ? Qui auriez vous ajouté et pourquoi?

lundi, septembre 15, 2008

Chocolat quitte Grosse Boîte...

... ou se fait quitter par Grosse Boîte, l'un ou l'autre ne serait pas étonnant. Comme je n'ai pas plus d'infos de mon cru, allez lire le billet d'Olivier Robillard-Laveaux, du Voir, à ce sujet.

mercredi, septembre 03, 2008

Un concert de Chocolat en ligne















Le groupe Chocolat est allé faire un tour à Toronto en mars, et le concert qu'ils y ont donné a été capté par l'équipe de CBC Radio 3, l'équivalent anglophone de Bande à part.

Le son n'est pas si mal, et le groupe y joue un mélange des chansons de Piano élégant et de leur premier EP.

À écouter en cliquant par ici.

jeudi, juillet 24, 2008

FrancoFolies, soir 1

Petite soirée de départ tranquille, travail et offre intérieure obligent. Heureusement, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, croisons les doigts pour le reste de l'événement, et prions cette étrange personne qu'est dame Nature, qui, nous le savons tous, revêt, l'hiver venu, son blanc manteau.

J'ai pu entendre une demie-heure de Chocolat, qui sonnait pas mal du tout, malgré quelques erreurs dans les chansons et quelques problèmes techniques à la basse vers la fin. "C'est marqué dans notre contrat qu'on peut rien lancer dans la foule", a lancé Jimmy Hunt avant de donner un coup de main à la gravité afin que son verre de bière s'écrase sur la scène. Il y avait une bonne foule dans cet espace gigantesque longeant la rue Clark.














Juste après, c'était au tour du Roi poisson, sur une petite scène derrière, de repousser les nuages. La foule compacte dansait devant la scène, particulièrement pendant Premier rang, leur "hit", selon leurs propres dires. Ma préférée est plutôt Ouvrier. Parfois malajubesque, parfois karkwaïen, parfois Charleboisé, les cinq musiciens ont resserré leur son légèrement. Notons le passage sur la scène de Maître J sur une chanson digne de La Russe -- justement de Malajube --, sans oublier l'apparition du Roi poisson lui-même, tout couronné de papier d'aluminium qu'il était.

Je me garde un tour de grande roue pour plus tard, quand j'aurai les pieds et le dos davantage en compote.

mercredi, juillet 23, 2008

FrancoFolies: ça commence!

La 20e édition des FrancoFolies de Montréal commence dès ce jeudi, ce qui signifie que 1. nos heures de sommeil seront réduites à une quantité négligeable; 2. on aura plein de choses à vous raconter sur ce qu'on aura vu en salle et à l'extérieur.

Commençons ce parcours avec quelques suggestions, que nous tenterons de publier de façon quotidienne.

-- Jeudi, allez jeter une oreille à la musique de Josianne Paradis, que les habitués de la baladodiffusion connaissent déjà. Elle joue en quatuor, dont fait partie son frère Benoît. 17h sur la scène Nouvelle chanson.

-- À 19 h, le slameur Français Ami Karim donnera un concert gratuit. Il y interprètera les chansons de son premier disque Éclipse totale, lui aussi en formation à quatre. Sur la scène Les Découvertes.

-- Puis à 20h, déchirez-vous entre Orange orange et Chocolat, qui joue en même temps. Pourquoi pas 30 minutes de chaque? Chocolat a certainement plus d'expérience sur scène, mais les amateurs d'électro trouveront davantage leur compte avec le duo doublement orangé. Naviguez entre les scènes Les Soirées urbaines et Les Shows.

-- Si les grandes foules ne vous disent rien, ou bien si vous avez encore à travers la gorge le fait que Marco Calliari ait quitté Anonymus pour divertir vos mères, rabattez-vous sur le rock/pop/prog sympathique du Roi poisson. On inclut le groupe dans la bande de Sherbrooklyn, même si au fond, il n'y a que le chanteur Jérôme Dupuis-Cloutier qui vient de ce coin. À 21h, sur la scène Chanson festive.

jeudi, juillet 17, 2008

Cacophonie chocolatée

Je lisais plus tôt cette semaine sur le forum IndieQuébec que le groupe Chocolat avait foutu la merde lors de leur passage aux Îles-de-la-Madeleine. Rien n'était confirmé, il y avait des ouïes-dires, alors je ne vous en avais pas parlé. Olivier Robillard-Laveaux aborde le sujet dans sa chronique cette semaine, confirmant de source officielle ce qui s'y est passé.

Citons-le : "Selon la responsable de la programmation de la salle, Maude Charest, les cinq rockeurs auraient brisé des chaises et des verres, insulté des employés et perturbé le concert de Zébulon qui se produisait le même soir. Aucune plainte n'a été déposée contre le groupe malgré l'intervention de la police. "

N'oublions pas que les talentueux musiciens avaient aussi saccagé leur loge au dernier Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. Ils avaient au moins eu la décence de s'excuser ensuite par voie de communiqué.

C'est dommage que Chocolat se sabote systématiquement. Leur premier album Piano élégant est un de ceux que j'écoute le plus souvent, et j'essaie de le faire jouer régulièrement à la radio. Et ce qu'a fait Jimmy Hunt en solo était aussi très intéressant. Là n'est pas le problème.

Rien ne semble jamais aboutir avec le groupe. Déjà, les entrevues peuvent se révéler un exercice complexe et nécessitent quelques tentatives. Ensuite le groupe a tardé à se trouver un batteur à leur goût, le choix s'avérant étrangement complexe. Les clips? Qui saura trouver une idée qui leur plaît... Même Grosse Boîte n'a pas voulu annoncer un de leur concert qui avait pourtant lieu.
Chocolat a peut-être le mode de vie des Rolling Stones, mais il ne peut pas se permettre toutes ces frasques. Sans quoi je ne serais pas surpris qu'ils finissent par se retrouver sans Grosse Boîte.

samedi, mai 24, 2008

Hier soir: Ariel, Le Roi poisson et Chocolat

Hier soir au Petit Campus jouait Le Roi poisson, que les habitués de Franco Phil et de sa baladodiffusion ont pu entendre déjà quelques fois. J'étais bien curieux de voir ce que le groupe offrirait sur scène, n'ayant en main que leur petit 4 titres, qui constitue la totalité de leur matériel enregistré pour l'instant.

En première partie, qui a commencé plutôt tard en raison d'une foule clairsemée, nous avions droit au groupe Ariel, inconnu au bataillon jusqu'à ce jour. Les Montrélais, mené par un chanteur au veston de cuir et ressemblant à un hybride de Stefie Shock et Johnny Depp, ont joué (trop) longtemps leurs chansons plutôt bien faites mais qui manquaient de velcro. Le son d'Ariel n'est pas non plus des plus original, quoi qu'éparpillé. Du rock indie ici, du new wave par-là, tiens celle-ci ressemble drôlemenr à du Caféïne. On a vu pire, on leur souhaite du meilleur.

Puis, après une pause, Le Roi poisson a réussi à faire avancer les gens -- des amis? -- près de la scène. Le chanteur Jérôme, que j'ai vu avec le groupe Le Citoyen lors des Francouvertes, est au commande, placé devant un clavier au centre de la scène.

Heureusement plus loin de la musique de Karkwa que je l'aurais imaginé, Le Roi poisson m'a semblé être à court de compositions vraiment fortes. Celles déjà connues, Ouvrier, Nouvelle instru, Premier rang, rentraient comme une tonne de briques dans mon cerveau. Pour le reste, ça dépendait franchement, mais ce n'était pas aussi transcendant qu'espéré. Maître J, qui semble être de passage pendant tous les shows de Montréal ces jours-ci, a également fait un petit couplet réussi avec les poissons. On donnera du temps au groupe pour ajouter des points d'expérience à leur dossier.

Puis la soirée se poursuit au Barfly, petite salle du boulevard Saint-Laurent, pour voir Chocolat, qui y jouait malgré les informations contradictoires lues dans la journée. Le groupe n'a plus de batteur, ce qui explique le fait que Chocolat n'a pas tourné après la sortie de leur -- excellent -- album Piano élégant. Le recrutement semble complexe, et on n'est pas très surpris, connaissant les précédents du groupe.

La solution: quand on a un membre qui a joué pendant des années en one-man-band, on s'en sert. C'est pas parfait, mais ça fait la job. C'était donc le chanteur Jimmy Hunt lui-même qui tapait la grosse caisse et tout ce qu'il pouvait en jouant de la guitare en même temps. Bon, ils n'auraient pas fait le Club Soda comme ça, mais pour le Barfly, à minuit le soir, c'était bien parfait.

C'était gras, bruyant, erratique un peu, mais fort plaisant. Du brut quoi. Si seulement leur guitariste mélodique pouvait sortir de son coma corporel, ça serait encore meilleur.

mercredi, mars 19, 2008

Retailles d'entrevue - Chocolat

Né un soir de brosse, comme plusieurs groupes, Chocolat a lancé mardi son premier album complet, Piano élégant, et est en concert le jeudi 20 mars au Lion d'Or, à 21h. Voici quelques retailles de l'entrevue que j'ai effectué avec Jimmy Hunt, après un premier rendez-vous téléphonique manqué et un second coup de bigophone reçu avec une heure de retard.

À propos du changement Dry and Dead - Dare to Care
- "Dry and dead c’est un beau petit label, Navet Confit nous a beaucoup aidé depuis le début. Mais il n'avait pas énormément de temps pour s’occuper de l’affaire. Il nous l’avait dit, si vous voulez que ça bouge un peu plus, y’a pas de gêne à changer de maison. Ça venait autant de lui que de nous."

En studio chez Bob Olivier
- "Ça s’est avéré être plus une prise de son. On a fait mixé par quelqu’un d’autre, finalement, car on trippait pas trop sur son mix, mais on trippait sur la prise de son. Il a du bon équipement, on a enregistré sur des bobines avec des vieux pré-amplis à lampes. Pas qu’on tenait tant à ce que ça soit sur bobines, mais on a profité de son équipement."

Sur le son "nettoyé"
- "J’ai l’impression que certaines matantes pourraient aimer des chansons de l’album, et les jeunes aussi! Le jeu est plus large, je trouve ça plus intéressant. Le message passe mieux, pour plus de gens. Le rock, c’est un langage qui va de soi. Peu importe ce que le gars dit, tout est beaucoup dans l’attitude et le comportement. Tu monde sur ton ampli et tu donne un coup de guitare dans le mur et tout le monde est content. Mais là c’est plus subtil."

Sur la réalisation
- "On voulait un son qu’on dit un peu "Nashville", comme à l’époque de Sun Record. Eux, ils enregistraient ce que le son donne dans la pièce. Le piano, on l'a pris à quelques pieds de distance. Même chose pour les amplis. On est allé chercher un son d’une certaine époque des années 60, où ils tentaient d’éviter la distorsion et d’aller vers des méthodes de studio pour nettoyer tout ça. C’est quand même clean, mais c’est pas clean comme ce qu'on peut entendre aujourd’hui, où c’est épeurant. Il y a quand même un côté "réaliste"."

Sur ses racines
- "Je suis francophone, même si j’ai un nom anglais. Mes parents sont des irlandais qui se sont intégrés comme tous les irlandais, c'est-à-dire le plus possible pour qu’on oublie qu’ils étaient irlandais. Faque la culture et la langue est disparue. Alors je suis francophone, mais avec background irlandais: quand je bois, je deviens ben méchant!"

Sur le fait de chanter en français
- "Au début c’était dur en esti! Les premières tounes que j’ai fait, je trouvais que ça sonnait cheap. Je savais plus quoi faire. J’hésitais entre l’accent ben joual, ou l’accent français. Mais j’ai essayé de trouver une mesure entre les deux. Mettons que les textes de gens comme Jean Leloup, ça donne un peu d’inspiration pour faire des chansons qui ont un minimum de groove en francais. Quand j’ai commencé, j’avais entendu les premières tounes que Fred Fortin avait fait, et j’avais été impressionné. Moi ça m’a pris du temps, et avec mes années de one man band, j’ai un peu rodé ce côté là."

samedi, mars 15, 2008

Chocolat: virage élégant

Si Monsieur Mono a lancé son disque Petite musique de pluie juste à temps pour la Saint-Valentin, pourquoi le quintette rock Chocolat ne pourrait-il pas vous offrir son tout premier album complet à peine une semaine avant Pâques? Y a pas de raison!


Après la parution, en 2007, d'un EP très remarqué, voilà que Chocolat lance Piano élégant, qui marque un évident virage sonore pour la formation. Son rock de garage assez trash, aux claviers bien gras, immatriculé dans les années 1960 et chanté en français, a changé d'allure. En gardant un fond rock, le chanteur Jimmy Hunt et sa bande (Ysaël Pépin, Dale MacDonald, Martin Chouinard et Guillaume Éthier) ont laissé une grande place aux influences de la chanson française et à celles du folk-rock américain. Xylophone, cordes et piano enjolivent le tout. Bref, Chocolat change de veste, à défaut de la retourner.

«Je voulais sortir du brouillon et des lambeaux du garage», avoue Hunt au bout du fil. L'objectif: nettoyer le son de Chocolat, le rendre moins brut sans tomber dans la recette pop. Pas pour rien que ce disque s'appelle Piano élégant! «J'ai beaucoup écouté la chanson des années 60 et 70, qui est très versée dans le romantisme, mais avec un petit côté incisif. Je voulais ça, une plus grande prudence, mais qui cache quelque chose de malveillant!»

On trouve d'ailleurs sur Piano élégant de multiples références à cette chanson. Par exemple, on y entend le nom de Juliette Gréco, et une des pièces est même intitulée Jean Ferrat! «C'est pas parce que j'aime sa musique, je le trouve ennuyant à mort, rigole Jimmy Hunt. Mais j'aime son approche. Il était un peu communiste, il chantait la misère et l'amour.» Pour la musique de ce même morceau, Hunt avoue s'être inspiré du groove un tantinet sexy de L'Anamour de Serge Gainsbourg. «Quand j'étais encore adolescent, à une époque où il était un peu oublié, j'avais trouvé son oeuvre intégrale pour 20 $. J'ai trippé sur ça pendant plusieurs années, c'est d'ailleurs lui qui m'a donné le goût de chanter en français», avoue Hunt, un Québécois francophone aux racines écossaises.

Heureux mélange
C'est sur les pièces où Chocolat montre les dents, par exemple Sois belle ou Comme un chien, qu'on sent davantage l'influence de la musique américaine. Jimmy Hunt, qui a déjà une dizaine d'années d'expérience derrière la cravate en groupe ou en one-man band, avoue aussi avoir consommé sa part de Bob Dylan. «L'idée derrière tout ça, c'était de mélanger la culture plus européenne avec la musique américaine, explique-t-il. En fait, le Québec, c'est ça. Notre langue en Amérique, c'est un peu spécial. Je pense que c'est très québécois d'aborder la musique de cette façon-là.»
Sur le premier EP comme sur ce Piano élégant, le thème central de la plupart des chansons reste le beau sexe; encore une fois, Gainsbourg n'est pas très loin. Des sept premières chansons du groupe, quatre portaient même un nom de fille. Sur la dernière parution, on compte un seul prénom, Albertine, mais les textes ne tournent pas moins autour de la thématique féminine.

Obsédé, Chocolat? «J'utilise l'histoire d'amour comme un médium de langage, précise le chanteur. La façon la plus aisée que j'ai d'écrire des chansons, c'est sous forme de dialogue, où je parle à quelqu'un. Et comme les textes politisés et moralistes ne m'intéressent pas, il reste les filles pour créer une certaine poétique. Après ça, il se cache beaucoup d'autres choses dans les textes, toute une perception de la réalité.»

***
Piano élégant
Chocolat
Grosse Boîte

mardi, mars 04, 2008

Un aperçu de Placard et Chocolat

Y'a de bons albums qui s'en viennent sur les tablettes d'ici quelques semaines. En tout cas des album d'artistes que j'aime bien. Et tranquillement, les premiers extraits apparaissent sur les Myspace. En voici deux.

Il y a Dany Placard, qui, le 25 mars, lancera sur étiquette Indica son nouvel album nommé Raccourci. À voir la pochette, et à entendre la chansons Slush, on reste dans le grisâtre, le triste. Du genre : "de la beauté d'un windshire plein de gouttes d'eau." J'aime bien le son de ce premier extrait. http://www.myspace.com/danyplacard

Secundo, le groupe Chocolat, qui, le 18 mars, nous pitchera en plein visage son Piano élégant, offre non pas un, mais deux extraits de ce nouvel opus, soit les morceaux Sois belle et la surprenante pièce titre Piano élégant. http://www.myspace.com/montrealchocolat

mercredi, janvier 23, 2008

Grosse boîte de Chocolat

Allez, on vous l'annonce pour une 3e fois, cette fois plus qu'officiellement, le groupe Chocolat est maintenant sous l'étiquette Grosse boîte, branche de Dare To Care Records. Le contrat est signé, pèse fort, trois copies, les petits caractères sont lus.

L'album verra le jour le 18 mars et s'intitulera Piano élégant.

Vous pouvez maintenant en parler à vos amis sans craintes de représailles.

mercredi, novembre 14, 2007

Chocolat sur Grosse Boîte?

Ça mérite pas une nouvelle dans le journal, mais vous serez peut-être intéressés de savoir que le groupe Chocolat est en discussion avec Grosse Boîte, la petite soeur de l'étiquette montréalaise Dare To Care, qui s'occupe entre autres de Malajube, Pawa Up First et We Are Wolves. Chocolat rejoindrait Tricot Machine et Le Husky dans la Boîte. Ça, ça fera de drôles de partys de Noël.

Chocolat a fait paraître un EP pas mal cool sur l'étiquette Dry And Dead, avec du gros orgue sale et de la guitare électrique un peu garage. Le chanteur Jimy Hunt, avec sa voix nasillarde nous y raconte quelques histoires vulgairo-comiques, dont plusieurs aux noms de femmes (Simone, Magalie...) Ce n'est pas du chocolat noir, plutôt du bon choco de Pâques. L'album paraîtrait dans les environs de cette fête.